CHAPITRE XXXIII
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Ma dernière phrase senl l'hérésie , je l'avoue. Il n'y a pas cent cinquante ans, la Sorbonne s'en serait émue, le Parlement eilt obéi à la Sorbonne, et le malheureux écrivain se fût estimé très-heureux si, pour celte phrase malséante, il n'eût été enfermé i\ la Bastille que pour trois ans, et si son livre n'^eût pas été brillé par la main du bourreau. Kude châtiment, que de traiter la pensée comme on traiterait la télé dun honuuel Le bourreau appelé dans des questions de politique et de philosophie! le bourreau appelé pour déchirer, pour briller ! Telle a été la loi française. Un des livres donts*honore le plus la littérature française, \ Emile ^ de J.-J. Rousseau, a été lacéré et brAlé avec infamie, par arrêt du Parlement encore ! C'était là le bon temps des philosophes; le feu du bûcher projetait sur leur gloire une utile et vivace clarté. Mais, aujourd'hui, être impie pour le simple plaisir de Timpi élé, quand il a été déclaré
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en pleine tribune que la loi était athée , ce sérail faire un triste métier. Aussi bien n'est-ce pas là notre office. Que les vieux soldats, de leur grand Empereur se soient fait un dieu, c'est là encore un hommage rendu à la croyance. Vous avez vu, dans les nouveaux quartiers de la ville, s'^élever plus d'aune église toule jeune , toute nouvelle ; certes , il ne s'agis.sait plus de ces monuments construits pour Télernité; mais enfin, pour une église du dix-neuvième siècle, Noire -Dame-de-Lorette, par exemple, n'est pas déjà un monument sans mérite el sans valeur. Tout à Textrémilé du magnifique boulevard que nous avons déjà parcouru en partie (de Torloni à la Bourse), sYlève, dans toute la magnificence de rarchileclure moderne , Téglise de la Madeleine. Cest une œuvre, sinon imposante, du moins magnifique. Ce bel édifice est entouré d'une immense colonnade; une vaste place s'^étend tout autour de ce monument moitié chrétien , moitié profane. Est-ce un temple païen? est-ce une église? est-ce un théâtre? C'est une église. Ce fronton, tout sculpté par un homme habile, vous annonce déjà les efiforts de la pensée chrétienne. Ces portes de bronze, du haut en bas .sculptées à la façon des portes du Baptistère à Florence , sont loin d'hêtre aussi belles que les portes de Lorenzo Ghiberti , appelées par Michel -Ange /e« Portes du Paradis \ mais, enfin, cela est riche, magnifique, varié, charmant. A l'intérieur^ ont été prodiguées toutes les recherches de la sculpture et de la peinture. Le bronze, le bois de chône, la pierre, le marbre, la mosaïque, la peinture, rien ne manque à celte église chrétienne, sinon que ce n'est pas tout à fait une église. Admirez les deux bénitiers d'^Antonin Moine ; ne dirait-on pas de quelque patient et infini travail du seizième siècle? N'est-ce pas là le goût des artistes venus de Byzance? Un artiste d'^un rare mérite, nommé Ziégler, a représenté l'histoire de la sainte Madeleine. Paris possède la Madeleine de Canova, marbre touchant, plein d élégance et de tristesse. M. Aguado venait d'acheter la Madeleine de Canova, quand il est mort. Avant pou , la Made-