Le bon vieux temps, âge d’or
Kera ntirivariho urwimo rivinsi;
Jadis il n’y eut pas de dispute (guerre) beaucoup; îvinshi; kandi ntiivawur'(a)
(si) nombreux; en plus ils ne manquèrent pas ivyukurya vinshi ; n' inka zose
de la nourriture beaucoup; et les vaches toutes
n' ivintu vyose vikatungana. None
aioantu ntiwafa
les hommes ne moururent pas icyukuwja ; hari
de nourriture; il y avait
’.D^avijara,
ntizifa;
vêlèrent, ne moururent pas:
kuri
Kisabo
et les choses toutes prospérèrent. Maintenant sous (le roi) Kisabo
Hàraw'(a) inzara; haraw'(a)
Il y a la famine; il y a
warafa, warawur'(a) icyukurya,
meurrent, ils manquent de nourriture, warananuka. Ntiyariho
périssent de misère. Il n’y a pas
vyose vira fa.
toutes meurent (périssent).
nyinshi ; awantu
en grand nombre; les hommes irawamara, awantu
les extermine, les hommes
awantu loose wararwana
wakicyana. Ahonyene har'(i)
les hommes tous se combattent, s’entre-tuent. Ici-même il y a winshi. Nawe Ntare ntiyagir'(a) awarwanishi. Nawe
beaucoup. Et lui Ntare n’avait pas de batailleurs. Et lui fl' awarwanishi. Ahonyone ivintu vihopa mu 'nduru; ivintu
des bataiiileurs.. Icirmênie las affaires sont soqs le coup de l’alarme; les affaires
ivintu les choses indwara la maladie inzara la famine uwutekanyi ; de concorde ; awarwanishi des batailleurs Kisabo ari Kisabo en a
LÉGENDE
LITTÉRATURE
vy' N tare lUivUiora ma ’ndaru. Naho kur^ uivo
sous Ntare n’étaient pas ainsi en alarme. Mais sous celui-ci (Kisabo) awantu wararwana; insuti zirary^(a) ^ awiwatvo, ivarankana
les hommes se combattent; les frères mangent leurs proches^ chamaillent awiwawo. Aivanta wose ntiwakandana ; ivakicyana;
avec leurs proches. Les hommes tous ne s’aiment pas entre-eux; s’entre-tuent;
ivinlu viramaze, imitekanye y ose yaramaze.
les choses sont finies, les concordes toutes ont pris fin.
Ce récit, approprié à l’histoire quasi contemporaine de l’Urundi, contient l’écho de l’antan heureux^ de l’âge d’or. Ce roi Ntare pourrait bien ne pas être le père (ou prédécesseur) du roi Kisabo actuel, mais un de ses homonymes historiques. Combien y eut-t-il de Ntare? Peutêtre vingt! (V. ^^Dy?iasüe'% , ^Royauté''),
5®. La vache merveilleuse.
Inka ikavyara mu ^nzara. Akaheza kuvyara ikavuga:
Une vache vêla en temps de disette. Après avoir vêlé elle dit (à son
propriétaire) :
yjUzjewe nzokutungà*\ Ikawarira sewudzja ivayo. Akaheza akagenda
„je t’enrichirai”. Elle dit (ainsi) au maître d’eÜe. Puis il alla
kwikamma, akakamm'(a) wmataj n’ amasakka^ n’ ivinlu vyose,
la traire, il ne fit que traire du lait, et du sorgho, et de choses toutes,
iminsi y ose. Undi ^munsi akahezYa) umugore akawarira
les jours tous. Un autre jour ensuite la femme (du propriétaire) raconta
’wandi: ,jinka yanzje ikamm^ ivintu vyose^ amala
aux autres (hommes): „la vache de moi se fait traire choses toutes, du lait
U mdyà'’\ Akaheza rC umuntu akagenda kuwarira ^matware. Akaheza
et des vivres”. Ensuite un homme alla le raconter au chef. Puis
uno ^mutware akayinyaga^ akayizana mu ^mûhirâ iviwe.
ce chef l’enleva (la vache) de force, l’emmena dans la demeure de lui. Akaheza akavuga: „ndabe uko wambarïye kwikamm’(a)
Puis il dit: „que je voie ce qu’ils m’ont dit qu’elle se fait traire
iviniu vyose, amata n’ ivyukttrya’\ Akaheza inka ikanka
choses toutes, du lait et de la nourriture”. Mais la vache refusa kukamm'(a) ivintu vyose n’ imbuto, ikaherayo(ho) mu
de se laisser traire choses toutes et les semences, elle les y gardait dans
^nda y’ inka. Akaheza rC umutware akavuga: ,jwarambeshye^\
le ventre de Is. vâche. Alors le chef dit: „ils m’ont trompé (menti)”.
Akaheza akayisuiviz’ inayo, akaijizana ishike mu ^n^uhira.
Puis il la retourna là, l’emmena pour qu’elle parvînt à la demeure (du
propriétaire).
Ikasuvira, ikakamm^a) ivintu vyose, amata,
Lorsqu’elle fut de retour, elle se fit traire (de nouveau) choses toutes, du lait, ivyukurya ; ikavuga: „inka zose ntizowa zikivuga*^ (zirekera kwivuga),
des vivres; (mais) elle dit : „ les vaches toutes ne se parleront plus” (cesseront
de se vanter).
Quel est le fond historique ou simplement philosophique de cette fable? Est-ce une allusion à l’âge d’or encore, à la punition de la femme (Eve), qui par son indiscrétion fit perdre ce don merveilleux! La légende, en tout cas, est très curieuse. Si le serpent est remplacé ici par une vache, qu’on se rappelle le „bos Apis”, Sérapis de l’Egypte. — La série des légendes, ayant cours parmi les Warundi, n’est pas évidemment épuisée par ces cinq spécimens. Il s’impose d’en faire la cueillette le plus promptement et le plus exactement possible, non seulement dans l’Urundi mais chez d’autres tribus Nègres. On fera des trouvailles bien inattendues et du plus haut intérêt. — Les Warundi affirment encore, que le chacal (= imbwebwe) parle encore de nos jours! Ci-jointes les paroles qu’on lui prête, lorsqu’il pousse son cri: „hwé hwé'\ Tous les Warundi les savent par coeur et les répètent souvent avec le chacal, lorsqu’ils l’entendent crier la nuit.
Hwé ! umwana azoshika; hivé! ntakarya amanazi.
Hwé ! l’enfant (le petit) viendra; hwé ! il n’a pas mangé des „manazV’ (fruit purgatif). Hivé! amanazi araryoha; hwé! ararushye (kugôra) rC
Hwé! les jjmanazi'" sont délicieux; hwé! il est fatigué de
irumbura (kurumbura — kûnyà), la constipation.
Littérature.
L’écriture n’existant pas, il ne peut être question de littérature kirundi selon nos idées. Tout se réduit à quelques contes, quelques narrations ou chansons, mais bien vagues, puisque chaque narrateur les arrange, les modifie à sa façon. Le discours, la