LE CONSEIL
Chaque nuit, le père Laval et le novice étaient liés et enfermés avec les autres prisonniers. René Bourdoise commençait à recouvrer quelque force; car Fleur-du-matin, qui prenait en pitié ses souffrances, avait étendu ses bontés jusqu'à lui, et lui procurait, comme au père Laval une nourriture plus forte que celle donnée aux autres captifs. Un peu d'exercice et un repos régulier secondaient les efforts de la nature réparatrice; cependant quoique la santé des deux Français s'améliorât de jour en jour, ils n'en étaient pas moins en butte à la cruauté des Iroquois et torturés ainsi que leurs compagnons d'infortune; mais, pour ces âmes patientes et résignées, ces souffrances étaient peu de chose.
Une semaine était passée, et les guerriers Mohawks ne paraissaient nullement dans l'intention de partir pour quelque expédition de chasse. C'était la lune de la moisson, l'abondance régnait, et l'Indien, lorsqu'il a de quoi suffire aux besoins du moment, ne se préoc-
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