LITTÉRATURE 77 LITTERATURE
phrasG kirundi 6st très coupée haché. Les périodes ciceroneennes y man(][ueiit absolument. La narration est monotone, naïvement simple, mais claire. Leurs morceaux de poésie (chants, hymnes) sont très difficiles à comprendre. Il faut une longue expérience pour saisir d’abord, et ensuite à imiter leur façon de narrer. Ci-après suivent quelques morceaux, écrits sous la dictée des Warundi. (V. les articles „Lcc/eyide'% ,,Hymne'% , ^Chanson”, „ Proverbe”).
Jérémiade d’un Murundi.
Umunsi umwe inzige ziraza, zirarya innrimà y ose;
Jour un les sauterelles vinrent, mangèrent les champs tous;
zimheza zirarya vibwatsi vyose. Ziraheza inzar' iraza :
puis elles mangèrent les herbes toutes. Puis la famine vint:
awanta warananûka, Ziraheza zamaz' ivintii vyose n’
les hommes languirent. Puis elles finirent les choses toutes et
amasakka, n’ uwuro, n’ iviyori, n' ivihâràyë, n' ivitoke,
le sorgho, et l’éleusine, et le maïs, et les haricots, et les bananes, n’ ubwatsi n’ urufunzo. Ivintu viraheza awanta warator^
et l’herbe, et le papyrus. Les choses finies les hommes récueillirent inzige, xvarâryà. Inzige ziraheza, akaryama karaza:
les sauterelles, (les) mangèrent. Les sauterelles passées, l’épizootie vint: inka zikarwara^ zikanka kunyw^ amazi n’ ukary"*
les boeufs devinrent malades, ils refusèrent de boire de l’eau et de manger ubwatsi. Zikaheza zikâta (kata) zikary^ ubwatsi xitiwugiuna
de l’herbe. Puis ils eurent la diarrhée, ils mangèrent de l’herbe (mais) elle ne restait pas mu ^nda. Zikaheza zikafa. Wakawaga wakasanga
dans le ventre. Puis ils crevèrent. Ils (on) les ouvrit on constata
harawotse mu 'nda; imjamma yomu^nda ikaita (kuhita, kiinyerera) ;
cela y était pourri dans le ventre ; la chair du dedans le ventre était devenue fiasque ;
wakax^y^ amaguru, n* amawoko, rC
(ils) on manga les jambes (de derrière), et les bras (jambes de devant), et inkorro, rC umugongo, n’ umuiwe wakanta, Awarundi waravuga :
le poitrail, et le dos, et la tête on jeta (le reste). Les Warundi racontent: iryama warazan^ Awarangwa kxi ^kwicy’ inka,
l’épizootie (l’)importèrent les jjWang'wana” pour tuer les boeufs,
inka ziwe zitoyï. — Tnvânza zikaza:
(afin que) les boeufs devinssent peu nombreux. — La „pulex pénétrans'" vint: awantu wàse wakavuga: hazj(e) imnmza. — Akaheza miuuita
les hommes tous dirent: y est venu la ,,pulex”. — Puis homme
umive akazirwara. Wakavuga : mvunza (akakwesera) zitëye (kutera) mu
un en fut malade. On disait: la „pulex” frappe (guerroyé) dans
^kihuko," wakazihcmdura. Awandi wakafa n’invünza.
le pays; on les extirpa (des pieds). D’autres moururent à cause de la „pulex”, Awantu tvinshi warananirwa kurima u' ukukora ivikorwa ;
Des hommes beaucoup furent empêchés de labourer et de faire du travail awandi warafa n’ inzüra, wakanuka. — Akaranda (akasibe)
d’autres moururent de faim, languirent (de misère). ' — La variole
karaza. Kakafaf umuntu; kakaheza kahagxvlra umuwiri
vint. Elle atteignit un homme; puis elle se répandit (sur) le corps
tvose ti’ urmihogo ; ntarya; * imins^ itano ax^afa.
tout et (dans) la gorge ; il ne mange pas (le malade) ; (en) jours cinq il mourait.
Undi ’munsi kakagwïra awantu wose; xvinshi
Un autre jour elle se répandit (parmi) les hommes tous; beaucoup
xvarafa; awandi watoyi xoarâkirâ. Akahez^ akaranda kakamàru.
mourraient ; d^autres peu nombreux guérissaient. Puis la variole s’éteignit.
Trait d’histoire sociale: complainte d’un citoyen contre son chef.
Umutware akater' umuntu; akamunyag^ inka n’ ivintu
Un chef fit la guerre (à) un homme; lui ravit (ses) boeufs et les choses vyose. Akahez^ akatûr'ir^ inzu zose n’ urugo. Akahez’ un(oy
toutes. Puis il brûla les maisons toutes et l’enclos. Puis cet umuntu akangara (kwangara). Akahez* akâzyd kwitûra. Akahez"
homme vagabonda. Puis il vint s’offrir (plaider). Puis (mais)
umutwar^ akanka. Akatwar^ ingôrôrë (inka y’ ituro) kuza kwitwara.
le chef refusa. Il (homme) prit un boeuf (d’offrande) (pour) venir se présenter. Akahez" akamukomorez’ itongo ; akasuxvira ynu ^rugo
Enfin il (le chef) le réintégra (dans) son domaine ; il retourna dans l’enclos rwhve. Undi 'munsi akasohor’ undi ’mxintu n' umutwar^
à lui. Un autre jour il (le chef) chasse un autre homme, et le chef
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ahahez^
ensuite
akangara;
erra ; ^mutware, chef akarim^ cultiva nnvimo du trouble urundi
akinzjiz^
umuntu
mu ’ruqo
rw^
undi.
Naw^ undi
fit entrer
quelqu’un
dans l’enclos de
l’autre.
Et lui l’autre
akaheza
akaguK
inka;
akahez^
akazya
ku *ndi
puis
il acheta
un boeuf;
puis
*munlu.
il va chez un autre
akagur^
urugo
rw^ undi
Naw(e)
akinzjira,
(et) acheta
l’enclos
de l’autre
homme.
Et lui (y)
fit son entrée.
ivintu vikomera, akcihez' akïnibürà akavuga: nakize ;
des choses (<iui) prospérèrent; puis il moissonna (et) dit : je suis sauf;
narina naratage (kuta) urugo rwanzjej noue nœwonye
j’en ai eu, j’ai perdu l’enclos de moi; maintenant je vois
rusmnb' rundi.
l’un surpasse l’autre.
Morceaux d’histoire militaire.
1^, Ikitero kiva Kisabo-Mwezij umwami w’ Iwurundi, tia Nasango,
Guerre entre Kisabo-Mwezi, roi de l’Urundi; et NasangO;
umutware Imugamba n’ Tbiverii. — Nasango akashaka kuza mu
chef de Mugamba et de Bweru. — Nasango désira venir dans
^kihiiko cf/a mwa Kisabo, 7iawe Kisabo akanka, akavuga: ntigaza
le pays de chez Kisabo, et lui Kisabo refusa, en disant : il ne viendra pas
mu ""ktluiko rganzje. Wakaheza wakarwana. Wakaheza waramukiira
dans le pays de moi. Puis ils guerroyèrent. A la fin ils l’éloignèrent mu ^ kihuko cga ^)uv(( Kisabo, — Akaheza nawe Nasango akagenda
du pays de chez Kisabo. — Puis (et) lui Nasango se rendit mu ’ Bweru; naïve Kisabo akagomôr'* ingawo (km'ürikâ) ziwe, akazya
au Bweru; et lui Kisabo rassembla les boucliers (hommes) de lui, il vint kurwami. Akaheza nawe Kisabo akaneshga Nasango; akaheza wakafata batailler. Puis (et) lui Kisabo vaincut Nasango; puis (ils) on prit Unwene Nasango, ivakamuzana kwa Kisabo, ivakamwïcgà. Wakaheza
le fils (de) Nasango, on l’amena chez Kisabo, on le tua. Puis
Nasango akawaho mu Bweru, akazif Imugamba; akaheza Kisabo
Nasango s’enfuit dans le Bweru, vint à Mugamba; puis Kisabo akazga kumulera. Akaheza kurwana Nasango akazga mu
vint le combattre. Ayant fini de se battre Nasango vint dans '’Muhanga, Akaheza Kisabo akawdrïr(à) umutware akamugenza (kutega).
le Muhanga. Puis Kisabo avertit le chef (de ce pays) qui lui tendit des
embûches.
Wakafata Nasango, ivakamuzana kwa Kisabo naho Kisabo akaheza
(Ils) on prit Nasango, on l’amena chez Kisabo et Kisabo à la fin
akamwïrgà umurwanishi, Tiirakuge umurwanishi
le tua l’auteur de la guerre. Nous avons éloigné l’auteur de la guerre
'inu ’kihuko. Akaheza kumwicga izuba rikaka.
du pays. Lorsqu’on eut fini de le tuer le soleil devint brûlant.
Inzara ikatera, awantu wakawur ïnvürâ, awantu
La famine sévit, les hommes manquèrent de pluie, les hommes
wakanamba (kumanuka).
périrent de faim.
2®. Ikitero kwa Wikirumwami umutware tva Mumiwazi na Soziwami,
Guerre entre Wikirumwami, chef de Mumiwazi et Soziwami,
umutware. — Soziwami ararwana n* undi ^mutware. Akaheza
chef. — Soziwami guerroyait avec un autre chef. Alors
Wikirumwami agenda kutawara ugu ’mutware, wakaheza wakanesha
Wikirumwami allait aider ce chef, ensuite ils vainquirent
Soziwami. Nawe Soziwami aragenda kurwana na Wikirumwami,
Soziwami. Et lui Soziwami allait guerroyer avec Wikirumwami, wakarwana iminsi itatu, wakasàhur(àf ivintu, n’ ivitoke
ils combattirent des jours trois, ils pillèrent les effets, et les bananes vgose, Vb ivikono, n’ amasakka, n’ impuzu, wakamara
toutes, et la vaisselle, et le sorgho, et les habits, ils dévalisèrent vgose. Wakaheza akanesha Soziwami. Wikirumwami akirukana Soziwami.
tout. Enfin il soumit Soziwami. Wikirumwami mit en fuite Soziw 9 .mi.
Waheza warawangarukana.
A la fin ils cessèrent de se battre.
3®. Ikitero kwa Kisabo-Mwezi, umwami w' Iwurundi na ^Warungwa . —
Guerre entre Kisabo-Mwezi, roi de l’Urundi et les Wangwana. —
Awarungwa wakavug^ ino Imbo, waraza kufwana mu
Les Wangwana sortirent là d’Imbo (est), ils verraient guerroyer au
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