MAISON
MAXABTE
y cuire, manger et dormir. Ils ont au contraire toujours, à proximité de leur case, une maisonnette pour y abriter leurs pots et s’y abriter eux-mêmes contre la pluie, pendant qu’ils travaillent. — Les „suivants” {= awashumvij de: kushumha) et les serfs {t=awadzja) ont leur maison à part, ainsi que les orphelins adoptés par un parent (rrr kurerwu ii* insuti). Si le chef de famille est riche et possesseur de beaucoup de boeufs et de vaches, toutes ses cases sont rangées en cercle ou en demi-cercle, laissant .une cour libre au milieu où stationne le bétail (= urugo runini). S’il ne possède que trois ou quatre boeufs ou vaches, il bâtit une grande case familiale, où il loge avec son bétail (= zitaha mit ^nzu^ inzu inka, iterâmïrÔ y’ inka). Même si le troupeau de boeufs reste dehors la nuit, on a pour les veaux, ainsi que pour les moutons, les chèvres et les poules une maison-étable, pour les y enfermer la nuit et même le jour (= uruhôngôrë^ inzu, ou : uruhôngôrërw^ impené). Toutefois, le petit bétail loge très souvent dans la même case que le propriétaire, même si celui-ci est un grand et puissant chef, comme Mivakânyà ou Rusàbïcô, Ajoutez à cela les innombrables rats et toute espèce de vermine, et on se figure aisément comme c’est attrayant d’y loger. — Les Watwa dans l’Urundi n’ont plus de boeufs. Autrefois quelques riches en avaient. Ils n’ont donc pas de grands „kraals” ou des maisons-étables. — Les Warundi qui ont des poules (très rares dans l’intérieur du pays), construisent quelquefois (dans rUzige) un poulailler {= ikinyankoko, ikiruri). C’est une petite maisonnette solide à l’abri des hyènes. S’il n’y a que quelques unes, elles dorment la nuit sur les cloisons delà case (= zirara ku ^mpete, ku ^rusengé). — Une haie d’euphorbes (Uzige) ou de branches sèches entrelacées horizontalement entre les piquets de „ ficus” (à l’intérieur), entoure toutes les maisons et forme un enclos (= urugo, uruwakwa). Les enclos des chefs ont quelquefois des entrées formées de palissades en couloir (= imihiza). — Dans chaque „kraal” ou enclos on remarque une ou plusieurs chapelles votives, dédiées aux mânes (=± iku gâbïrÔ ivaraseseramo uhwatsi, ikibwà) ; puis un ikitübOf ou: ifei6'a.sioa(= temple-autel-lit), c.-à.-d. un cercle tapissé de paille fine et blanche, au milieu duquel se trouve un arbre (= umumanda hagati). (V. ^Temple^^), — Presque toujours on voit, à côté des cases, une ou même plusieurs ivikeka, ou: ivishiswa {Ge~ treidespeicher) pour conserver les vivres et les provisions. Dans l’Uzigeces ivikeka r=YéseYvoirs {Fig, n'\ 75) sont tressés avec des branches de palmier (==ivigazij ivimunga); dans l’intérieur du pays, on les fait avec des tiges de papyrus (— amafunzo„ ivikorokoto, ivikarahara). Ce panier (== ikikeka cy' ukwimbuF amasakkà) est placé sur des bois soutenus par . quatre piquets fourchus (=ururiri). Un petit toit en paille, fait d’une pièce, le recouvre
(= urüs^tgd). — Les Watwa, qui cultivent très peu, gardent les quelques provisions qu’ils ont, dans leurs cases. — Les Warundi transportent (= kuteruF inzu) facilement leurs cases. On prend la mesure de la hutte à transporter, on pratique des trous pour \o^imiwanda à l’endroit préparé et nettoyé (= kutab' ikiwanzd) où l’on veut la transporter, on consolide un peu avec des lianes la paille d’en bas de la case, puis 40 à 50 hommes se mettent dedans, la soulèvent, et la charrient à l’endroit voulu. Les Wazige transportent des cases en barque par voie d’eau. Deux pirogues sont reliées ensemble par quelques fortes perches ou poutrelles, la case tout entière est placée dessus, et un ou deux hommes conduisent cette flottille singulière.
Maladie.
Si bon nombre de maladies de notre Europe ultra-civilisée son inconnues dans l’Urundi, par contre on y rencontre des maux corporels qu’il est difficile à classer. Les maladies sont assez nombreuses. — Les plaies surtout sont très fréquentes et souvent hideuses. On les néglige, on les traite mal. La malpropreté les favorise naturellement. Depuis l’apparition dans le pays de la „pulex penetrans” (Sandflôhe), on constate beaucoup plus de plaies. — La syphilis existe mais est moins fréquente que chez d’autres Noirs. Elle a du reste un caractère assez bénin. Ce que les Warundi appellent „MÛnî/ôrô” n’est , que de la syphilis. ■ — L’éléphantiasis se voit quelquefois. — L’jji/cmgro”, assez fréquent, est une sorte de protée. C’est une maladie attribuée à un maléfice. Elle se manifeste soit par l’éruption de boutons sur tout le corps, soit par des rhumatismes, etc. — Les Warundi soignent bien leurs dents. Presque jamais on entend quelqu’un se plaindre d’avoir mal aux dents. De petits abcès aux gencives et dans la bouche sont fréquents. — Les maladies des yeux sont assez rares, excepté chez les petits enfants. — Beaucoup souffrent de vers intestinaux. Beaucoup d’enfants en meurent. Le „toenia” se constate souvent. — Les Warundi sont beaucoup sujets aux fièvres et même de très fortes (malaria). L’hématurie par contre, si pernicieuse aux Blancs, s’observe très rarement. Je n’en ai pas vu de cas. — Les fous (rares) sont considérés comme possédés par un esprit relativement bon ou mauvais. — ■ Presque aucune maladie n’est attribuée à une cause naturelle, pas même une simple blessure ou coupure. Beaucoup sont dues, selon les Warundi, aux maléfices des magiciens ou goètes. Ainsi on gagne le j^umusozi"" (enflure, éléphantiasis) en marchant inconsciemment dans un sentier où un serpent python iisato) a marché. U ,^ikisigo'' aussi est gagné, si 1-on est sans qu’on le sache, par un „isato” caché dans une termitière. Le „i/£ihambo*% maladie de la poitrine, est encore attribué à un sortilège. Le „Umufumu” la guérit (I) en su(;!ant le sang et en en faisant