‹ Un heritage; pièce en quatre actes, en proseChapitre 32 sur 46 · ML · texte numérisé non relu

ML

JACQUES

Mon bon Antoine, au lieu de repousser nos amis, fais-les venir ici. Fondeun petit cénacle de peintres, de musiciens, de poêtes... ce sera charmant... Et puis, que faut-il pour être heureux ! Le poète n’a-t-il pas dit qu'il fallait seulement :

: « Assez de bien pour en donner, « Et pas assez pour faire envie ».

JEAN (plus doux),

Voyons, Antoine... Qu'y a-t-il de changé entre nous depuis que tu es riche ?.. La nature est-elle moins belle ?... L'Art est-il moins noble et n'est-il pas toujours digne d'occuper ta vie. Ne te laisse pas duper par les aigrefins qui veulent s'approprier ton bien... en exaltant à tes yeux le prestige de leur nom véreux peut-être. Si tu les écoutes, tu es perdu.

ANTOINE (à Jean)

Après tout, tes façons de censeur sont parfaitement ridicules. Tu abuses de mon amitié. Sache, au surplus, que je ne suis ni d’âge ni d'humeur à supporter un contrôle de mes actions... tu m’ennuies à la fin. Vous m'ennuyez toi et Jacques et, si ce que je fais n’est pas à votre goût...

JEAN (tristement)

Je te comprends... tu ne veux plus nous voir près de toi... tu as assez de nous... nous te sommes à charge, n'est-ce pas ?.., C’est mal (à Jacques), allons, mon petit, reprenons, ayec nos habits de route, la direction de notre ancien foyer... S'il est misérablement meublé, il abritera du moins deux cœurs que

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la richesse n’a pas corrompus. Notre solide et vieille amitié l’ennoblira. (à Antoine) Quant à toi, cœur ingrat, fasse le Ciel que tu n’aies jamais à te repentir de ton orgueil et de ta vanité... Adieu. viens

Jacques.

(Ils sortent).

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