‹ Un hiver à ParisChapitre 48 sur 74 · LES ÉGLISES · texte numérisé non relu

LES ÉGLISES

rillustre et vénérable pontife, austère eténergiqucltalien, qui se sentait pour le moins l'égal de Napoléon Bonaparte, s'^avançant vers Pini prudent qui lavait bravé : — Jeune homme, lui dit-il, apprenez que la bénédiction d un vieillard ne fait jamais de mal ! — D'un Vieillard est admirable. Mais je crois que le jeune homme fit bien de disparaître dans la foule ; car le maître de la France en ce temps-là n'eût pas supporté patiemment quiconque eût manqué de respect pour son hôte royal. Depuis ce jour de la renaissance religieuse, la France entière s'est dégagée de ce nuage de doute et d'ironie qui Pobsédait. Elle est revenue d'un pas ferme et sûr aux vieilles époques de la croyance, à l'éloquence chrétienne, à l'art chrétien. Bossuet a été remis à sa place, bien au-dessus de Voltaire pour le génie, pour le style, pour la conviction, pour tout œ qui est la supériorité de l'esprit et du cœur. L'œuvre de Napoléon et de M. de Chateaubriand a été agrandie, augmentée sans fin et sans cesse. Les plus beaux esprits de ce siècle ont tenu à honneur de rendre à Dieu ce qui appartient à Dieu, plus encore que de rendre à César ce qui appartient à César. M. de Lamartine a commencé cette œuvre de charité et d'espérance. M. de Lamennais a soulevé tout ce siècle par la terreur et par l'épouvante. Bientôt on a renié les philosophies passées, tout comme il y a quarante ans on avait nié les croyances. La croix a triomphé sur le dôme même du Panthéon. Jamais révolution n'a élé plus complète dans les esprits et dans les mœurs. La musique, la statuaire, la peinture, ont obéi à cette influence souveraine. Le respect est venu avec l'autorité. Plus le peuple français s'était abandonné aux outrages de tout genre, et plus il revenait au culte du passé; il y revenait, sinon par le repentir, du moins par l'admiration et par la force du souvenir. Voilà à quels signes vous reconnaîtrez l'éternité des croyances ! voilà à quels signes vous pourrez dire quelles sont les religions qui ne peuvent pas mourir! 1842, quelle époque! on ne parle que de chemins de 1er, de canaux, d'usines, de gaz, de forlifica-

lions, d<; l'or, de l'arj^eul, des banques, de loul te qui esl la lortune publique el privée! Et cepcndaiU quelle est lu grande joio de cotte ville immense 1* ù quoi passe-t-elleses instants les plus doux? Soyez-en srtrs, rien n'amuse Paris comme une cérémonie religieuse. Pour peu qu'ail y ait au fond d'un nouveau plaisir une idi^e cKréticnne, Paris est ému el charmé. Le monument qui l'occupe à cette heure, ce n'est pas I Arc-de-Triomphe, ce n'est pas le Palais-de-Juslice, ce n'est pas l'Empereur debout au sommet de la Colonne ou couché sous te dôme des Invalides; c'est une église toute remplie de tableaux, de statues, d'images, de dorures : c'est Tcglisede la Madeleine. Tout Paris se porte dans ces murs, parce qu'en elïot il s''agit dune église. Aussi, comme Rossini, ce grand flatteur, lorsqu'il a voulu rappeler son nom aux Parisiens, s'y est pris habilement ! Il a composé, non pas unopéra, non pas une chanson d'amour, mais un Slabat, le plus joli et le plus profane des Slabai

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