‹ Un hiver à ParisChapitre 46 sur 74 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

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Après TOpéra, qui tient de près ou de loin à toute la vie du Parisien , ce que le beau monde de Paris préfère à tout autre plaisir, — vous allez sans nul doute crier à l'invraisemblance, — c''est une cérémonie religieuse, mais une belle cérémonie, quelque chose qui se sente de la pompe et de léclal dramatique; un enterrement^ par exemple, un mariage, ou, mieux encore, un sermon. Il y a à Paris telle église que l'on vous cite pour Téclat de ses lumières, pour les parfums de son encens, pour la belle voix de ses chantre?, pour le nombre de ses enfants de chœur. On vous parle des dentelles de M. le curé, de la richesse de ses ornements et de la broderie de son surplis, comme on parlerait des châles et des robes d'une grande coquette. Que voulez-vous? léglisene veut pas être abandonnée

pour le théâtre; elle se défend de son mieux, et inùme avec les armes mondaines. Vous voulez des chants, de la musique, des comparses, de belles dames, de grandes toilettes, de beaux acteurs : vous en aurez. L'église deviendra un théâtre, la chapelle un boudoir; on vous bâtira tout exprès de petits temples bien profanes à Tusage des petites-maîtresses du quartier de la Chaussée-d'Antin. mes frères les Américains, si pédants et si raides! ô mes cousins germains les Anglais, qui célébrez avec une tristesse si pleine de faste le saint jour du dimanche ! faites-moi l'amitié d'entrer dans une de ces maisons de Dieu, où tout est disposé pour la fête des yeux. C'est un grand jour; les cloches ont sonné dès le matin. Dès le matin, messieurs les suisses ont revêtu leurs grandes livrées, messieurs les huissiers ont paré leur cou superbe de la chaîne d'argent; toute l'église est couverte de tentures, de candélabres tout chargés de bougies; 1 enfant de chœur est habillé de blanc, les lévites sont revêtus de leurs plus beaux habits. Peu à peu arrivent à la suite les plus aimables dévotes de ce quartier, peu façonné à la dévotion. La rue se remplit de chevaux et de voitures, l'église se remplit des plus belles catholiques et des plus jolies. Or, partout où il y a des femmes, arrivent les hommes nécessairement. Pour Téglise, le costume n'est plus le même qu'à l'Opéra : la robe est moins éclatante, le corsage est moins découvert, on ne va pas la tête nue ; à la bonne heure; mais aussi que de frais chapeaux, que de velours, que de broderies ! On se regarde, non pas face à face, mBis de côté ; on ne parle que tout bas, on se salue avec componction. C'est toujours le même monde, mais à ce moment-là il joue un autre rôle : il joue au jeu d'entendre la messe ou de chanter les vêpres. Dans quelle atmosphère êtes-vous.? Vous n'en savez rien vous-même. Les mille odeurs qui remplissent le lieu saint ne ressemblent en' rien à l'encens que brûlent les prêtres. I^ patchouli >, l'eau de Portugal , les odeurs suaves, remplissent cotte éjçlise de mille vapeurs odorantes qui seules

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