‹ Un historien de l'art français: Louis CourajodChapitre 9 sur 57 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

L'Influence orientale sur les provinces du nord et du midi

de ritalie

Ravenne et Rome ne sont pas les seules villes où se fit sentir rinfluence de l'art byzantin pendant la première partie du Moyen Age. L'art gréco- oriental s'étendit peu à peu sur toutes les contrées de la Péninsule. A côté de Rome, Anagni, Ferentino, le Mont- Cassin, Capoue possèdent des preuves certaines de ce goût dominant^ •

I. Anaqni. Les différentes cités qui sont voisines de Rome et de Naples montrent l'invasion de l'art oriental. L'église contient un certain nombre de fragments de sculpture pouvant provenir du ix* siècle. Mocioni, Phot,, n*" 5800 et 5801. Cf.CABTBL s.Élib. Il y a là une église fort curieuse et qui demanderait une monographie. Elle conserve encore, à l'état fragmentaire, il est vrai, sa décoration du ix* siècle. On a utilisé les plaques qui décoraient l'ancien presbjrterium : croix dans des cercles, entrelacs, rinceaux de feuillages dessinés à plat. Cf. Mocioni, Phot,, n* 5828. La porte principale de l'église est aussi fort intéressante. Composée d'une série de fragments placés sans ordre et à une date qu'on ne peut fixer, elle est la preuve de la persistance de cette grammaire orientale : entrelacs, feuilles de pampre, arcatures avec roses, etc. Mocioni, Pkct,, n* $824.

Fbrbmtino. Le palais épiscopal possède un musée archéologique qui contient un certain nombre de fragments : plaques de chancels décorées d'entrelacs, rosaces, cercles où sont encastrés des carrés avec entrelacs, hélices, croix avec les bras ornés ' d'entrelacs, etc. Mocioni, py^of., n* 589;. On peut voir encore une partie d'un ciborium. Cette sculpture parait dater de la fin du VIII* siècle ou du commencement du ix* ; l'artiste a placé de chaque côté des colombes tenant dans leur bec un as de pique. L'archivolte est décoré d'entrelacs. Mocioni, Phot,,a* Ç894.

Lbprionano. L'église est fort intéressante. Elle possède des fresques anciennes. Au xvii* siècle, on a reconstruit sans doute le prcsfyierium, tout en conservant la série des formellae déjà fort anciennes. Mocioni, Phot,, n* 6^(38 : entrelacs aux pilastres, plaques ornées de petits carrés où sont placées des feuilles ou des roses. Des rosaces forment aussi la décoration d'un certain nombre de ces transennes. On peut voir encore dans l'église une série de plaques avec entrelacs et as de pique, Mocioni, Phoi.,

Le séjour des Orientaux et des Grecs sur les côtes de la Méditerranée, soit à Naples ou à Gaete, soit à Àmalii ou à Salerne, la longue domination byzantine de cette partie feraient supposer l'existence d'un grand nombre d'églises construites pendant cette période. Il n'en est rien ; les chroniqueurs nous ont bien trans* mis les noms des basiliques élevées par les évoques napolitains, la description des superbes mosaïques qui décoraient les murs des nefs. ou l'abside de ces églises, mais nous ne piossédons que des noms, que des souvenirs de la dévotion de ces dignes prélats. Les changements de dynastie si fréquents, les tremblements de terre , les guerres sans nombre ont détruit ces précieux vestiges du passé. A peine quelques débris dans le musée archéologique de S. Martino à Naples, deux plaques importantes de l'église de S. Aspréne\ un devant d'autel à Gaéte, voilà tout ce

n* 6569, Acdtéde ces fragments on remarque une sculpture singulière, preuve évidente de la décadence profonde de la statuaire pendant la première partie du Moyen Age. Elle représente un homme debout entre deux grandes feuilles. Les traits sont à peine indiqués, la figure est sans proportions et appartient à cette famille de sculptures que nous trouvons soit au musée d'Avignon soit à celui de Vienne. Ils peuvent dater du viii* ou du ix« siècle.

Capoui. Musée. Il y a là deux chapiteaux qui remontent au viii* siècle ou au commencement du iz*. Cf. Cattaneo. /. c, p. 1)7, fig. 77. Un autre très intéressant se trouve dans le palais Fieramosca. Cf. Cattaneo, /. c.,fig. 76. On peut voir encore dans une rue de cette ville quelques fragments de sculpture du ix* siècle. Le musée possède un bas-relief représentant un ange. Le dessin en est grossier, les pieds très gros, les mains toutes plates. Il tient un bâton et est nimbé. Cette sculpture pourrait bien être du IX* ou du X* siècle. Cattaneo, /. c, fig. 78, 7 voit leviii* siècle.

Casbrta VBCCBiA. Débris d'un ciborium. Plaques avec entrelacs carolingiens utilisés par les Cosmati. Il est intéressant de voir que ces motifs décoratifs orientaux ont été acceptés par les Cosmati. Ils ont continué la tradition des mosaïstes grecs et employé quelquefois les mêmes dessins.

I. Naplbs. Cf. Capasso, Storia de Nafioli alla fine del XI* secolo. Ce savant archéologue donne la reproduction de deux plaques ornées d^animaux qui se trouvent dans Téglise de S. Asprène. Je ne puis attribuer au vi* siècle les deux plaques qui ornaient Tambonde la cathédrale, cf. Capasso, /. c.,pl. xiv et XV. Quand on étudie avec soin le détail des sculptures, on voit aussi qu'elles appartiennent au xiii* siècle ; cf. le costume des femmes, serré à la taille, la manière dont S.Michel tient la lance. C'est déjà d*un sentiment moderne. Cf. réglise S. Georges qui nous a conservé encore une croix grecque de consécration. L'église Giorgio-Maggiore montre aussi une abside qui pourrait appartenir au vi* siècle. Elle se compose de trois arcatures soutenues par des colonnes. L'archivolte est employée comme à Ravenne, les tailloirs sont très hauts et décorés d'une croix. C'est encore le chapiteau corinthien, mais le

que nous possédons de Tôpoque byzantine. On peut en dire autant des environs de Naples et ce n'est qu'à Cimitile, localité voisine de Id vieille Nola, sanctuaire si visité par les pèlerins du Moyen Age, où S. Paulin construisit des églises célèbres en l'honneur de S. Félix, qu'on peut voir l'invasion profonde de l'art gréco-oriental. Un certain nombre de plaques de chancels, la partie d'un ciborium, deux portes très importantes des anciennes églises prouvent combien fut byzantin ce centre napolitain. Les monuments qui sont encore debout, mais abandonnés à l'inclémence du temps, mériteraient une étude toute particulière \

Il faut dire pourtant que les débris que je viens d'énumérer ne sont peut-être paâ les seuls que possède cette partie de l'Italie méridionale. Un certain nombre d'églises doivent encore conserver les preuves de l'influence de l'art byzantin. En parcourant la Terra di Lavoro^ j'ai retrouvé des traces de cette décoration à Istri, à Pondi et même à Minturnes. Terracine, plus éloignée, nous en offre quelques exemples*. *

faire est plus sec. Cf. Rossi, BuUetino cr,^ 1880, p. 144,. Cf. Parascondola, Afem,d. Ckiese di Napoli, I, 95- Naples possède encore une tombe qui montre le rinceau de feuillages gréco- oriental. Cf. Capasso. /. c, pl.V. Les quelques fragments qui se trouvent dans le musée de S. Martino, ne sont pas photographiés.

1. CiMiTiLB. Pour la partie historique cf. Schultz, Denkm. der Kunst des AfitUlaliers in U nier-Italien, Dresden, 1860, I, p. 60, où il consacre une longue dissertation à ces édifices. Cattaneo, /. c, p. 7Ç-80, fig. 27-28, adonné les représentations d*une des portes (viii* siècle). LMntérieur de la seconde église conserve encore des fragments d'un ciborium et quelques transennes, etc. L*autel actuel est composé des anciens débris de la décoration du viii* siècle : entrelacs, rosaces, etc. Les animaux qui sont représentés sur les archivoltes du ciborium ont le même dessin que ceux de Cividale.

2. Gabtb. Cathédrale. Fragment de sculpture du ix* siècle sous le porche de la façade principale : rinceaux de feuillages. Autre fragment sur Tescalier de réglise: feuillages avec des pommes de pin. Église S. Joseph. Il y a un dessin d'ambon : croix encastrée dans un cercle. Autre plaque : griffons affrontés avec croix et entrelacs. Les griffons sont antiques, mais le dessin de la croix est encore fort élégant, viii* siècle. On peut voir enfin dans les rues des fragments de chancels employés comme dallage (ix* siècle). MiNTURiiBS. Cathédrale. L'ambon de réglise est fort curieux. Il est formé de débris anciens, parmi lesquels on remarque un certain nombre de fragments qui datent du ix* siècle. On a utilisé ces feuillages dessinés à plat pour la décoration de Pambon. La partie par laquelle on monte possède aussi des pieds-droits sculptés delà même époque. La porte de la sacristie ornée de fragments de chancels: entrelacs et feuillages, ix* siècle. Istri. Débris du

Les vestiges de lart chrétien de la première partie du Moyen Age sont encore plus rares dans la Grande-Grèce, dans la Terra d'Otranto\ dans les Fouilles. Aucune de ces villes, jadis si peuplées, ne représente un édifice qui remonte aux premiers temps chrétiens. Toute cette partie a été, elle aussi, la proie des conquérants qui se sont succédé quasi jusqu'à nos jours. Ils ont détruit les monuments qui pouvaient nous montrer les progrès de Tinvasion de lart byzantin et nous prouver qu'il y eut là aussi un centre fort important pour la civilisation gréco orientale. Mais nous savons que cette contrée était sans conteste la plus byzantine de la Péninsule. Les monuments de la seconde partie du Moyen Age, conservés en Grande-Grèce, les peintures des monastères basiliens, si nombreux dans ce coin si peu visité deTItalie, montrent suffisamment qu'il s'était formé de bonne heure une civilisation originale, tout orientale. On peut même certifier que nulle part ailleurs l'influence byzantine n'a été plus profonde. Elle n'était pas l'effet d'une domination imposée aux populations

IX* siècle encastrés dans les murs de Téglise. Deux chapiteaux avec colonnes qui devaient faire partie d'un ambon sont encore conservés (ix* siècle). Calvi. Tombeau langobard. Il a été publié par Schuitz. Les entrelacs qui décorent la bordure sont tout à fait byzantins.

La partie du golfe de Salerne ne possède aucun monument intéressant. SoRRBNTO. L'église possède une plaque avec une ornementation byzantine. Ravbllo. Cathédrale, plaque de chancel, feuillages à plat et claire-voie. Il faisait partie d'un ciborium, mais il a été employé par les Cosmati qui ont placé des émaux dans les petites arcatures. Palazzo Ruspollo: petit autel du X* siècle. La table est supportée par quatre petites colonnes. On peut voir encore des fragments de la décoration de Téglise : paons avec entrelacs, ix* siècle. La Scala. Église de S. Catherine, Colonne avec une base décorée de feuilles plates et d'une petite bordure byzantine. Trani. Un devant d'autel reproduisant la décoration plus ancienne: oiseaux affrontés. Ils ont des tètes de femmes. Le dessin est assez grossier. Il doit être du xi* siècle. La Cava. Une série fort intéressante de mosaïques reproduisant des dessins orientaux. Nocera supbriorb. La cuve baptismale a conservé des plaques de marbre. Les unes sont décorées de croix inscrites dans des cercles, les autres de losanges avec des roses. Le travail peut être du vi* ou du vu* siècle.

I . Brindisi. Musée. Débris de chancels, ix* siècle, oiseaux et rinceaux de feuillage. Deux chapiteaux fort curieux : l'un possède des béliers affrontés dans la partie inférieure, des entrelacs et des rinceaux de pampre avec grappes de raisin; l'autre des feuilles d'acanthe très déchiquetées. On s'est servi de bornes mi.lliaires pour sculpter ces chapiteaux. Deux autres ont une décoration végétale : pommes de pin, crossettes, enfin un dernier possède des animaux affrontés.

soumises. Ce pays était depuis de longs siècles étroitement lié avec l'Orient. Le vainqueur ne se présentait pas comme lennemi

de la vieille culture, il ne venait pas détruire Tesprit national, mais bien au contraire resserrer davantage les liens qui les unissaient à la civilisation byzantine. L*étude des peintures conservées encore dans les grottes des monastères nous prouve Texistence d'un art populaire vraiment oriental. Celui importé par les Angevins ne fut qu'un art officiel, sans aucun lien avec le passé. L'art local plus modeste n*en continua pas moins d'exister, mais dut vivre obscur, quelquefois à Técart. Il se réfugia souvent dans les sanctuaires populaires et sa longue existence prouve la fidélité de ces populations à la culture byzantine.

L'ornementation des églises de cette partie de l'Italie du xii^ jusqu'au xiv® siècle conserve encore le souvenir de cette décoration. Elle s'étale sur les murs extérieurs des cathédrales, elle se fait jour sur les chapiteaux des colonnes, aux fenêtres des édifices religieux. Elle dédaigne comme autrefois, la ronde bosse, sculpte à plat les anciens motifs décoratifs. C'est encore l'entrelacs, la branche de vigne sortant du vase, les paons affrontés, en un mot toute la grammaire orientale déjà oubliée parles populations septentrionales de l'Italie.

A mesure que nous avançons vers le nord de la Péninsule nous trouvons des traces plus nombreuses de cette période artistique. Ancone^ Rimini,Bagnocavallo près de Ravenne, Ferrare, Pa-

I. Anconb. Église de la Miséricorde : parapet d^ambon avec inscription qui indique la date. Elle mentionne le pape Sergîus I (687-701). Quatre plaques avec entrelacs, feuillages sortant d*un vase. Des arcatures divisent la surface à décorer. Cf. Rohault de Fleury, La Messe* III, pi. CLXXX. Dôme. Musée qui est dans la crypte. Deux plaques décorées d'entrelacs. Une autre est encastrée dans le mur de Téglise du côté du Nord-Ouest. Il faut mentionner aussi la belle mosaïque du pavé de Pabside. Cf. Kraus, Geschichte der christl, Kunst, fi g. 2^2.

RiMiNi. Musée. Deux plaques de chancels du vi* siècle: croix dans des carrés. Cf. Rohault de Fleury, /.c, IV, pi. CCXXI. On voit encore dans ce musée chrétien si intéressant un certain nombre de fragments de cancelli, un autel, etc., qui attestent Tinfluence byzantine dans cette contrée. Autre plaque. Rohault de Fleury, /. c, pl. CCLXXXII. Vase d'où sortent des branches. Cf. cassette d'argent décorée de croix. Ibid^^X .pl. LUI. Fragment d'un ciborium du viii* siècle. Cf. Ibidem. II, pl. XCV.

Fbrrarb. Université. On trouve dans la cour une croix provenant d'un ambon de Voghenza ; pampre, entrelace paon, grappes de raisin, viu* sièclef

doue* et enfinVenise* conservent encore des œuvres qui certifient

et deux lions auprès de l'arbre de vie. On y voit aussi deux colombes, serpents et paons. Cf. Rohaultde Fleury, /. c, III, CCLXXII, vin* siècle.

Un autre dans le même cloître pourrait appartenir aune époque antérieure, c'est celui de la famille Bebi. Cf.Alinari, PAo^, n* 14978. Il a été complètement transformé au xiv* siècle.

X. Padoub. On trouve daps le Musée Civique quelques fragments de transennes décorées d*entrelacs et une série intéressante de mosaïques. Dans le cloître de S. Antoine on peut voir qu'au xi* siècle on scultpai t des sarcophages ornés de motifs gréco-oriqntaux, branche de vigne sortant du vase. Cf. Cattaneo, /. c, p. 391, dg. 168.

Baqnocavallo. Dans Téglise S.Pierre, non loin de cette localité, se trouve un ciborium du viii* siècle dont il reste encore les deux archivoltes. Cf. Cattaneo, /. c, p. 107, ûg. 50, entrelacs, petites crossettes, feuillages plats; le second est décoré d'entrelacs avec des animaux qui becquètent des rinceaux de pampre. On y voit aussi une croix avec des roses. Cf. Rohault de Fleury, La MessCf I, pi. XXXi, signale un autel qui pourrait être de la fin du VI* ou du VII* siècle.

ViCBNCB. Musée. Chapiteau du viii" siècle. II faut signaler aussi un fragment de pluteus, Croix avec entrelacs, feuillages et grappes de raisin. Palais Orgian. On remarque une arcature semblable à celle de S. Marie in Valle à Cividale : croix, entrelacs, agneau portant une croix. Des roses et des colombes ornent la seconde travée, viii* siècle.

VéRONB. Musée. Fragment d'un pluteus, deux chapiteaux intéressants : croix avec le monogramme, personnage dans un médaillon. Cf. Cattaneo, /. c, p. 104, fig. 47, VIII" siècle. Deux colonnes qui ont appartenu à un ciborium de S. Giorgio di Valpolicella. Elles portent des inscription s. C'est le magister Ursus cum discipulis suis Juvtntino et Juviano qui l'a construit. Dans la petite église de S. Georges, non loin de Vérone, on peut voir encore ce qui reste de ce ciborium. Cf. Cattaneo, /. c, fig. 37, entrelacs, poissons et crossettes. L'auteur croit, sans nous donner aucune preuve, le sculpteur Ursus d'origine grecque.

ViLLAifOVA. L'église S. Pierre, avec quelques chapiteaux, nous a conservé un pluteus. La décoration de ce pluteus est formée d'entrelacs, d'une croix avec tresses et deux paons affrontés. Cattaneo, /. c, fig. 108.

2. Vbnisb. Nous ne pouvons donner le catalogue complet des œuvres qui existent encore à Venise et qui prouvent #es rapports fort étroits avec l'Orient, dès la première partie du Moyen Age, au moment où les habitants des lies voisines vinrent y chercher un refuge. Ce travail dépasserait les limites de ce mémoire. Les sculptures de cette époque se trouvent éparses soit dans les églises soit dans le musée Correr. Elles avaient attiré l'attention des archéologues vénitiens. Selvatico, Sulla architettura et suUa scultura in Vene:{ia. a décrit certains fragments, mais Cattaneo a relevé avec soin les erreurs du savant historien, dans son ouvrage souvent cité. Il a donné un certain nombre de sculptures, cf. fig, 1^9, 140, 141, 142, 14^, 144, 145, 146. Enfin Rohault de Fleury dressa un petit catalogue des transennes qui servent aujourd'hui de cancclli aux tribunes de S. Marc. 11 faut lire avec une grande prudence ce travail, car l'auteur attribue au vi* siècle des œuvres du xi% sans se rendre

leur soumission à Tart byzantin. Venise fut surtout un des centres les plus importants pour la civilisation médiévale. C'est par elle que pénétra en Italie, en France et en Allemagne [la culture orientale. Les lies voisines, Murano, Torcello, Grado, sont les premières

compte que les architectes et les sculpteurs qui ont construit à des dates différentes la basilique ont été toujours en contact avec le passé. Des dessins de transennes du vi* siècle ont servi de modèles aux artistes du xi*. Celles indiquées parRohault de Fleury comme appartenantau vi* siècle, cf. La Mcsse^ I, p. 8j, 85, 87, sont bien plus récentes. On éleva pendant tout leMoyen Age des margelles de puits ; nous en possédons encore un grand nombre. Cf. Cattaneo, /. c, iig. i^-i$5. Alinarien a photographié .quelques types: Photog,, n** 135$^, 13554. Naya aussi, cf, Photog,, n^ 21^1, 2152,21?^, 2146, etc. Ongania les a gravées. Sa belle publication de la basilique de S. Marc donne la série complète de toutes ces margelles des ix"-xvi* siècles. On peut voir par rétude de ces monuments, combien Venise était byzantine. La ville des doges conserve encore plusieurs sarcophages. Pour ces derniers, cf. Cat* taneo, /. c, p. 57, fig. 17 (vu* siècle). Celui de TégliseS. Jean et S. Paul, VII* siècle. Cf. aussi p. 98, pi. 42. La petite fenêtre décorée d^entrelacs près du pont délia Frescada, cf. Cattaneo, p. 67.

MuRANo. Musée du municipe. On y voit un fragment de ciborium avec entrelacs du X* siècle qui provient de Téglise S. Donato, on lit Johannes ; puis les sculptures suivantes: i* plaque de chancels: rinceau de feuillages et as de pique, petits cercles entrelacés. 2* Croix dans une petite arcature avec entrelacs, fin IX* siècle. 3* Provenant du cimetière de S. Donato, petite arcature plein cintre, décorée de fleurs, cercles, entrelacs. 4* Croix grecque ornée de points, IX* siècle. 5* Sarcophages, avec un simple entrelacs, ix* siècle. 6* Débris de chancels, x* siècle. 7* Fragment de transennes : croix dans une arcature avec deux palmettes ; 8* Croix qui a encore les motifs décoratifs byzantins et qui montre la suite de ce style, xii* siècle. Église S. Donato. Abside (extérieur) fragments encastrés d'une époque plus ancienne, rosaces, entrelacs, x* siècle. Sur les bas-côtés on peut voir encore des fragments de transennes : branches, entrelacs avec arcatures ornés de crossettes. Chapelle du baptistère : tombeau byzantin, croix, entrelacs et rosaces. Toute une série de débris de sculpture avec feuillages à plat : entrelacs, crossettes, plaque de chancel : vase d'oîi sortent des feuillages surmonté d^une croix. Autre fragment : entrelacs. Cf. Rohault de Fleury, La Messe^ll, pi. XCV.

ToRCRLLO. Musée. Quelques chapiteaux qui pourraient être attribués au IX* ou aux* siècle. On y voit aussi des fragments de Tancienne décoration des églises: entrelacs, ix* siècle. Cattaneo établit pour Téglise deux périodes de construction L'une au vii* siècle, où on aurait élevé la grande abside etja nef avec les bas-côtés, et (vers 864), on aurait bâti la crypte et les deux absidioles. La mosaïque fort intéressante, du xii* siècle placée sur la porte d'entrée représente le Jugement dernier. L'iconographie est toute byzantine. Il y a encore encastré dans les murs extérieurs des fragments de chancels. Cf. Cattaneo, /. c, fig. 157. IX. Plaque à S. Fosca.Cf. Naya, PAoto^r.,2210, entrelacs» as de pique, palmettes, etc. Un certain nombre de plaques intéressantes ont été utilisées pour le presbyterium et pour Tambon de Téglise du dôme*

8o UN HISTORIEN DE LART FRANÇAIS

étapes de cette invasion et nous avons éprouvé en les parcourant la même impression que nous avait faite la partie méridionale de

Cattaneo, /. c, fig. i6;, 164, 165, 166 y veut voir un travail de Tan .1008. Cette date est bonne pour un certain nombre, mais pour quelques fragments de Tambon, je les croîs d'une date antérieure, peut-être du ix* siècle. Cf. Naya, PhoLt n* 2206. Rohault de Fleury les attribue, sans preuve, au vii*siècle. Cf. La Messe, III, pU CLXXIX.

Grado. Dôme. Fenêtre avec carrés entrelacés ajourés. Cf. Jackson, Dalmatia the Quarnero andistria with Cettigne in Monténégro and the Islandof Grado. vol. III, p. 420, fig. 128, la mosaïque qui sert de pavé à ta basilique répète les motifs décoratifs : as de pique, rinceaux de feuillages, vases, etc. La cathedra actuelle est formée d'anciens débris d'un prcsbyterium du ix" siècle: rosaces, entrelacs, petites crossettes, cf. 129-1^0. On trouve dans Tatrium, derrière Téglise, une série de sculptures : fragments de transennes ayant servi à un ambon : entrelacs, paons, rinceaux de pampre. La cathedra de marbre donnée par l'empereur Héraclius au patriarche de Grado se trouve aujourd'hui dans le trésor de Venise. Cattaneo la date du commencement du VII* siècle. Cf. /. c.,p. 67, Selvatico, L c, p.44 , lui assigne le x-xi* siècle. Moltnier. Trésor de la basilique de S, Marc, p. 67, se réserve et ne donne aucune date. Je la crois après examen du vii« siècle.

Baptistère. On y voit une cimaise : cercle à six rayons et feuilles plates.

Nous allons énumérer rapidement les fragments d'anciens chancels, d'ambons, de ciboria que nous avons trouvés dans le centre de l'Italie. Le monastère de Grottafbrrata tout près de Rome fournit un certain nombre de sculptures du viii*-ix* siècle. C'était un cloître grec.

Orvieto. Musée. Deux plaques du ix* siècle, croix avec colombes, et un devant d'autel avec entrelacs. Cf. Rohault de Fleury, /. c, I, pi. LXII. Il y a aussi un pluteus clécoré de vignes, entrelacs, poissons et oiseaux.

Narni. Église S. Oreste. On peut y voir un autel et un certain nombre de transennes, datant du ix* siècle. Leur décoration se compose de croix grecques, avec entrelacs et roses, enfin des palmettes et des cercles garnis d'entrelacs. Cf. Rohault de Fleury, /.c, I, pi. LXVI, donnant la représentation d'un autel orné de la même décoration,

Spoleto. Le clocher du dôme possède» encastré sur le mur, une plaque décorée d'entrelacs très fins, avec des roses et des feuilles déchiquetées. Cf. Cattaneo, /. c, p. 1^4, fig. 74. Une transenne se trouve dans le d6me ornée d'entrelacs et du signe en S, elle est peut-être du vu* siècle. Cf. Rohault de Fleury, /. c, II, pi. CXXI. On y voit encore un bas-relief fort curieux. C'est un des rares morceaux qui nous donnent une représentation figurée au viii* siècle. C'est un souvenir de la première école de Ravenne: saintes dans des arcatures.

Ferbntillo près de Spoleto. Autel du Vut'* siècle portant Tinscription Ursitsfccit... Rossi croit que c'est le même artiste à qui l'on doit le ciborium de Valpolicella près Vérone, mais après examen, on peut voir combien il lut est inférieur. Nous n'avons pas ici de relief, les ornements sofit placés sans ordre, en un mot le travail est tout À fait grossier. Inutile de dire que Tornementation est toute gréco-orientale : ci'oix, feuillages, cercles, entrelaCs,

LOUIS COURAjOi) Sr

rltaliè, de la terre d' Otratite, de la Grande-Grèce. Nous avons là encore lin milieu, converti dé très bonne heure à la icivilisation

orantes avec colombes. On remarque encore une plaque avec l'étoile à six raies, Phélice, Tas de pique. Cf. Rohanlt de Fleury, /. c, I, pi. LVIII.

PéROUSB. Musée. Fragment du ciborium de Péglise S. Prosper. Cf. Ro^ hault de Fleury, /. c. II, pi. LXXXVIII. On possède encore les quatre colonnes qui soutenaient Tarchivolte: roses, étoiles, palme sur la plaque. Un des chapiteaux est dessiné dans Touvrage de Cattaneo,/. c; p. ih> fig* 79*

OsiMO. Dôme. Tombe d*un évèque contemporain du pape Hadrien (773-795): grappes de vigne et le vase à deux anses. Cf. Cattaneo, /. c, p. ih-

Albrrga. Cf. Cattaneo, /. c, p. 1^2, fig. 72. On s'est servi d'anciennes plaques de chancels pour faire une tombe» nous avons aussi un archivolte qui a dû appartenir à un ciborium : roses, arbre de vie, entrelacs, croix grecques, etc. Il est fort intéressant et peut bien remonter au viii* siècle.

Trévisb. Chapiteau du ix* siècle dans la crypte du dôme. Cf. Cattaneo^ /. c, Hg. 109. Musée. M contient des transennes avec entrelacs et arcatures du IX* siècle et un fragment de pilastre, croix avec entrelacs. On y voit aussi deux demi-colonnes avec des entrelacs compliqués du vu* siècle, fin.

Aquiléb. Les marches de la cathedra ont conservé des fragments du iX* siècle : entrelacs, roses, palmettes. Jackson, /. c.« 111, p. 400, fig. 12^.

CiviDALB. Musée. Fragment d'un ciborium du viii* siècle et quelques dé- , bris de chancels du ix*. Les églises doivent remonter à Caliste, patriarche d'A* quilée. Obligé de quitter cette ville, le digne prélat vint se réfugier dans la ville des ducs langobards en 7^7. Le baptistère est octogonal. Cf. Cattaneo« /. c, iig. 84. Une inscription dit qu'il fut élevé sous Calîste, Luitprand étant roi. La décoration a subi bien des restaurations, jnais l'étude attentive des motifs décoratifs montre l'union étroite de cet art avec celui de l'Orient. On ne peut donc pas séparer la décoration grecque de l'ornementation lombarde » L'étude des monuments de Ravenne et des édifices byzantins peut nous montrer ses origines. Le travail des chapiteaux est tout à fait oriental. La feuille d'acanthe est sèche, mais finement sculptée. On voit encore quelques restes de l'ancienne décoration gréco-romaine : oves, perles, mais ce qui domine avant tout, c'est le symbolisme des temps primitifs d'origine orientale : co-^ lombes, paons, cerfs, griffons ailés, lions quj veulent dévorer des lièvres. Ces motifs très fréquents en Orient sont le premier exemple du bestiaire que nous retrouverons sur les monuments romans. Cf. Cattaneo, fig. 5;, ^4 et pp. 85, 86, 87. Fragments des plaques des chancels du baptistère ; on a cherché à combiner des parties plus anciennes et à les raccorder tant bien que mal : fleurs de lys, rosaces à six raies, as de pique, entrelacs. On y voit aussi les symboles des évangélistes dessinés par des mains barbares. Cf. Cattaneo, /. c, flg. ^5. Dartein avait consacré une étude particulière à ces monuments. Cf. Étude sur l'architecture lombarde, p. 85 ; cf. Cattaneo, /. r., fig. ^6. Une autre plaque est fort intéressante, mais de date plus récente (762-776): griffons empruntés h l'art sassanide à côté de l'arbre de vie. Ce motif se retrouvera sur nos étoffes pendant le Moyen Age. On y voit aussi la croix avec entrelacs, la palmette haute, en un mot les motifs décoratifs gréco-orientaux. Dans l'église de S. Martin existe encore un autel ; il est daté. Le roi Ratchis (774-749) le fit élever* On peut constater la décadence profonde de la statuaire : Christ bénissant, à

byzantine. On peut voir ansai que la culture orientale, apr6s s'6tre cantonnée dans les territoires delalDalmatie et de Tlstrie, a débordé

ses côtés deux anges aux ailes éployées et parsemées d'yeux. On y voit ensuite la Visitation d'Elisabeth et Tadoration des mages. L'autre partie est décorée de deux grandes croix ayant au centre une rose à six raies et des losanges. Un cercle à cinq rayons, des entrelacs déjà plus mouvementés indiquent bien l'origine de cette ornementation. Cf. Cattaneo, /. c, (ig. ^7, Une autre plaque placée près du baptistère appartient au ix* siècle. Sa décoration se compose de : feuilles de pampre, d'entrelacs, de croix. L'église S. Marie in Vaile contient aussi des sculptures assez intéressantes. Cf. Cattaneo, /. c, fig. ^8. Sa date est indiquée (762-776), même décoration : hélice, rinceaux à plat, fleurs de lys, rosace avec l'étoile à six raies. On a encastré dans l'église des fragments qui peuvent appartenir au vin* siècle. L'ornementation provient du même courant oriental, étoiles à six raies, etc. Cf. aussi des plaques de chancels du viu* siècle. Cattaneo, i. c, fig. 79, entrelacs arbre avec grappe de raisin, oiseaux qui les becquètent, entrelacs déjà plus enchevêtrés. Fragments d'un ciborium. Cf. Cattaneo, /. c, fig. 40 : roses avec entrelacs, signe en 5, animaux, avec une bordure plate. D'autres fragments se trouvent dans l'église, des chapiteaux intéressants me paraissent être du ix< siècle. Cattaneo ena donné deux. Cf./. c, fig. 41, crossettes, étoiles à cinq rayons, spirale, palmettes hautes. On peut voir que rien n'est ici gréco-romain. C'est une interprétation différente.

Tribstb. Musée. On y trouve quelques chapiteaux du viii* siècle. Cf. Cattaneo, /. c, fig. 41, fragments de plaque avec entrelacs et tresses, colonnes d'un ciborium. Le jardin public conserve encore certains fragments des VIII* et IX* siècles: entrelacs, as de pique, etc. Dôme. Les chapiteaux sont fort curieux. Le dessin accuse le genre byzantin. Cf. Jackson, /. c, III, fig. 117-118.

MuQOiA VBCCHiA. On y voit quelques plaques de chancels qui peuvent remonter au IX* siècle. Cf. Jackson, /. c. Ili, p. ^75, fig. 121, entrelacs et tresses .

PARiNzo.Dôme. Les chapiteaux de l'atrium sont tout à fait byzantins. On se croirait à Ravenne. L'abside de l'église a conservé aussi ses chapiteaux fort intéressants. Cf. Jackson, /. c, pi. IX. On peut voir la cathedra dans l'atrium: entrelacs et croix. Je les crois du viii* siècle et non du ix*, comme Rohault de Fleury les indique, cf. Messe^ I, p. LXI.

PoLA. Église de S. Marie de Canneto. Dalle où se trouve sculptée une croix dans une arcature. Elle est garnie d'entrelacs et deux palmettes sont au bas (ix« siècle). On trouve aussi des chapiteaux qui peuvent avoir servi à un ciborium. Ils sont garnis de petites feuilles plates. Cf. Jackson, /. c, II, p. joi, fig. 105. Musée. Certains fragments du ix* siècle, belle plaque avec colombes et entrelacs, chapiteaux aussi du ix* siècle. Jackson, /. c, p. 6ç. Dôme* Sur sa façade figure une plaque de marbre où sont représentés des paons, colombes avec le monogramme. Une inscription donne l'année 8^7. C'est sans nul doute comme le croient Kandler, Istria^ p«40| et Cleva, Notifie sioriche del Duonw di Pola. Attl et memorie, 1884, la tombe d'Andegise, évèque de Pola. Des fouilles faites en 1884 dans le chœur de l'église ont mis au jour un certain nombre de fragments qui ont dû servir soit à un ambon, soit auxcancelli du

de tous les côtés et envahit les villes plus au Nord, c'est-à-dire Milan, Brescia, Pavie, Cômc, Bergame, etc., grâce à l'influence des artistes lombards V

presbyterium : croix avec entrelacs, lion tenant un livre (symbole de S. Marc). Cattaneo. /.c.,fig. izo. donne une plaque qui appartient peut-être à Parchivolte d'un baptistères semblable àceluideCidivale: entrelacs, rectangles entrelacés, IX* siècle. Il y a encore d'autres fragments dans Téglise, des plaques de chancels: vigne sortant d'un vase, colombe, agneau portant une croix. Cf. Pulgher, Rtla\ione ed iUustraiione di alcuni cimeli ritropati negU scaifi dei Duomo di Pola. Attt et memone délia Società Istriana di Archeologia e Storia Patria, 1884.

OssBRO. Cattaneo, /. c, p. 18;, mentionne une ancienne cathedra qui possède des plaques décorées de rosaces, d'ehtf'elacs.

Arbb. On trouve dans Téglise un ciborium fort intéressant. Il a conservé des fragments du ix* siècle: entrelacs, roses dans des carrés, animaux symboliques.

NoNA. L'Église S. Croix, contient encore une architrave avec des rinceaux de feuillages à plat, croix dans des entrelacs. Cf^ Jackson, /. c, I, fig. 2.

NovEGRADi. Cf. Cattaneo, /. c, p. 185, indique des plaques avec colombes becquetant des grappes de raisin.

Zara. L'Église S. Donato conserve sur la porte d'entrée une archivolte qui peut être du ix* siècle. Musée, plaque avec des cercles, paons; autre fragment avec entrelacs. Cf. Jackson, /. c, I, pi. Vlil. Les cancelli du clocher de S.Marie sont encore dans la donnée byzantine. Cf. Ibidem^ I, p. 505, fig. 10, palmettes aux architraves de l'église copiées sur des monuments plus anciens.

Spalatro. Le baptistère, contient un fragment du ix* siècle, cercles avec étoiles, roses et oiseaux. Cf.Jackson, /. c, II, fig. 69.

Raguse. Le dôme possède un sarcophage avec croix dans des arcatures et palmettes. Jackson, /. c, I. pi. I. Cattaneo, /. c, p. 184, mentionne une plaque du ix« siècle, entrelacs et fleur de lys avec croix.

Cattaro. On trouve dans Téglise l'archivolte d'un ciborium avec inscription ; entrelacs, animaux, demi-cercles entrelacés. Cf. Cattaneo, L c», iig« m, cf. S. Lorenzo in Pesenatico, dont l'église conserve encore des chapiteaux fort intéressants: palmettes et crossettes. Jackson, /. c, III, p. ^7* ^g* xi4f entrelacs aux fenêtres, fig. 115.

I. Brescia. ix* siècle. On trouve dans la crypte de San Filastrio toute une série de chapiteaux de différentes époques. Il y en a quelques«uns du VIII* siècle. Cf. Cattaneo, /. c, p. 120, fig. 60. L'église de S. Salvatore nous offre certains chapiteaux qui peuvent être du viii* siècle. Cattaneo donne la date 75 j. Cf. ibidem, l. c, p. 122, fig. 6a. Musée. On y voit de nombreux fragments provenant de l'église de S. Salvatore, pilastres décorés d'entrelacs, de rinceaux de feuillages, de marguerites. Cattaneo, /. c, fig. 65* 66, viii* siècle. Un très beau fragment d'ambon : paon avec entrelacs, viii" siècle. Des architraves plus anciens ont servi à des chancels, À des ambons. Cf. aussi Cattaneo, /. c, fig. 67,68.

CÔME. Un grand nombre de fragments retrouvés lors des réparations faîtes par Boito. Cet archéologue leur a consacré une monographie, mais il ne les a pas rattachés à l'influence gréco-orientale. Il yen a quelques-uns d'une très grande richesse. Cf. Boito, ArchiUHwra dil Medio Evo in Italia, p. i. Ils sont du

Ce catalogue sommaire des œuvres que possède encore Fltalie nous montre que dans toute la Péninsule il y eut, à partir du vn« au IX' siècle, un art sensiblement le même qui se rattache étroitement à Byzance, La Toscane, !a Ligurie n*ont pas échappé à ce goût si répandu. Les villes de Pérouse, d'Assise, de Fiesole, de Pise, etc., ont gardé encore les traces assez importantes de cet art\ Il faut cependant reconnaître que la décoration orientale perdit sa beauté plastique, à mesure qu elle s'avançait vers le Nord ou qu'elle était copiée par un artiste local.

IX* siècle. On en voit encore sur la façade. Cf. Cattaneo, /. c, p. 188-189, fig. 114-11$. Cf. RohauUde Fleury, l. c, III, pi. CCXXXVI.

Milan. S. Ambroise, Sur la porte de TégUse on a encastré un grand nombre de fragments de chancels: rosettes, entrelacs, grappes de raisin. Sur celle du milieu, six fragments décorés d'entrelacs. Cattaneo en reproduit un exemplaire, /. c, p. 197* <ig« 117. Us me paraissent du ix* siècle. On peut voir encore sur la cathedra de S.Ambroisedes sculptures du ix* siècle : entrelacs avec deux livres. Cf. Cattaneo, /. c, p. 201, ilg. 120. L'autel de S. Satire a conservé encore une plaque fort intéressante, décorée d'entrelacs avec grappes de raisin renfermées dans Tas de pique, motif décoratif fort goûté au IX* siècle. Brogi a donné la reproduction de ces principales sculptures. Cf. Cattaneo, /. c, p. 201, fig. 119. S. Laurent possède une plaque de chancel : vase d'où sortent deux branches entrelacées, vi* siècle. Cf. Rohault de Fleury, AfMW, IV, pi. CCLXXIII. S. Vincent in Prato . 0\Xe église fut fondée par le roi des Langobards Desiderius, vers 780. Elle possède encore deux chapiteaux du viii* siècle. Cf. Cattaneo, /. c, fig. 59. 11 serait nécessaire de grouper tous les chapiteaux de ces époques qui existent soit en France soit en Italie, pour pouvoir nous rendre compte de la décoration à l'époque franque. Musée Brera. Il est très important. On y a placé tous les fragments de l'église d'Aurona» Une inscription donne le nom de l'archevêque Théodore, vin* siècle. On y trouve un certain nombre de pilastres; de chapiteaux, etc. Leur décoration est tout orientale: entrelacs, feuillages, croix à perles, grappes de raisin, etc., la composent. Cf. Cattaneo, qui en adonné un certain nombre, fig. 56, $7, 58.

MoNZA. S. Jean. L'église conserve un pluteus : roues à six rayons et croix. On y voit la décoration au pointillé que nous retrouverons sur les bijoux francs. Cf. Cattaneo, /. c, p. 461 fig. 11. Sur tes fioles que possède le trésor de l'église et qui ont servi à contenir des reliques, on peut voir un clborium avec ses chancels, vi« siècle^ Cf. Rohault de Fleury, Messe, II.

pi. XCIII.

pAVti. Palais Malaspina. Il y a un certain nombre de sarcophages qui ont reçu une ornementation gréco-orientale. La tombe de Theodata est datée 720. Lions affrontés, arbre de vie, poissons, entrelacs, paons, vase surmonté d'une croix, etc., fornient la décoration de ces sarcophages. 11 y a d'autres fragments décorés de cercles, roses, croix, entrelacs. Cattaneo en donne une représentation, ^ c, p. 129, fig. 69.

I. Assise. Nous avons une preuve qu'en cette ville existait une église décorée

. Ces églises nombreuses, situées sur le sol italien et qui attestent la propagande de cet art, ne sauraient pourtant eiî expliquerla genèse. En d'autres termes, quelle est la nationalité de ces rtistes qui ont créé ces monuments ) Sont-ils l'œuvre d'ouvriers nomades qui venaient en Europe portant des objets déjà préparés ou chargés d'exécuter des travaux commandés } Y eut-il des centres tout particuliers de propagande? La conversion des Goths à Tart byzantin avant même leur séjour soit en Italie soit

en Gaule ne peut donner une explication satisfaisante de cette influence. M. Courajod, pressé par le temps et surtout désireux

d'étudier la période gothique, ne consacra à ces recherches historiques que quelques leçons. Notre ami avait constaté la diffusion

d^ornements gréco-orientaux. S. Marie des Anges conserve encore une plaque d'une décoration très originale. Dans des arcatures ornées d'entrelacs sont placées des croix qui ont de chaque c6té des palmettes sur lesquelles sont -posés des paons. Cf. Cattaneo, /. c, p. 168, fig. loa.

Florbncb. Le musée provisoire de Fiesole a conservé encore un certain nombre de fragments ornés d'entrelacs qui prouvent la présence d'une église au ix* siècle.

PiSB. Nous n'avons trouvé que deux débris de plaques de chancels encastrés dans les murs du d6me. Leur décoration est Pentrelacset peut remonter au viu* ou au ix* siècle.

BoLOGRB. Musée. Un certain nombre de croix qui conservent encore la décoration gréco^orientale. D'autres, qui appartiennent à des églises voisines, ont été moulées. On a utilisé pour la tombe des Foscherari, place de S. Dominique, un reste de ciborium. Cf. Cattaneo, /. c . fig. 5i2, paon, petites roses, etc. Église de SS. Pierre et Paul. Sarcophage de S. Agricola. Les artistes reproduisent encore au xii* siècle la palmette, mais Cattaneo n'a pas vu que la partie centrale est seule du viii' siècle. Les animaux surtout le lion, sont toutà fait orientaux. Cf. Cattaneo, /• c.j p. 112, lîg. 54.

ModIne. Le dôme possède quelques transennes. Leur décoration se compose de croix avec entrelacs, de palmettes, de paons, etc. Ils doivent appartenir à des monuments du vin* siècle. Cf. Rohault de Fleury, /. c, llf, pi. 96, 91, 9J. On peut voir aussi dans la cathédrale un ambon, œuvre d'une époque plus récente, composé avec des fragments plus anciens, ix* siècle. ko« haultde Fleury, /. c, 111, fig. 21. Bottolotti a publié un travail sur Ces sculptures. Cf. Diuni ambonc Modencsc, Modena, 1882. Cf. Rohault de Fleury, /. c, IV, p. 25;. Autres plaques de chancels, viii* ou peut-être du ix* siècle : entrelacs avec ihscriptions.

LiBARRA, près de Gènes. Cf. Cattaneo, i. c, fig, 71, p. i^i, transennes ornées de croix et de rinceaux de pampre.

ViNTiMiLLB. Cf. Stuckelber, LangobardUche Plastik, Zurich, 1896, fig. 2, 14, 15, 17, 45, 52, $/. L'auteur méconnaît l'influence orientale et n*a pas isolé tous les motifs décoratifs de ces chancels : il attribue àl'art barbare des Langobards^l'origine de cette décoration.

de ces motifs décoratifs, il les avait suivis dans tous les centres occidentaux et ce résultat acquis, il désira connaître les nouveaux éléments de Tart français au Moyen Age. Nous croyons cependant qu'il faut distinguer entre les époques ; aux iv* et V* siècles, les deux artsvivent en bonne intelligence, Rome et Arles, Ravenne et Constantinople, Toulouse et Vienne forment des centres bien distincts qui rayonnent sur les territoires voisins, mais, avec la chute de TEmpire, Rome perd de son importance historique et cède le pas à sa sœur à peine née. Sous Justinien, l'art byzantin se rend maître des côtes de l'Adriatique, il envahit Rome, protégé par les papes eux-mêmes de naissance orientale. Des artistes, des ouvriers grecs apportent dans différents centres la grammaire décorative de l'Orient. Enfin les Lombards, nous le verrons bientôt, vont jouer un rôle important dans ^a propagation de cette ornementation.

Nous ne pouvons admettre, comme le voudrait M. Cattaneo, l'hypothèse de nombreux ouvriers grecs venus en Italie, qui auraien^ exécuté la plupart des travaux dont nous avons parlé. L'étendue sur toute la Péninsule de cette décoration, qui arrive à devenir un art international, et qui fournit à l'Occident une ornementation, toujours la même, intimement liée à l'architecture, ne nous permet pas de croire à la seule collaboration d'artistes grecs. Ce sont sans nul doute des ouvriers byzantins qui ont sculpté les premiers chancels, les premiers ambons, etc., qui ont peut-être élevé les premières églises à coupoles les plus importantes de l'Italie dont la renommée a facilité la propagation de cette décoration, mais ces artistes n'ont pu à eux seuls exécuter tous les travaux disséminés en Italie. Il a fallu que des écoles locales se développent et acceptent les modèles transmis par eux et travaillent soit dans les évèchés, soit dans les monastères, aux édifices religieux. Il y a plus : la main de ces artistes le plus souvent malhabiles se révèle dans les œuvres du vu* au x* siècle. Elles expliquent même la profonde décadence de cet art, et montrent aussi combien était (imitée l'imagination de ces artistes. Ils n'augmentent pas le patrimoine reçu, les motifsdécorat ifs restent les mêmes, quelquesuns sont éliminés ou se répètent sans ordre et sans goût. Ils ne savent plus égayer une surface à décorer, ils entassent ces motifs décoratifs et se contentent le plus souvent de l'ornementation

géométrique. Lesanimaux affrontés, les paons d'un dessin souvent si beau et si pur disparaissent, et avec eux aussi les symboles primitifs de Tart chrétien. L*intérêt artistique de cette décoration décroît et n*offre, à la fin de la première partie du Moyen Age qu*un intérêt secondaire.

Il y eut donc un temps assez long en Italie pendant lequel la statuaire fut oubliée. Quand on se représente une église de cette époque avec sa nef décorée de mosaïques, avec son abside où les Élus de la Jérusalem céleste étaient représentés dans toute leur gloire, avec des chancels ornés d*entrelacs, de tresses, de dessins géométriques, avec ses ambons divisés en petits compartiments où des animaux étaient sculptés ; avec ses ciboria qui avaient reçu la même décoration, on peut se demander quelle était la différence d*ornementation entre l'église de TOrient et celle de la Péninsule. On croirait même que cette dernière a traversé, elle aussi, une période iconoclaste. Nous allons voir bientôt qu'il en fut de même pour la Gaule.

Page 1