REMARQUES SUR LA VERSIFICATION DE JEAN BOUCHET
I. Hiinc. — Deux règles de Jean Bouchet ; terminaisons en AI et en A ; en AILLK et en EILLE ; en AIN et en OIN ; en ASTRE et en ATRE ; en E et en ES ; en ET et en ER ; en EU ; en 01 et en OU. — Equivalence de B et de P ; de G et de G ; de D et de T ; de L mouillé et de L ; de GN et de N. — Nombre de syllabes des diphtongues ; rime du simple avec le composé, du mot avec lui-même, du substantif avec le verbe qui en est formé.
II. Césure. — Règle de Jean Lemaire. — Jean Bouchet place la césure au hasard. — Enjambement. — Inversion.
m. Elision. — E muet à la fin des mots devant une consonne ; E muet à l'intérieur des mots ; E muet final devant une voyelle initiale. — Suppression de certaines syllabes. Hiatus.
Notre vers français d'aujourd'hui diffère en bien des points de celui du xvu^ siècle, et l'alexandrin de Malherbe, de celui de Ronsard ; nombreuses encore sont les divergences entre le décasyllabe de la Chansoii de Roland et celui des rhétoriqueurs ; les principes de noire versification à travers les modifications de détail demeurent pourtant les mêmes : assonance ou rime, nombre déterminé de syllabes, césure, voilà les éternels éléments du vers français; il faut négliger quelques tentatives infructueuses pour naturaliser dans notre poésie le vers blanc ou le vers rythmé. Les règles un peu lâches au début se resserrent lentement; le chemin est long qui va de l'assonance à la rime riche ; l'oreille de nos ancêtres, affinée par les siècles, réclame peu à peu une césure mieux frappée, et aux exigences primitives de la rime et de la césure ajoute d'autres exigences, elle rejette l'enjambement, l'hiatus, et fixe à l'élision des règles sévères. Quelle est donc sur la rime, la césure, l'hémistiche, l'enjambement, l'élision et
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l'hiatus la pensée des rhétoriqueurs, ou plutôt, car je n'entends pas généraliser sans raison, celle de Jean Bouchet?
J'ai parlé ailleurs des rythmes et des vers employés par le Traversent' des voyes périlleuses ;i^\ dit également que toujours après io20 il avait gardé dans les vers à rimes plates l'alternance régulière des rimes masculines et féminines; toujours également il suivit, quand il la connut (vers 1514), la règle sur la césure que Jean Lemaire de Belges avait apprise à Marot ; les quelques exceptions rencontrées çà et là ne sauraient avoir d'importance, et peuvent être attribuées aux imprimeurs. C'étaient là des innovations qu'il convenait d'étudier avec un plus grand soin.