VIII. — DE LA NÉGATION
Très souvent devant les participes présents, mais rarement devant les infinitifs. Jean Fiouchet emploie au lieu de la forme atone de la négation, la forme tonique non : non voulant [Ep. fam. LXIII, f° 43 d) ; non ayant (2 }ior. VIII, f° 38 d) ; non disant vray [ibid., f° 37 c) ; )io?i congnoissant {ibid., f° 37 b) ; îion s'en lier Ubid., f" 39 c).
On rencontre encore ?ion^ mais très rarement devant un verbe à un mode personnel :
Mais iwii pourtant est mandé ne permis.
2 Mor. VII, fo 33 b.
La négation ?ie conservant encore toute sa valeur négative, exprime très souvent la négation sans pas on pohit :
Si seruiteurs ^r'y a dessoubz le chief.
I Mor. XII, f'i 30 a.
Quand il ne faict ce quil est tenu f;iire.
Ihid., fo 30 b.
Et s"il ne veut son esprit ériger.
Ibid., fo 30 b.
Les seruiteurs... T'en vauldrôt mjeulx...
Ibid., fo 30 b.
Les exemples sont à toutes les pages : on trouve cepen-
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danl et même fréquemment pas. ou point joint à ne... ne les molestez pjoint (1 Mor. XII, f" 30 c i.
Xous trouvons un exemple qui nous aide à bien saisir comment le mot^o?//^ea pu devenir une particule négative :
Pour bon remède au malade donner, On doit scauoir auant quen ordonner Du patient la complexion toute, Et n'en laisser si possible est la goutte.
2 Mor. VIII, f« 37 a et b.
Rabelais, qui a plusieurs expressions se rapprochant de celle-là, n'emploie jamais l'article devant le mot goutte. Rien remplace aussi quelquefois yy«5 ou. point:
Chappeaux, boûetz, pourpoictz, chiausses, souliers, Ne durët riè...
2 Mor. \1, fù 33 b.
Dans les phrases interrogatives. y^«.s et yj'om/ s'emploient souvent seuls, sans la négation /îf ; l^enses-iu poi?it ?{Ep. fa7n. XII, f" 16 a); côgnois tu point? {Ep. fam. XXII, f» 23 c) ; vault il pas mieux? \Ep. fani. XXIII, f" 2i b) ; feit pas Moyse.. . ? [ihid., i"" 24 d ) .
A toutes les pages ou à peu près il se trouve un ou deux exemples de l'emploi de ne pour^jz :
Impossible est d'en iuger bien a point aYt? den comprendre...
2 Mor. VI, fo 33 b.
Les laboureurs n'ont foy ne loyaulté.
Ihhl.
Compte on ne tient de liard ne de double.
IbiA.