MAISON
rundi adultes connaissent ces usages. Il faut dire, qu'avec ce système le bon ordre est gardé, quoique les chefs quelquefois se permettent des illégalités capricieuses. J. de Maistre a affirmé quelque part qu'une loi, surtout une loi constitutionnelle (base d’une société), par le fait d’étre écrite ne vaut rien, mais que, non-écrite, acceptée traditionnellement, elle sauve les états et procure le bonheur des peuples. Alors il cite e. a. la constitution anglaise, les lois des Mèdes et des Perses. — Ce paradoxe (s’il en est un!) explique, qu’une société nègre (comme celle de rUrundi, du Ruanda, de FUganda) peut •être très bien réglée, sans lois écrites.
Lune.
Quoique la nouvelle lune est saluée avec allégresse, il ne paraît pas, que les Warundi aient un culte spécial pour la reine de la nuit. Ailleurs, presque partout, les Nègres, au clair de la lune, se livrent avec frénésie à des danses (rituelles) souvent obscènes. Les Warundi ne font pas cela. — ■ On compte par mois (V. ce mot); tout est réglé par le cours de la lune ; l’année est lunaire. (V. ^jAs(ronor)ne”).
Mais.
On cultive relativement beaucoup de maïs dans rCJrundi. On commence même la culture par ce céréale, et il fournit les „primeurs” de la récolte. Jusqu’à trois fois dans Fannée on en sème, de préférence dans les bas-fonds, les vallées humides, ou bien entre les bananiers. Il est mangé tout cru par les enfants. Ordinairement on le cuit. Quelquefois il est grillé sous lès cendres et mangé ainsi. Bien sec il est réduit en farine (pillé), et on en fait de la polenta (imiutsima). Une bonne partie de la récolte de maïs est remisée dans les jjiviteka'’ (grand panier, réservoir) et sert toute l'année.
Maison.
A l’article jjjhxhiiecture” il a été déjà question des maisonsj, des cases des Warundi. Les dimensions varient peu. Elles dépendent de l’importance des chefs et des besoins. La case d’un simple Muhula n’a guère plus que 5 à 6 mètres de diamètre. Les cases des grands chefs (awatware, awaganwa)^ ingoroy ya 'mugariy sont plus spacieuses (7 à 10 M.
de diamètre), plus soignées, arrangées avec desroseaux bien propres (= imitente, imbârirÔ = cerceaux garnis). En règle générale la case du Murundi est plus belle et plus propre à l’intérieur qu’à l’extérieur. Si les imbàrïrÔ sont garnis avec les fibres blanches du bananier, on appelle une telle maison spécialement un ingorOj indabwa. On dit que les ingoro du roi Mwezi-Kisabo sont magnifiques, très grandes (12 à 15 M.), artistement faites à l’aide de beaux bambous, garnies de péristyles, etc. Comme le roi du Ruanda, il aurait un corps, ou une corporation de W atwaconstructeurs. Ses ingo (kraals) du reste auraient un diamètre de 250 à 300 M., divisés en nombre de cours intérieures assez
spacieuses pour laisser camper une grande caravane d’expédition (cap. Bethe). — Pour lier les différents bois, roseaux, herbes d’une case, on emploie généralement des lianes et des cordes tressées de papyrus ou d’autres matières imihôtèrà^ de: kuhotera,imikwaso^ imisurij imikewayuvay etc.) Dans Füzige on su sert des fibres de la feuille du bananier, de l’écorce de „ficus”, des fibres des branches du palmier, etc. — Chaque père ou chef de famille a son urugo (kraal, enceinte) où il demeure avec sa femme ou ses concubines, ses enfants, quelquefois ses proches parents, enfin avec ses „suivants” = serfs : hommes, femmes ou enfants. Souvent un urugo ne contient qu’une case. C’est le cas pour la grande majorité des Warundi pauvres, n’ayant qu'une femme et quelques enfants (= umuntu w' inz' imwe, w' amaz' aiviri). Les hommes aisés ont plusieurs maisons. L’une d’elles, plus grande (= uivuterâmïrô, imbundâmô, indaro), sert à recevoir les amis, les visiteurs, les étrangers, ou pour y boire ensemble la bière. La famille est ordinairement dans une deuzième case nommée ubwiriro, y' ukwiriwamOj de: kwiririva = kuryamamo =z dormir. C’est la maison de famille. On y cuit, on y mange, on y dort. Elle a deux compartiments: le devant, près de la porte, V atrium — umuryango^ umu~ koretso, et la partie de derrière, le cubiculum = akagiro, umwerekataj séparée de V atrium par de jolies cloisons (= urusika^ insika^ imikingoj impete), ou claies faites de grosses et longues tiges d’herbe ou de papyrus, liées proprement sur deux bâtons (— imbariro) recourbés (bombés) = kudzjisha inkorokoto. Trois ou quatre de ces claies sont placées debout Fune à la suite de l’autre, et forment la séparation {urusika, uruhete) d’avec Fendroit où se trouve le lit = haruguru. La hauteur du clayonnage est de 1 M. 50 50 à 2 M., et il ne touche pas jusqu’en haut de la case. V. Fig 68 = plan d’une case. — Si Fhomme a plusieurs femmes, chacune a sa case où elle reçoit la visite de son mari de temps en temps. Ces cases sont dans le même urugo. Le roi et quelques grands chefs ont plusieurs ingo dans différents districts, où sont placées des . concubines, chargées du bétail qui s’y trouve. Le propriétaire y fait des visites de temps à autre (= kutahïrâ w' ingo zlwirij kutambagiza mu 'ngo ziwe). — Les enfants, garçons et filles, jusqu’à l’âge de 13 à 15 ans, couchent dans Vumuryango de la maison de leur père, sur une natte dans laquelle ils se roulent (= kuryama ku 'kirambi cyawo). Si les enfants sont plus âgés, ils habitent une maisonnette à part (—indaro). S’ils se marient, ils se construisent une nouvelle case. — Le père ne peut pas entrer dans la maison de son enfant marié (n’ wmazirô). Celui-ci a toujours accès auprès de son père. La mère aussi entre chez son enfant marié. — Les Watwa ont moins de maisons que les W arundi. Souvent ils se contentent d’une seule pour y recevoir et boire la bière.