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traire, par la loyauté la plus rassurante, et que le gouvernement anglais peut sé flatter d’avoir en eux les amis les plus zélés et les plus fermes soutiens.
Le sept du deuxième mois (janvier), nous primes congé dé nos excellents amis. Maria Dalrymphe, chez qui nous avons trouvé, avec le logement et la table, toutes les douceurs de l'hospitalité, refusait de recevoir une seule obole en payement, et nous ne pärvinmes , à force d’instances, à lui faire recevoir un argent si légiümement dü, qu’en consentant à ce qu'elle lémployät en œuvres de charité. Nos frères de couleur nous accompagnérent jusqu’au bâtiment, où nous ne pûmes nous séparer d'eux que le cœur plein des plus tendres sentiments de l'amitié chrétienne ; et comme la saison trop avancée ne nous permettait pas de pousser plus loin au vent notre voyage, sans déranger nos projets ultérieurs, nous mimes à la voile pour Saint- Thomas.
Tout nous autorisait donc à espérer que le vent nous serait favorable, mais il sauta tout d'un coup à l’ouest, en soufflant avec violence de l'avant à nous; ce sont là, du reste, de ces épreuves auxquelles la patience du navigateur est souvent exposée. Nous fümes quatre jours en mer. Ayant perdu de vue toute terre et dé-
pourvus de tout moyen de calculer la longitude, nous finimes par être fort embarrassés pour déterminer, même d’une manière conjecturale, notre véritable position. Suivant l'estime du capitaine, nous étions encore très-loin à l’est; mais d’après nos propres calculs, nous devions nous trouver sur le parallèle de Sainte-Croix, et la suite nous prouva que nous avions deviné juste. Un matin, en effet, à la pointe du jour, nous nous vimes dans les eaux de cette ile, et quoique en route pour Saint-Thomas, nous Jugeàmes à propos de changer de destination ; quelques heures après, nous entrâmes sains et saufs à West-End , au milieu des cordiales félicitations de tous nos amis. Fatigués d’une vie assez active et d’une suite d'émotions diverses, nous trouvâmes dans leur société pendant quelques jours tout ce qui peut procurer au corps el à l’'Âme un calme dont nous avions grand besoin. Depuis sept semaines que nous avions quitté Sainte-Croix, il sy était opéré un changement bien remarquable : au moment de notre première visite, on osait à peine toucher à la question de l'esclavage ; c'était un sujet qu’on n’abordait qu'avec crainte; mais alors nous pouvions à peine trouver le temps de répondre aux mille questions qu'on nous adressait de toutes parts, sur les effets qu'avait produits l'émancipation
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dans lesiles du Vent. Plusieurs planteurs disaient ouvertement qu'ils n'étaient pas éloignés d’émanciper leurs esclaves , et qu'ils n’attendaient pour le faire que l’assurance d’une indemnité. À l’égard d’une indemnité, c’est une question à débattre entre les planteurs et le gouvernement danois, et nous ne doutons pas que ce dernier ne montre, en pareille occasion, toute la hibéralité convenable. Mais ce qui est clair comme le jour, cependant, ce qui est incontestable en bonne et pure Justice, c’est qu'il est une tierce .partie au droit de laquelle cette question ne peut et ne doit en aucune façon préjudicier, droit d’une nature infiniment supérieure à tout ce qui regarde les deux autres contractants : cette tierce partie, c’est le nègre; ce droit, c'est la propriété de sa personne.
Je suis avec respect, etc.
LETTRE VITL.
Flusbing, L. L le 8 du 6° mois (juin) 1840.