ÎV PRÉFACE DE LA DEUXIÈME ÉDITION
Pour aujourd'hui, je n'ai voulu que répéter, avec une conviction qui s'est affermie , ce que je disais il y a quelques mois. Je croyais alors au relèvement d'un grand peuple; maintenant j'en suis sûr.
Valleyres, 2 novembre 18C1,
En publiant aujourd'hui cette étude, je m'expose au blâme des hommes prudents.
On me dira qu'il eût fallu attendre.
Attendre quoi? Qu'il n'y eut plus de grandes questions en Europe pour disputer notre attention à la question d'Amérique? Ou que la question d'Amérique eut pris couleur et qu'on fût à même de savoir clairement quels intérêts elle servira, à quelles conséquences elle doit aboutir?
Je ne suis pas fâché, je l'avoue, d'ap-
plaudir au devoir avant ([ii'il soit reccmmandé par le succès. Quand le succès sera venu , il ne manquera pas de gens empressés aie célébrer^ et je leur laisserai le soin de démontrer alors que le Nord a eu raison, qu'il a sauvé les États-Unis.
Faire , après coup , la philosophie des événements , c'est fort intéressant sans doute; mais l'œuvre à accomplir aujourd'hui est autrement sérieuse. Il s'agit de soutenir nos amis lorsqu'ils ont besoin de nous , lorsque leur bataille y loin d'être gagnée, est engagée à peine ; il s'agit d'apporter notre appui, l'appui très-considérable de l'opinion européenne, à l'heure où il peut servir; il s'agit d'assumer notre petite part de responsabilité dans un des plus graves conflits de ce siècle.