‹ Un hiver à ParisChapitre 57 sur 74 · ÇA ET LA · texte numérisé non relu

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litaire et un citoyen. [1 n'a que deux ans devanl lui pour coni- ]ilétcr cette Tortunc, et si veut le malheur qu'il ne soit pas jugé digne du prendre rang dans un des emplois que PEtat destine à celte Ecole, c'est un liomme perdu : ses longues études lui deviennent inutiles, ses dillicilcs travaux sont des travaux sans résultat; il en sait trop pour obéir, il en sait trop peu pour commander. De lit tontes sortes de travaux et une sollicitude infinie pour rélève de I École Polytechnique A, proprement dire, il n'a pas de jeunesse : il sera jeune plus lard , s'il a te temps.

Nous ne [Kiuvons guère en dire autant de l'étudiant en droit et de l'étudiant en médecine; ceux-là, tout au reboni-s, ils commencent loul de suite par être jeunes. Prend qui veut leur jeunesse, ils en font lion marché ; et, d^ordinaire, ce doux trésor se dissipe dans toutes sortes d'oisivetés ; faciles amours , jeux de domino et de billard , bals à la Grande Chaumière, duels , opposition politique et fumée de tabac.

Mais , la chose étrange ! quand notre étudiant a mené cette vie-là pendant deux ans, à l'instant même où l'élève de l'École Polytechnique va prendre son rang parmi les ingénieurs du corps des mines, dans les pont«-el-chaussées , à larmée, dans legénie, aussitôt voilà lefutur avocat qui jette aux orties sa pipe, sa maltresse, le billard, les dettes, les folies, et qui se met à Pœuvre sérieusement. L'^heure approche, il lésait, où il lui faudra vivre de son travail , gagner le pain de chaque jour, où la société lui demandera compte des sacrifices qu elle a faits pour lui ; mais aussi, une fois à Pœuvre, notre jeune fou de tout à Pheure marche à pas de géant dans la science. Son attention réveillée se porte ardemment sur tous les mystères du Code Civil; il étudie la nuit, il étudie le jour, il marche, il avance, il arrive. A la place de ce danseur effronté, de ce duelliste de pacotille, vous avez soudain un bon jeune homme modeste, savant et beau diseur. L'^intelligence française est si vive, Téducation première est si forte, cette société , où chacun paie de sa personne, est si bien faite pour mettre en relief les vertus et les vices, le talent et l'ignorance, qu'il faut, bon gré mal gré, obéir à tant d'^cxigences publiques et privées. Ainsi, laissez crier et gémir les moralistes sur la prétendue dépravation de la jeunesse française , mais cependant ne désespérez jamais de ces vifs et ingénieux esprits , toujours prêts à faire, en moins d'une année de zèle et de persévérance, ce qu'on ne leur demande guère qu'au bout de trois ou quatre années d'assiduité, de patience et de travail.

Dans ce haut quartier du pays latin , sur ces hauteurs qui ont bien leur genre de beauté , et dont Phistoire est si remplie de savants et antiques souvenirs, vous rencontrez surtout deux monuments pleins d'intérêt et de curiosité, le palais du Luxembourg et Thôtel royal des Invalides.

Traversons , s'il vous plaît , le palais ot lo jai'din du Luxem-

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bouiy ; nous nous y arrêterons un peu moins qu'aux Tuileries , rarctiacun deces palais, c'est toule une histoire.

Le palais du Luxembourg est d'origine florentine ; ceux qui n'ont pas vu le palais de Pitti, à Florence , vous racontent que le palais Pilti a servi de modèle au palais du Luxemboui^ , qui lui ressemble, en effet, comme ta cataracte du Niagara ressemble à une borne- fontaine. Quoi qu'il en soit, le palais du Luxembourg est d'un aspect imposant et grandiose. Il se composait d''abord de deux pavillons , et il se compose aujourd'bui de trois pavillons ; car un troisième pavillon a été ajouté aux deux autres, pour qu'il y eût enfin une salle convenable quand la Chambre des Pairs , devenue Cour des Pairs , convoque des accusi^s à sa barre. Une galerie de tableaux des peintres modernes sert de lieu de promenade à messieurs les pairs; la bibliothèque contient les plus nombreux et les plus savants traités de la science politique. Dans ce lieu, tout est

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grand, ijiiposaat, magnifique ; mais c'est :?ui-toiit le jaiJin qui

est une chose belle et populaire!

Une grande allée conduit à t'Observnloire de Puris, du liant duquel règne et veille M. Arago lui-même; une double terrasse domine le jardin tout entier : cela est vaste, aéré, magnifique. Os arbres sont aussi vieux que le jardin des Tuileries , le bassin est plus vaste. On dit que, dans Télé , rien ne saurait se comparer à l'admirable collection des œillets et des roses. Le jardinier en chef du Luxembourg s'appelle M. Hardy. C'est un savant homme, si jaloux de ses fleurs, que pas un pair de France n'en peut obtenir de bouture. Ce jardin du Luxembourg est habité par un monde à part. Dame! ce n'est plus le luxe, l'élégance, l'éclat, l'intrigue du jardin des Tuileries; ce ne sont plus môme les beaux cnfanls de ces rares à part du fauliflurg Sainl-Clermain el du faubourg Sainl-Honoré ; mais, an

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