CHAPITRE XXIII
LÉ TWiS^WiiS.
Mais j'oublie que je ne suis pas à Paris pour pénétrer dans les mystères de la politique. Assez d^autres vous parleront sans moi de ce qui se passe dans le palais des rois ; nous sommes venus pour vous instruire, avant tout , dans les mœurs, dans les élégances, dans les joies décevantes de la grande cité parisienne. Là est notre œuvre. N'oublions pas nos bons et loyaux compagnons de route, le peintre qui dessine et le graveur qui reproduit l'œuvre du peintre; essayons donc de pénétrer tous les trois dans quelques-uns des mystères de cette immense capitale du goût, de Part, de la forme, de Tespril, du bon sens. La Chambre des Députés , à la bonne heure ; le château des Tuileries , je le veux bien; mais cependant , à Paris même, il est un lieu où, le soir venu, toute la foule se précipite, j'entends la foule belle et parée, lé monde des heureux et des riches, le
tGO UN HIVER A PARIS,
monde oisif qui ne sait comment tuer la vie , et que le jour do demain surprend tout d'un coup comme un accident imprévu. Ce rendez-vous de la fôlc parisienne , ce rendez-vous de chaque soir, c'est l'Opéra, c'est le Théâtre-Italien. Allons à l'Opéra tout d'abord. C'est un grand monument auquel rien ne manque , excepté une façade ; c'est un théâtre perdu entre trois ou quatre passages qui l'entourent de toutes sortes de marchandises , marchandises de beaucoup d'éclat et de peu de valeur. La salleest immense ; l'or et la lumière, ces deux bases fondamentales de toute fôto publique, éclatent et brillentde toute part. A peine arrivées dans celte riche enceinte, le premier soin des belles spectatrices est de prendre la pose la plus favorable à leur beauté. Chacune montrecequ'ellea.sonbras, sa main, sablancheépaulcj et pendant queles femmes se montrent, pendant que les hommes les re-
gardent, tout à coup s'élève du sein d'un orchestre formidable quelque une de ces savantes partitions que je n'ai pas besoin de vous décrire, car une fois adoptées à Paris, elles font le tour