‹ Un historien de l'art français: Louis CourajodChapitre 7 sur 57 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

L'Ornementation gréoo-orientale

Un courant d'art autrement irrésistible était tié. L'Orient allait dominer pendant plusieurs siècles le monde occidental. Constantinople était devenu tout de suite un centre artistique de la plus grande importance, sans toutefois être, selon nous, un foyer créateur. La fondation de la capitale de l'Orient avait été une nécessité historique, l'Empire avait besoin d'un grand centre placé entre l'Asie et l'Europe. A l'abri des invasions, protégée par sa situation géographique, la nouvelle cité était voisine des Perses, des Goths établis sur le Pont-Euxin. Naguère agrandie par Septime- Sévère, cette ville peut être considérée comme une création de Constantin. Il fut le vrai fondateur de la nouvelle Rome orientale. Ce fut lui qui l'embellit et l'orna. Rien ne fut épargné pour la rendre l'émule de sa sœur aînée. Elle compta comme elle 14 régions, elle eut un vaste port qui deviendra le premier comptoir du Moyen Age. Les empereurs accordent des privilèges aux lettrés, aux artistes et encouragent l'immigration. On y vient de tous côtés. La capitale de l'empire oriental se développa très rapidement, et nous savons qu'au temps de Théodose II sa population était fort dense. Ce fut surtout l'Orient qui contribua à embellir cette nouvelle cité. Le texte de la chronique dite de St-Jérôme, nous raconte qu'elle s'enrichit des dépouilles des autres cités. Athènes, Rhodes, Chypre, Antioche, Smyrne, la Sicile, etc., furent pillées, et les statues, les œuvres d'art qu'elles possédaient encore, malgré le vandalisme des Romains, furent portées à Constantinople. Les églises, les édifices publics devinrent de véritables musées où s'entassèrent nombreux les chefs-d'œuvre de l'antiquité classique. 11 n'y eut aucun choix. On prit tout ce qu'on put trouver et les œuvres des . temps primitifs étaient à côté de celles de l'époque décadente.

Si le moment était favorable à la création d'un grand centre oriental, il ne Tétait pas à Téclosion d'un art nouveau. Le milieu môme se refusait à cette création. La population était fort mêlée. Tous les peuples voisins, si différents au point de vue de la civilisation, les Thraces, les Illyriens, les Goths, s'y donnèrent

rendez-vous. On. ne pouvait avoir un art jeune complètement émancipé de l'art classique avec ces mélanges sans cesse renouvelés. 11 y a plus. Lorsque le christianisme arriva à Constant inople il avait déjà un long passé, il était loin de sa simplicité primitive et était devenu la religion du plus grand nombre. Il ne put, comme à Rome, rien innover. Ajoutez à ces causes la pompe du cérémonial impérial, l'amour de la cour orientale pour le luxe, pour l'éclat, et vous voyez combien était difficile l'éclosion d'un art chrétien simple et naïf. Les œuvres de l'antiquité entretenaient les artistes nouvellement établis à Constanti nople dans un éclectisme toujours dangereux. Il n'y eut donc pas un foyer artistique profondément modifié par la situation géographique de Byzance, mais, avec le temps, il était à prévoir que ce serait là où viendraient se joindre les éléments originaux des peuples de l'Orient et où se formerait ce qu'on appelle communément l'art byzantin. Déjà sous Théodose on peut dire qu'il y avait deux arts antiques. Le premier fidèle au passé, conservateur par essence, presque vaincu, l'autre au contraire gardant encore un certain nombre de principes du vieil art, mais rajeuni grâce aux apports incessants des peuples orientaux. L'art gréco-romain sort métamorphosé de ce contact. Il a perdu, pour ainsi dire, ses conceptions les plus chères, il abandonne en sculpture la ronde-bosse, il préfère désormais la feuille plate, les palmettes, les cercles concentriques, les entrelacs en un mot l'ornementation géométrique et végétale. Quand on analyse les différents facteurs qui ont formé cet art, on reconnaît bien vite que Byzance ne créa rien. Les éléments les plus divers, produits de civilisations les plus dissemblables, viennent se combiner et former un tout qui est loin d'être homogène. C'est l'art du Pont-Euxin, de ces villes si étroitement liées avec la civilisation orientale, c'est celui de la Perse, de la Syrie et de l'Egypte.

Les transformations que va faire subir le nouveau milieu à l'art gréco-romain ne furent pas subites. Les artistes appelés à

Byzance continuèrent les traditions déjà fort anciennes, mais avec 'le temps les peuples de la Syrie et de TÉgypte eurent une influence fort grande sur l'art byzantin, trop peu appréciée, à mon avis, par les historiens de Tart. L'étude des principaux monuments existants encore en Syrie et analysés par M. de Vogue nous montre combien la sculpture a été transformée. Elle se refuse à décorer les édifices de statues ou de bas-reliefs à personnages, elle se contente d'orner les surfaces des monuments de reliefs décoratifs empruntés à la flore, elle accepte des idéogrammes déjà fort anciens qu'elle utilise comme de simples ornements géométriques. Et les nouvelles conceptions qui naissent du contact de ces peuples ne sont pas la preuve, comme on le dit, d'une profonde décadence, mais le produit d'un tempérament artistique fortement accentué. Leur triomphe assura pour longtemps la suprématie de l'architecture sur les arts. Ce fut surtout vrai pour la statuaire. Désormais le sculpteur est au service de l'architecte. C'est lui qui indique la place de la décoration, qui donne plus tard au sculpteur le bloc de pierre sur lequel il doit tailler ses statues. Il faudra même des siècles avant que la statuaire puisse s'affranchir de cette tutelle souvent fort lourde et toujours gênante pour l'imagination de l'artiste. Les autres arts, la peinture et la mosaïque, malgré leur complète soumission à l'architecture, ne furent pas sensiblement modifiées; elles vont garder soigneusement les anciens procédés, mais à quel point est transformé le dessin des figures I

C'est par la voie byzantine que les peuples de l'Occident vont hériter de l'art latin pendant la première partie du Moyen Age. Combien modeste il apparaît sur les monuments de cette période! Consultez ces colonnes, ces chapiteaux qui sont travaillés par nos artistes, ces décorations de chancels qui entourent les autels, ces ambons si délicatement ornés et vous verrez partout la part d'héritage fort minime qui revient à l'art latin.

En Occident, le faire n'est plus le même, la vision artistique est changée. Les historiens fidèles à l'art gréco-romain peuvent bien dire que la corbeille du chapiteau est la même, mais s'ils regardaient de plus près, s'ils comparaient les époques, ils reconnaîtraient des influences notables. Voyez donc comme la feuille est posée, comme le ciseau la creuse, la cisèle profondé-

ment. Elle s*agile môme en coup de vent et semble quelquefois tordue. Est-ce le môme faire que celui de l'art antérieur? Qui oserait l'affirmer? Et ces chancels, ces pierres sculptées aux portes de Téglise, ces pulpiti si nombreux, ces arcosolia ne sontils pas la preuve de l'abandon presque complet de Tornementation gréco-romaine et, qui plus est, de l'esthétique môme des temps antérieurs >

Il ne faudrait cependant pas croire que M. Courajod ait méconnu la survie de l'art latin. Dans un travail qu'il publia en 1893, il cherchait à définir ce qui était resté de son influence sur l'art français. « Quoi qu'on puisse dire, il faudra cependant reconnaître qu'une véritable action primordiale de l'art romain-latin d'origine païenne se manifeste d'une manière indiscutable : i^ par le choix du type de la basilique à file de colonnes ; 2° par le maintien dans les ne/s de l'ordonnance basilicale même après l'abandon de cette ordonnance par l'école byzantine et après le schisme architectural de Byzance ; 3° par limitation assez durable du chapiteau corinthien à feuillages de l'architecture romaine^ bien que r exécution delà sculpture relève d'un esprit dijfférent; 4^ parla conservation très prolongée de quelques-unes des anciennes méthodes de construction, par la survivance des procédés^ par la nature et remploi des matériaux.)) On ne saurait mieux dire. Et c'est en effet ce point de vue qui a fait croire à la domination absolue de Rome païenne. Les archéologues, MM. Caumont et Quicherat, étaient arrivés par cette méthode à attribuer à l'art gréco-romain une influence trop grande. Ils avaient étudié la construction des édifices de l'époque franque et romaine et ne s'étaient pas préoccupés des motifs décoratifs qui les couvrent. M. Courajod l'avait dit lui-môme : (( C'est presque uniquement à cette source d'information qu'on a puisé en archéologie des renseignements sur les vicissitudes de l'architecture^ et on a cru que cela suffisait. J'estime qu'il faut concurremment analyser le style^ la forme^ l'apparence^ l'ej^ressîon, le décor\ )) Et notre regretté maître avait raison. Ce

I. Courajod, Les origines de l'art gothique. (Les sources du style roman du Yiii* au IX" siècle, p. 12. Cerf, Paris, 1893.) On peut dire cependant que le plan de la basilique chrétienne romaine ne resta pas sans subir une notable modification. L'influence de Tesprit orientai transforma même ce plan relativement fort simple. M. Grafi* qui a cherché avec soin Torigine do transept dans son opus Francigenum Ta déclaré orientale. Les premières

qui se modifie le moins est la main-d'œuvre, elle vit de procédés, de formules transmis d'âge en âge. Les matériaux employés dans les différentes contrées ne changent pas, et si les Romains s'étaient autrefois servis de pierres voisines des monuments qu'ils voulaient élever, les Francs ne pouvaient se soustraire à cette nécessité. Ajoutez à cette habitude déjà fort ancienne la difficulté des communications qui forçait les architectes à sç contenter des matériaux qu'on avait sous la main. Les maçons firent donc ce qu'avaient fait leurs pères; après l'utilisation des ruines romaines, ils eurent recours à la pierre qu'ils trouvaient autour d'eux, à la brique ou au bois. On voit par là que M. Goura jod. n'a pas nié la survie de l'art antique et que la science même a déjà apporté quelques modifications à des vues citées plus haut qu'on a cru trop étroites.

Étudions donc maintenant l'origine de l'élément décoratif des basiliques franques; analysons avec M. Courajod (( la forme ^ V apparence^ V expression^ le décor )). En un mot, voyons quelle est la grammaire ornementale des monuments élevés jusqu'à la fin du x*" siècle. Se compose-t-elle des motifs décoratifs de l'art païen, des oves^ des perles^ des denttcules, des méandres^ etc., qu'autrefois les sculpteurs ont prodigués sur les surfaces de leurs édifices > M. Courajod peut affirmer, après examen, le contraire. L'art gréco-romain n'impose plus sa grammaire décorative aux époques ultérieures. Ce que nous trouvons sur les surfaces à égayer, sur ces murs, sur ces frontons,

églises qui eurent la forme de croix furent des édifices funéraires. L'église du Saint-Sépulcre à Jérusalem, celle des Saints-Apôtres à Constantinople, le prouvent suffisamment. Ce plan fit bientôt fortune. Arrivé à Ravenne, il passe à Milan, pénètre dans le Puy-de-Dôme à Clermont, et modifié devint le plan des églises bénédictines. Ce que dit M. Courajod au sujet du chapiteau corinthien est vrai en général, mais son histoire pendant le Moyen Age mérite un examen plus sérieux. L'art gréco-romain donna à Tart byzantin, qui le transforma aussitôt, ce chapiteau déjà trouvé et qui avait des siècles de durée sur toute l'étendue de TEmpire. Il fut souvent transmis par l'art byzantin, à l'Occident, et on peut même voir ce qu'il est devenu dans les églises situées sur les bords de l'Adriatique. On n'y découvre qu'un souvenir lointain de l'époque romaine. On doit cependant avouer, avec notre maître, qu'il persista sous cette forme grâce à l'habitude des premiers chrétiens de placer dans les églises nouvellement construites des architraves, des chapiteaux, des corniches enlevées à l'art païen. Tous ces débris épars, le plus souvent mal combinés, furent un exemple vivant pour les générations futures.

dans Tintérieur des églises, ce sont des motifs décoratifs tout nouveaux et qui donnent une physionomie originale, personnelle, très différente de celle qu'offrait Tart officiel gréco-romain. Les marguerites qu'on cisèle, la fleur de /ys, les palmettes^ la tresse^ les entrelacs y la simple ou double crossette, Vas de pique ^ la rosette, Vétoileà six raies^ la croix grecque^ etc., vont former pendant des siècles les éléments qui composent la grammaire' décorative occidentale. Et cette décoration n'est pas créée par l'art^byzantin, nous allons voir bientôt qu'elle est venue des pays plus au sud. H y eut donc simplement un transport de grammaire d'art d'un monde à l'autre, et M. Courajod montrera que Rome elle-même, si byzantine, ne forme qu'une étape, avec Ravenne» entré l'Orient et l'Occident.

On ne peut dire non plus que cette décoration soit une décadence, bien au contraire, elle vivifie l'art ancien, elle se développe librement, s'étale sans gène, se fait même accepter aussi bien de l'art arabe que dans les pays germaniques et slaves. L'art russe en est profondément pénétré. On dirait que le vieux monde antique est saturé des anciens motifs décoratifs, qui ne répondent plus aux idées nouvelles, il les proscrit pour de longs siècles, sans se soucier des services qu'ils ont rendus. Ils disparaissent sans trouver sur les parties si différentes de l'Occident un refuge, et le monde adopte sans hésiter la grammaire décorative de l'Orient. Et les motifs qu'il accepte ne sont pas dus, comme on l'a cru, au simple hasard, à la main encore timide de l'artiste, ni au dessin simple et naïf des races barbares ; ils se répètent sans cesse, certains mêmes, comme l'étoile à six raies, se retrouvent surtout sur des tombes et répondent à des idées peut-être religieuses et étaient autrefois employés comme symboles. L'art gréco-oriental les accepta et les utilisa pour la

décoration de ses édifices.

Quelle est donc la patrie primitive de cette ornementation gréco-orientale, où paraissent pour la première fois les motifs décoratifs si aimés par T Occident : les marguerites^ les palmettes^ la tresse^ la fleur de lys^ les entrelacs la simple ou double crossette^ Pas de pique, la rosette^ rétoile à six rates, la croix grecque et ansée ? La conception en devait sans nul doute provenir d'une partie du monde romain, qui avait échappé à la dictature persis-

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tante de Tart classique. L*étude attentive des monumeiits indiquait aussi que Tart de cette terre avait été pris au dépourvu, qu'il avait dû improviser une décoration et qu'il avait accepté les motifs peu compliqués des temps plus anciens. M. Courajod désira connaître le centre primitif de cette ornementation. Après bien des recherches, notre maître put placer sa naissance sur les côtes de la Syrie et de l'Egypte pendant la période chrétienne, avant l'invasion des Arabes \ Il étudia en détail ce coin tout

I. L*ornementation orientale qui fut employée pendant la première partie du moyen Age a son centre en Assyrie, en Phénicie et en Judée. Ce sont surtout cesdifTérents peuples qui ont coliaboréàla formation de cette ^rjmma/rf décorative^ dont mon mattre, M. Courajod, entreprit d'analyser les divers motifs qui la composent. Ces éléments tolérés depuis des siècles par Part officiel gréco-romain ont pu ainsi survivre jusqu'à la venue du christianisme. Mon ami avait vu les relations étroites de ces idéogrammes avec Tart chrétien gréco-oriental. Il conduisit ses auditeurs dans les salles du Musée du Louvre, visita avec eux les antiquités assyriennes, s'arrêta tout particulièrement aux vitrines où se trouvent réunies les plus anciennes poteries, les cylindres. Il analysa ensuite Tart judaïque et dt l'histoire des éléments décoratifs des tombeaux des Rois et des Juges et parla tout particulièrement des ossuaires juifs rapportés par M. Clermont-Ganneau. M. Courajod se servit du catalogue si bien commenté de M. Héron de Villefosse : Cf. Notice des monuments provenant de la Palestine. Les stèles phéniciennes de ta mission Renan l'intéressèrent aussi. Ce qu'il fit remarquer à ses élèves, c'est la manière toute particulière de sculpter la pierre en Asie-Mineure. Les volutes deviennent plus sèches, les feuilles plus déchiquetées. Le ciseau les creuse profondément. C'est déjà un acheminement vers le faire tout particulier de Tart gréco-oriental. Les éléments décoratifs principaux qui composent cette ornementation sont Vétoile à six raies, \9i marguerite ou la rose, Vas de pique, Ventrelac, la tresse, la palmette, la spirale. Nous allons en faire rapidement l'histoire.

Temps anté'Chrétien. i^ L'étoilb a six raies. Pour l'Assyrie. Cf. Perrot et Chipiez. Histoire de l'art antique. II, fig. 1^5; fig. x6a. Cf. la pierre de Mérodack Baladan, pi. 10, pi. 12. Cf. fig. 96. Porte de Korsabad. Cf. fig. 124. Cf. Perrot et Chipiez, /. c, III. Phénicie, fig. $50. Cf. Longpérier, Musée de Napoléon III, pi. X, patère de Dali. Elle a été employée comme décoration. Le monument de Midas no^s montre aussi une ornementation géométrique systématique. Cf. Perrot et Chipiez, /. c, V, fig. 48. Les bijoux lydiens indiquent la popularité de ce motif. Cf. Perrot et Chipiez,/, c, V, fig. 205, fig. 204. Le Louvre possède une collection importante de terres cuites ornées de l'étoile à six raies (salle assyrienne, cf. Revue archéologique, 1875). De la Blanchère en a publié un certain nombre, p. 215. Les sarcophages de Lydie et de Carie nous donnent la même décoration, qu'à l'époque mérovingienne. Cf. étoile à six raies Paton, Excavation in Caria, fig. 40, 59. Cf. Perrot et Chipiez,/, c, V,fig. 240, 2?8, 2^7, 241. Elle a été employée aussi en Perse. La rose revient sans cesse sur les monuments. On la confond tantôt avec la margue-

particulier de TOrient. Les belles publications de M. de Voguô lui facilitèrent cette tâche. Il avait là une série de monuments parfaitement datés, car aucun ne pouvait être ultérieur au vn* siècle. Au courant de la méthode des philologues, il en prit la manière de travailler et décomposa à son tour les éléments divers qui formaient la décoration de cet art oriental. Et les leçons qu*il donna pour prouver ses théories, si originales et si neuves, les nombreux monuments qu*il isola et dont il raconta l'histoire bien

rite, tantôt avec Tétoile. Cest un idéograoïme, un symbole qui a pu représenter le soleil. Cf. Perrot et Chipiez, /. c, fîg. 504. On peut voir, en étudiant la statuaire, que les artistes sculptent tout à plat les arbres, les motifs décoratifs. Cette conception prévaudra plus tard en Occident. Cf. fîg. 949. Porte ornée d'étoiles, fig. J5j; fig. 504. Pour la Phénicie, cf. Perrot et Chipiez, /. c, III, fig. 16. Une série de monuments fort intéressants pour rétude de Part mérovingien a été publiée par Clermont-Ganneau, dans la Revue archéologique, 187J : Nouveaux ossuaires juifs avec inscriptions grecques et hébraïques, p. J98-414. Cf. Revae archéologique, 187 j. Ossuaire juij provenant d'Alexandrie^ p. ?o2-jo$ . Cf. Revue archéologique, 1878, Ossuaire fuif de Joseph, p. ^20 (novembre). L'étoile à six raies forme ici la décoration de ces petits reliquaires. Cette ornementation se perpétua pendant des siècles, puisque nous possédons deux reliquaires du vi* siècle, dont Tun est à Poitiers, qui ont la même décoration. Le R. P. de la Croix a eu Tobligeance de m'en donner un moulage, c'est identique. Grégoire de Tours nous parle de ces petits coffrets qui contenaient des reliques de saints orientaux. 11 mentionne le reliquaire de saint Sergius. Il faut voir aussi pour la survie et la propagation de ce motif décoratif les stèles de Carthage. Elles ont le plus souvent les symboles du soleil et de la lune, rétoile et le croissant. Cf. Corpus Insc, Grac. Carthage, n° 191, 210, 226. A côté des motifs décoratifs grecs, il en est qui appartiennent à l'art local. Cf. n** 265, 206, 2x1, 219, 264, 261, foo, ^65, 367. Cf. Musée du Louvre. Phénicie (Mission Renan). On remarque sur les stèles les symboles que nous allons retrouver comme motifs décoratifs dans l'art du vi« siècle. La grappe de raisin, rétoile, la marguerite sont sculptées à côté des ornements gréco-romains. Ils ont été tolérés par l'art officiel et ont pu survivre ainsi jusqu'à la venue du christianisme. Cf. Salle judaïque. Cf. Le tombeau des Rois et celui des Juges : c'est encore la même ornementation. N*" 17, xi8, 19, 20, 21, 23 du catalogue. Cf. De la Blanchère. Voyage d'étude dans une partie de la Mauritanie Césarienne. (Archives des missions scientifiques et littéraires, 1883, pi. X. N^ xo, x^) Cf. Nouvelles archives, /. c, II. Satadin. Mission en Tunisie, pi. VIII. Étoile à six raies.

2* Margubritbs. Les arts assyrien et persan ont propagé ce motif décoratif. Ils en ont abusé. La marguerite se confond bien souvent avec la rose. Cf. Musée du Louvre. Assyrie. Perrot et Chipiez, Histoire de Vart antique^ II, pi. XI. XII. LXI. Cf. aussi fîg. 96; fîg. 102; fîg. xi6 ; iig. 117; fîg. X2i; fîg. X22 ; ftg. 12^; cf. Layard, \\^ Monuments de Ninive, 2* série, pi. LVI. Perrot et Chipiez, l.c,, II. On la voit aussi surdes étoffes, fîg.445; fig. 444; fîg. 44$. Ibidem,

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souvent séculaire constituent la partie la plus intéressante de son enseignement. Nul n*a donné une preuve plus décisive de Textension de la grammaire décorative de TOrient, et nous pouvons affirmer sans crainte d'être démenti qu'on peut proposer comme d'incomparables modèles de critique les leçons de ce cours, dans lesquelles M. Courajod a montré une connaissance approfondie de l'histoire de l'art en général. M. Cattaneo, dont M. Courajod ne connaissait pas le volume paru au moment de

fig. joo; fig. ^oi; fig. ;o6; fig. ?i;; fig. 4^4. Cf. les Cylindres. Revu e archéologique, 1874. Perse. Cf. Soldi, Les Cylindres babyloniens, ç\. XV. Musée du Louvre. Le chapiteau provenant de Suze, rapporté par Dieulafoy. Cf. Perrot et Chipiez, V, fig. 296; fig. ?ii. Nous avons une série de tombes ornées de marguerites ou de roses. Cf. Dieulafoy, L'Art antique de la Perse, II. fig. 18. C*est un système voulu, et ce motif décoratif devait être à cette époque un symbole. Il revient à chaque instant. Perrot et Chipiez, /. c, V, fig. J41 ;

fig. MÇ ; fig- M4; fig- M8 ; fig. 47?; fig. 475 ; fig- 476; fig. 478; fig. 48?. Les dalles émaillées ont cette décoration. Cf. fig. 5?o. Ces briques ont répandu cette ornementation. Elle pénétra bientôt en Phénicie et en Palestine. L'art juif fut du reste un art d'emprunt. Ils ont été avec les chrétiens, les colporteurs de Tart syrien. On peut la voir sculptée sur les stèles phéniciennes. Cf. Renan, Catalogue des objets provenant de la mission de Renan, 1862. Levy. Cf. les nécropoles phéniciennes d'Hadrumète. Bulletin archéologique des travaux historiques^ 1889, n<» j. Cf. Renan. Mission en Phénicie; Gebeil, pl. XX, pi. XVVIII, p. 500 ; cf. Perrot et Chipiez, /. c, III, fig. 77, fig. j6j, fig. 482, Sur les ivoires, fig. 61 ^ Cf. Gazette archéologique, 1880. Les stèles de Carthage, pl. 9. Cf. Perrot et Chipiez. Les Hétéens, IV. fig. 179. Cf. Menant, Les Pierres gravées (recueil fort intéressant pour Thistoire de ces idéogrammes), II, fig. m. On la trouve aussi en Palestine sur les tombeaux. Cf. De Saulcy. Voyage autour de la mer Morte^ Atlas, pl. XXXI!. Cf. Louvre. Tombeau des Rois. Cf. Saladin, Mission faite en Tunisie. Nouvelles archives des missions scientifiques. Il, fig. 138; fig. 146, 14$, 162. On y peut voir encore des rinceaux de pampre sortant du vase avec des lions accostés, fig. 107. j* Entrelacs. Motif avant tout oriental, on le trouve en Assyrie. Cf. Perrot et Chipiez, Histoire de l'art antique, II, p. 228, pl. XIV. Cf. Layard, Monuments de Ninive^l, p. 86. Perrot ef Chipiez, /. c, II, fig. 127. Sur les cylindres cf. Soldi, Les Cylindres babyloniens. Revue archéologique, 1874, pl. XV. Il a*été employé aussi en Perse. Perrot et Chipiez, V, fig. 438. Cf.

Dieulafoy, L'Art antique de la Perse. L'auteur en donne quelques exemples. Les Hétéens l'ont surtout popularisé. Cf. Perrot et Chipiez, IV, fig. 279; fig. 382. Cf. Menant, Les Pierres gravées, II. fig. III. M. MQntz avait vu la filiation des entrelacs de l'art franc avec l'Orient, mais il n'a pas tenu compte de l'art germanique qui, nous le verons bientôt, avait, lui aussi, ce motif décoratif. Cf. Mûntz, Etudes iconographiques^ p. 148. Perrot et Chipiez, /. c, IV, 771. Cf. Heuzey, Ga:{ette archéologique, 1887, p. 62. La Phénicie le possédait. Cf. Perrot et Chipiez. /. c, III, fig. 73; fig. 76; fig. 618. On s'en servait pour la décoration des boucliers. Cf. fig. 637, 638,639. Cf. fig. $47,

ses recherches, n'a pas mis en lumière, par la même méthode, les relations fort étroites des deux Mondes. Il n'a pas même recherché la patrie primitive de ces motifs décoratifs et les attribue indistinctement à l'art byzantin. Son livre très savant manque souvent d'une critique rigoureuse, d'une introduction explicative et en même temps d'une compréhension profonde de l'essence même de l'art oriental qu'il retrouva sur le sol italien. Le savant professeur de l'École du Louvre étonnait ses audi-

la patère Amathonte. Cf. fig. 55a. Patère de Curium, fig. 565, pectoral, fig. 582. Patère d*ldalie, fig. 520. Cette ornementation fut acceptée par les mosaïstes de Tantiquité et reproduite sans cesse. Elle fut transmise ainsi à Tart chrétien. Les exemples sont trop nomt?reux pour être cités.

4* La Tresse. Ce motif décoratif est avant tout oriental. On la trouve sur les cylindres babyloniens. Cf. Revue archéologique, /. c, pi. XV. Elle se confond souvent avec Tentrelac. Cf. pour la Syrie, Perrot et Chipiez, /. c, IV, fig. J82, p. 771. Cf. Heuzey. Galette archéologique, p. 62. On peut dire que cette décoration provient de Ninive et a des siècles de durée. Elle a persisté longtemps, car nous la retrouvons au temps des croisades. Les manuscrits syriaques Tont propagée en Occident.

5* L'as de pique. Son origine est sans nul doute orientale, pour l'Assyrie ; cf. Perrot et Chipiez, /. c, II, fig. ^28. L'art phénicien et l'art judaïque l'ont employé à la décoration de leurs monuments, mais il s'affirmera davantage à l'époque chrétienne. La reproduction de la feuille de lierre a bien existé à Rome, mais le dessin oriental est tout à fait difi'érent de celui de l'art grécoromain. Il est remplacé quelquefois par la pomme de pin, par une sorte de grenade. Cet ornement a été transmis par l'art byzantin aux Arabes. Cf. Assyrie, décoration des étoffes. Perrot et Chipiez, /. c. , X, fig. 44?fig. 444, fig. 445. Cf. les tombeaux des Rois de la salle judaïque (Louvre). Cf. Mission de Phénicie de Renan, pi. XXIX. On le trouve aussi sur les stèles, à la fin des inscriptions gréco-romaines, mais son origine est orientale.

6* La Palmette. C'est un motif encore oriental. Elle est dessinée à plat, mais elle affecte le plus souvent divers schémas. Assyrie. Perrot et Chipiez,/, c, X, pi. XIII. Cf aussi fig. IJ7. On la voit employée à la décoration des étoffes. Cf. Perrot et Chipiez, /. c, II, fig. 4H»f^g- 444t ^g* 445 . Sur les ivoires, fig. 571. L'art phénicien et l'art judaïque l'ont aussi acceptée.

7» L'hélice. Ce motif décoratif a la même origine. Cf. Perrot etChipiez, V, fig. 206. Il a été surtout employé après le christianisme. La sculpture syrienne l'accepta et l'utilisa pour l'ornementation de ces édifices.

8» Rinceaux depampreavbc grappes de vigne. Assyrie. Cf. Perrotet Chipiez, II, fig. 257. On trouve aussi le vase d'où sortent deux branches. Cf. fig. 292. Il est surtout, employé par les artistes phéniciens. On le trouve sur les stèles. La grappe est souvent seule. Cf. Phénicie. Louvre. Mission Renan. Catalogue, n» ji. Ejle est aussi sur bien des sarcophages en plomb, provenant de la Phénicie. Cf. Renan, Mission en Phénicie, p\. LX. Cf. Perrot et Chipiez, Histoire de Vart^ II, p. 177, fig. 125. La Spirale. C'est un ornement

teurs déjà préparés. A voir les nombreuses photographies, les gravures jetées sur sa grande table de travail, il semblait au premier abord qu'on ne pouvait rien récolter pour Tépoque franque des monuments déjà séculaires de l'Egypte, de TAssyrie, de la Judée, mais armé d'une méthode vraiment merveilleuse, doué d'un sens tout particulier d'analyse, notre regretté ami faisait l'histoire de chacun de ces monuments, la description de chacun de ces motifs décoratifs, il savait découvrir dans cet amas

commun à toutes les races. Elle apparaît comme motif décoratif dès la plus haute antiquité. En Assyrie, sur les cylindres. Cf. Soldi, Les Cylindres. Revue Archéologique, 1874, pi. XV. Cf. Perrot et Chipiez, /. c, IV. Phrygie, fîg. 2jo; ûg. 2j6. On la voit sur les bijoux, aussi sur les pierres gravées. Cf. Menant, Pierres gravées, II, fig. III. Perrot et Chipiez, /. c, IV, fig. j8i. Pour la Phénicie, Cf. Perrot et Chipiez, /. c, III, fig. 227. Elle décore les vases, les amphores. Cf. fig. 514. Amphore de Curium. Cf. fig. 5J$; fig. 5^6; fig. $^7. Cf. Muntz, Études iconographiques^ p. X48. On pourrait faire encore l'histoire du vase à deux anses employé comme motif décoratif en Judée avant le christianisme. Cf. Archives de rOrient latin, II, p. 4^9. Cf. Perrot et Chipiez, IV, fig. 151. Le vase avec 2 oiseaux accostés. Cf. Phrygie, fig. 57; fig. 8^ Les palmiers du paradis chrétien ont aussi leur modèle dans ceux des sculptures de la Perse. Cf. Perrot et Chipiez, V, fig. 498; fig. 496; fig. ?49. Lacroix ansée se retrouve aussi fréquemment sur les monuments de la Phénicie. Cf. Catalogue de la salle du Louvre. Mission Renan, n* ;, n*2i,n*22. L^arbrb devis si souvent reproduit sur les monuments chrétiens du vi* au xi* siècle a son prototype dans celui de TAssyrie. Cf. Layard. Monuments, i série, pi. 7. Cf. Perrot et Chipiez, /. c, II, pi. 6j, p. 2^5, fig. 44^ M. Courajod en fit l'histoire et le suivit jusqu'au temps chrétien sans connaître le travail si intéressant de Piper, dans VEvangelischcs Jahrbuch fur iS6j, p. 17-94. On y trouvera toute la série des monuments indiqués.

Les temps chrétiens. Orient, Syrie et Egypte. — M. de Vogué déclare que dans les anciennes villes de la Syrie, il n'a rencontré nulle part des basreliefs à personnages. Il est nécessaire de faire aussi l'analyse des motifs décoratifs de cette région qui a été si importante pendant les premiers siècles chrétiens. Les éléments qui composent sa grammaire sont assez nombreux. Ce sont les mômes ornements que nous venons d'énoncer pendant les temps anciens. L'étoile à six raies, la rosette ou la marguerite^ l'as de pique, le rinceau de pourpre avec grappes de raisin, le vase d'où sort une branche de vigne, la croix ansée^ les entrelacs, la spirale, la tresse se retrouvent aussi sur les monuments de la Syrie centrale. Ces édifices analysés par M. De Vogué ne peuvent pas être ultérieurs à l'invasion des Arabes, c'est-à-dire au vu' siècle.

I* L'ÉTOILE A SIX RAIES et La ROSE. On la trouve réduite 11 4 dans la crypte de Cyrène. Cette décoration est fort intéressante, car elle est aVant tout géométrique et montre le foyer decetart.Garrucci,StortJifc'//'Ar/c' Christ., II, tav. 105. On y voit des croix, les rinceaux de pourpre, la spirale, les entrelacs, etc. Alexandrie, ville si importante pendant les premiers siècles a dû avoir une

LOUIS COURAJOD jC

confus ce qui était nécessaire à sa thèse. Et son jugement n'était jamais a priori^ toujours il avait recours à Texpérimentation, à Tétude attentive des monuments et des sources écrites .

La théorie de l'éducation de TOccident par l'Orient est assez ancienne dans notre siècle. Les historiens de l'art, les Labarte, les Didron, les Unger l'avaient aussi af&rmée, mais les assertions de ces savants, combattues par les Schnaase et les Springer, étaient le plus souvent basées sur le style des monuments, sur

influence sur toutes les cités occidentales. C'est peut-être la patrie du symbolisme chrétien. Cf. Clément d'Alexandrie, cf. Pœdag.^ II, 12; III, 11. On la voit sur les monuments de Syrie. Cf. De Voguô, Syrie centrale. Elle se confond quelquefois avec la rose. Cf. pi. i^ Haouran, fenêtres. On peut voir que dans cette décoration systématique, il n'y a rien de l'esprit romain. Cf. De Vogue, /. c, pi. I?, pi. 4. Bosra, pi. 21. Ezra. La rose est employée souvent avec des entrelacs. Cf. pi. 24. Safa. Aussi avec des feuillages déchiquetés à la manière orientale. Cf. Moudjeleia, pi. ^o. Ce savant archéologue la date du v* siècle. Cf. pi. 12. Rose avec un monogramme chrétien. Cf. pi. 4J. (Maison du sculpteur Betoursa.) C'est encore la même conception orientale (du v* ou vi* siècle). Les roses ont été employées pour décorer des linteaux de portes, des architraves. Cf. pi. 45, 50, 68 (v* ou vi^ siècle). Cf. roses à six rayons, pi. 76; fig. 147. Sur les tombeaux, fig. 97. Elle reçoit le monogramme, pi. 99. Cf, des roses, pi. 100. Faire tout à fait oriental, pi. 107, à Baqouza. Cette ornementation a servi aussi à décorer \escancelli des maisons. Cf. pi. iio. La demeure est datée de 5x0. On voit que cette ornementation répond au tempérament artistique de ce peuple, qu'elle est voulue, déjà fixée. On est loin du style gréco- romain. On ne croirait même pas à une domination aussi longue. Cf. encore pi. III, pi. 127, 12b, 129, 177. Croix monogrammes inscrits dans des roses. Cf. Basilique de Tigzirt (Algérie), étoile à six raies. Musée du Louvre. Salle chrétienne. On voit que c'est la même décoration que pour les ossuaires juifs. Cf. Carthage, chapiteau, même salle. L'étoile à six raies se trouve sur la tète d'une figure sculptée sur le chapiteau. Cf. la collection des lampes en terre cuite du Musée du Louvre, salle chrétienne. L'étoile à six raies sert souvent de décoration. On voit que les artistes emploient une forme décorative qui proscrit la figure humaine. Cf. pour l'Egypte les études de M. Gayet. Les monuments coptes du Musée de Boulaq, (Mémoires publiés par les membres de la mission archéologique française au Caire, III, Paris, 1889, fasc. 4.)Cf. Gay et. La sculpture copte. Galette des Beaux-Arts, 1892. (Mai-juilletaoût.) Cf. A. RiegU/Ccp/ùcA^/iCun^/ dans By^antinische-Zeitschrift de Krumbacher, p. IX4*I2X. Je n'ai pu lire les ouvrages de Forrer. DieGraber und Textilfunde pon Achmim Panopolis^ Strassburg, iS()i, Rûmischc und byiantinische SeidcntcxtUien aus dcm Gfaberfelde von A. P., Str. 1891. Die fruhchristL AltcrtUmcr aus dem Graberfelde pon A. P.. Strasbourg, 189?. Cf. Gayet, Musée de Boulaq ^ pi. VIII, fig. 9, dans l'intérieur de l'étoile on a placé des entrelacs, décoration qui deviendra fort aimée au viii« siècle. Cf. fig. 12; fig. ij. On la confond

r iconographie, sur des ivoires venus en Occident. Les édifices byzantins assez rares et encore mal classés, la datation souvent

erronée des objets d art, la fausseté même de certaines œuvres rendaient bien difficile la tâche des archéologues ; aussi les vues souvent très originales de ces historiens avaient-elles quelque chose d'indécis qui laissait le lecteur perplexe. L'apport nouveau de M. Courajod est d'une nature toute différente. Sa méthode n'est plus la même. Le côté subjectif de la thèse se

avec la rose, fi g. 34; fig. ^5. Elle apparaît encore à la pi. XLIII, fig. 58; fig. 62; fig. 6^; fig. 64. Cest un thème sans cesse répété, fig. 65, 66, 67, 78, 84. Cf. aussi sur les lampes de Carthage publiées par Delattre dans la Repue de l'art chrétien, 1890-1894. On Ty trouve fréquemment. Cf. Henri de Villefosse, Rapport sur une mission archéologique en Algérie, (Archives des missions scientifiques et littéraires II, ^« série, n* I4^) Cf. Recherches des antiquités dans le nord de l'Afrique, Leroux 1890, linteau décoré d'étoiles à cinq raies, fig. 166.

2* Marguerites. Cf. Salle chrétienne (Louvre). Moulage d'un sarcophage trouvé à Lambèze. On y voit la marguerite. Cf. même salle. Basilique de Tigzirt (Algérie), même ornementation. Ibidem. Collection de lampes en terre cuite. Un certain nombre possède cette décoration. Cf. Basilique d'Ancyre. De Rossi. Bulletin monumental, i88<). C'est une survivance de cet art phénicien. Cf. Gayet, /. c.,pl. LX, fig. 76; fig. 86; fig. 99. Cf. Dclattre. Revue de l'art chrétien. Les lampes de Carthage, 1890- 1894.

5* Les entrelacs. Ils sont employés très souvent en Egypte. Cf. Gayet, /. c; pi. XVII, fig. 22 ; fig. J5; fig. 50; fig. 68; fig. 84; fig. 74 bis; fig. 89; fig. 92; fig. 9^; fig. 95. Cf. V. Schultze, Archéologie Jer AUchristlichcn Kunst, fig. 18. Mosaïque du nord de l'Afrique. Cf. Mélanges G. B. De Rossi, Paris, 1892, p. ^54. Cf. Mûntz, Études iconographiques. L'auteur a signalé l'entrelac sur les mosaïques. Cf. Texier. Architecture byzantine. Eglise de S. Démétrius à Thessalonique. Cf. Sainte-Sophie de Trébizonde,pl. XVI, pi. LXIV. Enroulement circulaire formant carré, motif si fréquent en Occident au vi« siècle. Cf. Gayet, /. c, fig. 87

4* La TRESSE. Elle se trouve surtout employée à la décoration des manuscrits syriens. Cf. De Vogue, /. c. Serdjilla, pi. ;i. Egypte. Cf. Gayet, /. c, pi. III, fig. 4. Ce chapiteau est fort curieux, car c'est le même dessin de ceux de Ravenne et de Venise. On dirait que les artistes les ont copiés. La tresse est aussi usitée dans les mosaïques et se confond avec les entrelacs.

5* L'as DEPIQUE. Cf. Syrie. Vogue, /. c, p. ^7, p. 4^, pi. 151. Salle chrétienne du Louvre. Collection de lampes. 11 y en a un certain nombre décorées de cet ornement. Cf. aussi Delattre, Revue de V art chrétien , Lampes de Carthage, 1890-1894. Cf. Egypte. Gayet, /. c, fig. 84 bis. C'est un motif décoratif employé aussi par la mosaïque.

6* La palmbtte. Cf. Syrie. Baccouza. De Vogue, /.c, 118. Elle se combine quelquefois avec la fleur de lys. Cf. aussi la palmette dans les manuscrits

trouve réduit à néant et la doctrine repose désormais sur des bases plus sûres. La propagation des motifs décoratifs si aimés en Orient, motifs épars syr notre sol et qui avaient été ia cause de ces recherches, fut l'objet d'une enquête qui permit de reconstituer l'itinéraire de cette migration. La transmission de ces symboles, devenus de simples ornements, ne pouvait être attribuée au caprice de la mode, toujours éphémère, mais ils se répandirent au cours de la domination assez longue exercée patr l'esprit chrétien oriental.

Malgré la fondation des premières églises gallo-romaines par des émigrants orientaux, malgré l'attestation des nombreux Syriens répandus sur notre sol, dés les premiers temps de l'Empire, on a voulu nier l'influence orientale sur la religion chrétienne en Gaule. L'art se charge désormais de prouver le con-

coples que nous étudierons plus tard. Elle a passé ainsi en Occident. Son dessin n*a rien de romain.

8* Flbur db lys. Gayet, /. c, XLIX, iîg. 65; fîg. 69; fig. 105 ; fîg. 98 (?) 9* HiucB.On la trouve surtout en Syrie. Cf. de Vogue, /. c, pi. 14, pi. 46, pi. 100 IV* siècle, pi. 151. Cest ici qu'elle apparaît tout d'abord; c'est donc en Syrie qu'il faut chercher son point de départ, car l'Egypte, Venise, Naples, et Rome qui l'ont adoptée ne sont que des voies suivies par cet art grécoasiatique.

10* RiNCBAUX DB FBUILLAQB8 DBSSlMis A PLAT — VIONB BT QRAPPBS DB RAISIN.

Cf. De VogOé, /. c, pi. 20, pi. 24, pi. ;i, pi. 45, pi. 46, pi. 49, pi. 62 (iv* ou V* siècle), pi. 121, pi. 129. Pampre, pi. 24. Ils se trouvent fort nombreux en Egypte. Gayet,/. c, fîg. 44; fig. 45; fîg. 67; fig. 69, pampre avec la grappe, fig. I, sortant d'un vase, fig, 12; ûg, 72, formant bordure d'archivolte, fig. 21 ; fig. 24; fig. 96. Cf. Rossi, BuUetino di archeologia cristiana^ 1B66, 187^, 1877, tav. 4, 5. Tombeau chrétien à Salda.

II* La spiralb. En Syrie, Cf. de Vogûé, /. c, pi. 47. Les peuplades germaniques la possèdent aussi. Il sera bien difficile de dire à quel courant d'art elle appartient. Les manuscrits coptes l'ont acceptée. Elle figure aussi sur les lampes.

12* Croix qrbcqub. Très employée en Egypte. Elle a déjà la forme qu'elle aura en Occident au moyen Age. Cf. Gayet, /. c, fig. 14, p. 17, fig. 99; fig. 4. Elle est dans un cercle. On remarquera aussi une croix posée sur une base en forme de gradins, fig. 41. c'est tout à fait asiatique. Cf. fig. 2;; fig- 27; fig. 28; fig. 29; fig. J4; fig. ?7; fig. J8, dans des cercles fig. 47; fig- 48; fig. 49; fig- 54; fig- 55; fig- 56; fig* $7- Croix dans une arcature, fig. 69, motif souvent répété en Occident du vi*-x* siècle.

ij* Vasb et animaux affrontés, 2 paons. Syrie, VogOé, /. c. Cf. 4^, pi. 62, pi. 129. Egypte. Gayet, /. c. Oiseaux, fig. 68; fig. 70; fig. 71; fig. 97.

Poissons, fig. 69. Lièvre, fig. 70. Nous retrouverons tous ces motifs en Occident ptndant l'époque mérovingienne.

traire. Cette influence se montre profonde et tenace. Ce ne fut pas en un jour que s accomplit Tœuvre de propagande. Le n^ou* vement ne fut ni subit, ni direct. Il demanda de longs si6cles, et cette invasion presque occulte et insensible, qui échappa peutêtre aux yeux des contemporains, se manifesta surtout dans Tornementation. Nous avons vu que le mouvement devint plus fort après la chute de Rome. Nous allons voir maintenant que les côtes de TÂdriatique et de la Méditerranée furent les premières converties à ce style et que Rome elle-même ne tarda pas à subir le joug incontesté de cette domination. L'art byzantin y régna en maître absolu pendant plus de deux siècles.

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