Id., ibidem
LOUiS COÙRAJOD i^^
ments symétriques plus sobres, presque schématiques, sont-elles la pensée même d'un artiste ou trahissent-elles des tempéraments différents > La première n'appartient-elle pas au courant septentrional, sans frein, sans sobriété, sans souci de la laideur, mais plus puissant et plein de verve ? L'autre, plus mesuré, plus pondéré, n'est-il pas dû à l'esprit méridional >
Nous venons d'étudier rapidement la sculpture décorative franque et nous voyons que Courajod a pu affirmer qu'elle n'était pas la simple continuation de l'art gallo-romain, « quant aux allégations de la pédagogie classique, qui nous avait dépeint jusqu'ici le travail des VII% VIII« et 1X« siècles comme étant exclusivement la continuation normale et régulière de la décadence latine, comme la conclusion nécessaire de l'art galloromain et le trait d'union entre lui et l'art roman, vous savez, disait-il à ses élèves, ce qu'il faut en penser. Aveuglés parle culte exclusif de l'antiquité païenne, hypnotisés par un certain état brillant de civilisation,les humanistes de la Renaissance n'ont pas supposé qu'il ait pu exister dans le monde une autre source de lumière, un autre foyer de chaleur. Ils ont donné à l'art moderne un faux point de départ^ ».
Courajod affirme, non sans raison, (( que l'art gallo-romain et môme l'art latin à sources purement méridionales qui en résultait n'eurent pas à compter à l'époque mérovingienne une part active dans le mouvement des idées. Ces deux arts restèrent, bienentendu,le conseil des architectes, des constructeurs et surtout des sculpteurs. Ils continuèrent en Gaule à être les seuls dépositaires de la théorie, les seuls représentants autorisés et officiels de la science. Le premier d'entre eux fournit d'abord, comme nous l'avons vu,des matériaux tout ouvrés, il continue ensuite d'imposer vaguementle profil de ses moulures, le système de ses proportions et de ses règles. Il reste le grammairien honoraire d'une orthographe qui était chaque jour violée de plus en plus »...
A partir du V" siècle, leur force d'expansion diminue, leur propagande, peut-on croire, est entravée. Ils existent, ils sont encore en honneur, ils ont leurs adeptes, mais, semble-t-il, ils ont plutôt à défendre leurs principes qu'à les répandre. Le souffle qui