‹ Un hiver aux Antilles, en 1839-40Chapitre 17 sur 37 · ET · texte numérisé non relu

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un arrangement équitable , l'intérêt personnel marche par des moyens légitimes dans la voie de la prospérité. À Papine, au contraire, malgré un régime remarquablement doux et paternel, un système moins judicieux a arrêté les progres qu’on aurait pu raisonnablement espérer si l'on eût agi autrement. Par le système en vigueur sur cette habitation, et qui consiste à ne point exiger de loyer, mais à n’accorder, en revanche, que des salaires proportionnellement faibles, on a effectivement enchevêtré l’une avec lautre la question du loyer et celle du salaire; d’où il résulte que le payement du loyer pèse indirectement sur la femme et sur les enfants, non moins que sur les chefs de famille. I y a, dans cet arrangement, une injustice qui saute aux yeux.Siles chefs de famille, sur cette habitation, devenaient locataires indépendants , à un taux modéré, et si l’on accordait aux travailleurs le salaire plus élevé qui est généralement en usage sur les habitations voisinés, nous ne doutons point qu'avec une administration sage et vigoureuse on n’obtint bientôt un travail continu et une augmentation de produit considérable.

Mais poursuivons notre récit. Apres avoir visité l'habitation Hope, nous montâmes à cheval pour nous rendre à un village indépendant, composé de soixante-dix familles, qui, après

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avoir acheté quelques portions de terre d’une excellente qualité, s’y étaient établies, et s'étaient construit ou se construisaient des chaumieres propres et commodes. Nous fûmes charmés d’apprendre que les hommes de ce village travaillent encore à la journée sur les habitations voisines. Notre ami Manning nous accompagnait, et les habitants le prièrent avec instance de les aider à obtenir quelque arrangement permanent pour un service religieux qui aurait lieu une fois par semaine. Tout, dans ce village, nous paraissait annoncer la prospérité et le contentement.

«Si j'allais chez toi, » dit quelqu'un de notre compagnie à un Jeune nègre, homme marié qui nous servait de guide pour passer une des gorges de la montagne, «combien trouverais-je de dollars dans ta bourse? Voyons, en trouveraisje bien cinq ? »—« Oui, Monsieur, répondit-il, et vraiment ce n’est pas grand’chose. » Combien peu de nos ouvriers en Angleterre pourraient montrer dans leur bourse vingt shellings d’économies! Telle fut la réflexion qui nous vint à

l'esprit dans cette circonstance. « Combien dépenses-tu à la fois pour ta boisson ? » — « Une livre, Monsieur,» c'est-à-dire douze shellings sterling; c’est ce qu’il en coûte à notre homme pour une provision de vin, porter, etc., qui ne lui dure que six semaines. Ces gens ne sont cependant

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pas adonnés à l'intempérance, mais quelquesuns d’entre eux aiment à avoir ces diverses sortes de boissons dans leurs chaumières, tant pour leur propre usage, lorsqu'ils ont fait un travail un peu rude, que pour régaler leurs amis. C’est un luxe qui, nous lespérons, ne tardera pas à faire place à des jouissances domestiques d’une nature plus recommandable. Leurs jardins sont très-productifs, et leur donnent quelquefois un revenu net de 20 et même 2 I. st. Ce sont en général des hommes intelligents, d’une conduite décente, très-éveillés sur leurs intérêts, et qui ne cessent de s’éclairer de plus en plus chaque jour sur tout ce qui s’y rattache.

De retour à Kingston , nous dinâmes avec un petit nombre de planteurs et de négociants, chez notre ami Georges Atkinson, lui-même au premier rang des gérants et des planteurs. Chacun d'eux nous fit un rapport favorable sur la conduite des nègres employés sur son habitation. Les hommes d'expérience tirent un bon augure de l'amélioration qui s’est déjà manifestée dans les affaires pendant les derniers mois, et fondent sur les motifs les plus solides l’espoir qu'ils concoivent de la prospérité future de la colonie.

Je suis avec respect, etc.

* 2 Cm me

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