‹ Un hiver à ParisChapitre 25 sur 74 · LE JARDIN DES TUILERIES · texte numérisé non relu

LE JARDIN DES TUILERIES

se pressent, aux jours de revue, déjeunes lieutenants-généraux que 1 armée reconnaît avec orgueil comme des officiers braves, habiles, et tout à fait dignes de commander : là se montrait le premier le duc d'Orléans, brave soldat, brave général, qui a joué sa vie plus d'une fois avec un grand courage; là, vous voyez encore le duc de Nemours, très- versé dans toutes les sciences militaires ; celui-là n^est à Taise qu'au milieu des camps ou de la bataille; regardez-le, il est blond, il est plein de réserves; il faut qu'il soit salué le premier pour qu^il salue ; il ressemble tout à fait à quelque beau capitaine des gardesfrançaises à la bataille de Fontenoy ; mais au premier bruit du tambour, soudain son regard s'anime, sa tête se relève, sa démarche s'enhardit. — Le soldat, qui se connaît en hommes, vous rirait au nez si vous alliez lui dire ce que disent les courtisans et les députés : que M. le duc de Nemours est fier. Quant à ce bel enfant tout rose, et dont les moustaches naissantes sont encore s^ claires et si fluettes, ne vous y trompez pas, c'est un brillant colonel qui a vu le feu à plusieurs reprises et qui a fait ses preuves en bravoure : c'est le duc d'Âumale, bon jeune homme, si gai, si heureux de vivre et d'hêtre au monde, et de |)orter une épée, des épaulettes ! Il a été élevé comme un savant; on lui a enseigné, avec toutes sortes de bons soins et de succès, les langues anciennes et l'histoire, tous les grands arts ; mais à peine a-t-il échappé aux mainsde son gouverneur, que soudain il ne rêve plus que guerres et batailles. En avant ^ marche! voilà la devise de ce noble jeune homme; on l'aime rien qu'à le voir. Si le soldat n^a pas de meilleur officier que le duc de Nemours, il n'a pas de meilleur compagnon que le duc dAumale. Aussi, la revue se passe comme se passera toujours une revue en France. Voir passer devant soi une foule de soldats bien vôtus, bien portants, bien nombreux, parés avec toute la coquetterie militaire; faire rouler des canons sur un pavé qui tremble, déployer dans les airs de fiers étendards que le vent soulève, voir caracoler des chevaux et

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les ontendre heanir, regarder loul là-bas les cuirasses qui écla(CQt au soleil : quelle fôte el quelle joie! i^ Parisien oublierait à celte conicmplalion «^Icnnelle in^me sa rvimne qui l'appelle, môme son dincr qui rallcod, môme son enfant qni joue là-bas au soleil de la Petite-Provence, et qui n'entend pas ces lambours qui battent au\ champs, ces canons qui roulcnl. ces trompettes el ces clairons.

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