LANGUE
LÉGENDE
Les Warundi n’emploient pas ces mots, formés ainsi par les Watwa, tandisque, réciproquement, ces derniers ne font pas usage des verbes Kirundi d’où dérivent ces mots. Quelques auteurs, e. a. le Dr. Stuhlmann, ont donné des spécimens de mots Kitwa, qui ne ressemblent pas au Kitwa tel que les Watwa de rUrundi l’emploient. Enfin, le problème reste, et j’avoue, qu’après bien de recherches, il ne m’a pas paru prêt d’être résolu définitivement. V. ^Grammaire Kirimdr^ j)ag. 1, 2, 79, 106—108.
LavemenL
L’usage des lavements {= kwina), comme moyen médicinal, est connu dans l’Urundi et est même très employé. — Les mères en administrent souvent à leurs petits enfants {=: hmmvln' umwana : ndamwine^ wakamwîna n’ ■umukenke). On les emploie contre la constipation, le mal de ventre, la fièvre {= inyonko, indurwe)^ etc. On les donne tantôt à l’eau froide (constipation), tantôt à l’eau chaude nommée n’ annezi ashnshye diarrhée). On y exprime des feuilles de la plante = imiyogoro (écrasée entre les mâins — wakaimynta). La manière de l’administrer est très primitive. Pour un enfant, la mère emploie un bout de grosse paille (— umukenke) ou de roseau creux {= ikisomasoma = suçoir), long de 10 à 12 c.M., qu’elle place avec précaution loco'’ ; puis elle prend une gorgée d’eau (= A'wsoma), qu’elle souffle (= kuJiu/m) fortement dans l’intestin à travers ce tuyau. — Les grandes personnes, |
surtout les femmes enceintes, se mettent souvent des clystères, ou se les foïït administrer (~ kîtsfnr* amazi kii ’nyo^ mu ^ndUj kushir^ akacytima, ou : akakunga mu 'nda, kwinisK amazi ashushye n’ ikikunga : ivaramuh^ aka~ eymna, akakunga). Si l’on se l’administre soi-même, on se sert d’une petite calebasse à long cou {—ikikunga^ Fig. 07), qu’On remplit d’eau ; on se met sûr le ventre le bassin élevé et on laisse l’eau s’introduire par son propre poids à travers le goulot de la calebasse. Dans l’eau on exprime des feuilles (=: kuvuguta iviwabi), qu’on a d’abord écrasées dans un mortier (— kusekura). On emploie les feuilles de : imishwaj imiwirizï, umuwanga, etc. Si le malade adulte n’a pas la force de s’aider soi-même, un membre de la famille, ou un voisin, lui rend ce service de charité, à la manière décrite plushaut. Les femmes se font souvent d’autres injections, ou ablutions hygiéniques, à l’eau tiède, ou bien dans un but de propret — Les Watutsi se servent aussi de lavements auprès de leur bétail, principalement des veaux ma-^ lades (— kuyina indama.) Ils se servent alors également d’un umukenke, umurwakuzo. Dans l’eau de ce genre de clystère on exprime le suc de feuilles de: inshucyu, ivitoborwa.
On y recourt dans plusieurs maladies du bétail, entre autres lorsqu’il est malade du : nmuhaha, umusJwshe; ou lorsqu’il est maléficié par un serpent-python = isato {= kuhumekeriva : Ihnmekewe, kukangwa n’ isato).
Légende.
Jusqu’à ce jour on n’a pas découvert chez les Warundi des réminiscences un peu précises sur la création, — les premiers hommes, — la chute, — le déluge, etc. Toutefois, en y regardant de près, on devine pas mal de choses. Ainsi, on croit à un âge d'or, d’un bonheur perdu; âge merveilleux, où les bêtes parlaient, où les hommes étaient métamorphosés en bêtes, (chûte, punition), où l’on revenait (résuscitait) et ne mourait pas, où Ton était heureux où Ton vivait longtemps ((Eden, patriarches auté-diliviens). Les Watwa (anciens Warundi !) sont plus précis. Selon eux, Indagarra fit deux hommes (un homme et une femme). Au début on ne mourait pas. Maintenant on meurt (à cause d’un ancien crime) mais tout ne meurt pas dans l’homme. A sà mort Indagarra vient le juger. Si l’homme a fait le bien, il va en haut où il est bon d’être (sic!). S’il a été mauvais, il ira en bas = kuzimu: puits, abyme, in fer nus, Hadès, litt. dans le lieu où demeurent les mânes. ~ Selon les uns [manu a fait les Warundi et les Watwa ; mais selon d’autres (syn. d’/nda(/are,
V. „Esprit", „Dieu") a fait les uns et les autres. — Ces croyances des Watwa (d’Uzige) sont tellement nettes et même stupéfiantes, qu’on se demande, si leurs ancêtres, établis au nord et à l’ouest du Kivu, et au delà, ne les auraient pas apprises d’un missionnaire chrétien venu de l’Egypte ou de l’Abyssinie. A vrai dire, ce n'est pas indispensable, puisque ce sont alors des épaves de l’ancienne tradition primitive et orthodoxe. — Voici maintenant quelques légendes ou récits mythologiques.
l*’. Pourquoi on ne revient plus après la mort.
Umuntu yawuz'(e) umwana; akaheza Un homme perdit un enfant; puis 'mugoroba ; akawarir' nmugore wiwe
il dit à la femme de lui ku 'cyobo. Akaheza n’
du trou (fosse). Puis (et) umugore akawon'(a) un'(o) umwana la femme vit (que) cet enfant ikiti ry'umusek'uzo, akakuwita
elle saisit un bois (pilon) à piler, (le) frappa akavuga : aherere
elle, dit: „ qu’il meure, qu’il reste tranquille
soiree ; kizUka ne sortit Naïve Et elle akatora
akamuhamha. Akawa mu ku
il Tenterra. Ce fut dans la
aramurâbirà iy' ikinlu
qu’elle (le) regardât bien si une chose umugabo akagenda kurab' inka.
le mari s’en alla voir (ses) boeufs, arik'foj azüka mit 'cyobo.
il était sorti du trou,
ku ’mutwe, akasuvirayo(ho),
sur la tête, (le) fit rentrer dedans, n'awandi wose
et que les autres (hommes) tous
LEGENDE
LEGENDE
waherëyer Ker'(a) awantii warafa warazuka;
T6st6nt trajKjuillos.’* Autrefois les hommes mouraient (puis) se levèrent du tombeau j noue ntiwazuka, wagumaho mit ku 'zimu.
maintenant ils ne ;Se lèvènt pas, ils y restent dans le lieu aux xnânes.^ Cette légende, ce mythe est très intéressant. Que faut-il y voir? Eve {\a femme) qui fut la cause de la mort dès humains, ou simplement une histoire de Vampirisme, de veYen^nisl „Morientes non vivant, gigantes (Réphaim) non resurgant.'' Isaïe XXVI : 14.
2®. Origine des éléphants et des singes.
Umuntu yagîye kut^a mu 'murima w’uwuro. Akaheza mu
Un honjme alla manger dans un champ d’éleusine. Puis dans
'kitondo akamusangaho yen'(e) umurima w'ivwuro. Akaheza
la matinée il y (le) rencontra le (propriétaire) du champ d’éleusine. ^ Puis
akavuga: ,^n'ikikoko" ; aramwirukana, akagenda mu 'kisanze,^
„c’est une bête”; il le mit en fuite, s’en alla dans la broussaille, akavyar' inzovu n'inguge. Akacyik' akaio ïkikoko.
puis produisit un éléphant et un cynocéphale. Il arriva ce fut une bête. Kera yar'(i) umuntu.
Jadis c’était un homme.
Ce récit de métamorphose (Ovide!) montre la croyance des Warundi à certaines productions hybrides, connues et admises dans toute l’antiquité. (S^^ Hildégarde). Nos Warundi sont transformistes (Darwinistes) à rebours. Bien loin de croire, que les hommes descendent de singes par exemple, ils croient que ceux-ci et d’autres animaux descendent d’hommes d’autrefois, qui, en punition d'énormes crimes, furent dégradés et animalisés en prenant au moins les dehors de vils animaux. C’est la même croyance qui a fourni aux mythologues Grecs, Romains et autres, leurs Satyrs, leurs Centaures, etc., etc.
3®. Origine du yanana, oiseau mythologique.
il dit :
akaheza
inktüi. Wakakeza
du bois de chaujBfage. Après
'mühXrd wakasang'(a)
au logis (et) rencontrèrent wagîye kure iyo
et qui étaient allé loin où
kushêny'(â) inkwi
de la recherche de bois à brûler
ivakaïua qu’ils eussent awiwawo leurs proches watashika.
l’on n’arrive pas.
ivakasuvwa retournèrent
wakary'(a) mangeant awantii.
des hommes.
urwondo, de la boue.
Wakaheza Puis
Awantic waglye kusheny'(a)
Des hommes allèrent chercher
kushenya wakagenda
ramassé du bois il s’en allèrent
watewe C=kuierwa: wafUye) ; qui furent jetés (i. e. décédés revenants);
Wakaheza awa wavûye
Puis ceux qui revenaient
mu 'monga mu 'rufunzo; wakagenda
à la riyière dans le papyrus ; ils s’y promenèrent Wakahez^ wakaeyika yanana. Kera war'(i)
Puis ils furent changés en grues. J adis c’étaient wakamer'(a) amawawa, wakaguruka.
il venait à eux des ailes, ils s’envolèrent dans l’air.
Voilà la fable d’hommes métamorphosés en grues, mythe bien connu des anciens (Hérodote, Ovide, etc.). — Il est à remarquer, que cette métamorphose paraît ici attribuée à la rencontre des revenants (spectres, mânes familiaux) sortant de leur tombe ; à moins que ce ne fût une punition du chef, car: (ivatewe kuta, kutera, kuterwa) peut signifier aussi: chassés.