CHAPITRE XX
'L2 ïiOl E)[gê J^ïli^M^j^aS.
Mais comment donc parler de Paris sans parler du roi des Français? Cest une tâche difficile, remplie d'incertitudes et de périls; Pessaiera qui pourra ou qui osera lessayer, Phistoire de cet homme heureux autant qu^habile, à qui toutes choses ont réussi, même la royauté. Pour moi, étranger dans ces luttes et dans ces mœurs, c'est à peine si j^ose indiquer aux historiens à venir cette biographie si mêlée de revers, d'aventures, d'accidénis, de bonheurs de tout genre. Cette biographie si remplie de succès incroyables, de prospérités étranges, et d'une fortune inattendue, il ne faudrait rien moins qu'Hun volume tout entier pour Pexpliquer, à la façon même de Sali us te ou de tout autre historien sobre de faits et d'anecdotes : telle est la vie de ce monarque bourgeois, qui occupe à un si haut degré Pattention de la France et de PEurope entière. Ce roi est à la fois le petit-
fils de saint Louis et le descendanl direct de la Kévoluiioii française. Il tient également à la noble race de Robert le Fort et à la Constitution de 1780. Dans ce roi qui a déjà douze ans de durée, ce qui est tout un siècle pour un homme qui ix)rte la couronne de France, couronne éphémère s'il en fut, vous trouverez tout à la fois le prince du sang royal et le bourgeois de Paris, vainqueur en 1830. L'exil, et le plus cruel exil, avait longtemps éprouvé Sa Majesté Louis-Philippe avant que le chemin de la patrie ne lui fiU ouvert de nouveau. Proscrit, fu gitif, soldat, maître d école, il avait épuisé le humani ntliil a/tenum, et il avait été supérieur à toutes ces fortunes si diverses. Cette rude éducation du malheur avait singulièrement profilé à M. le duc d Orléans : elle lui avait appris tout d'abord à ne jamais désespérer de l'avenir et de la fortune ; elle lui avait enseigné la patience, la persévérance, le courage, les douces vertus domestiques; bien mieux encore, Texil avait indiqué à M. le duc d'Orléans la vertu, Pabnégalion, les qualités admirables de sa noble femme. Grâce à tant de malheurs, la princesse Amélie avait aimé cet illustre proscrit tout d'abord; elle s'était sentie portée vers lui par un penchant irrésistible; elle et lui, avant de rentrer dans les grandeurs qui leur étaient destinées, ils avaient eu le temps de se connaître, de s'estimer, de compter, celui-ci sur celle-là, ce qui est un grand commencement pour quiconque est appelé à une couronne. Quinze années de patience n'avaient fait que grandir cette branche cadette de la famille régnante. Quinze années de travail obstiné, de popularité bien comprise, de persévérance et de modestie, c'^est beaucoup dans toutes les nations du monde, mais surtout cVst beaucoup dans un pays comme est la France. Ajoutez que cette belle et nombreuse famille dont M. le duc d'Orléans était le père, avait jeté son nom dans toutes les familles et dans tous les cœurs. Ses enfants étaient les contemporains et les condisciples de tous les jeunes gens de la France nouvelle ; ils étaient nés quand rEm[)ire était on train do tomber, ot ils s'avançaient