‹ Un hiver aux Antilles, en 1839-40Chapitre 34 sur 37 · EE · texte numérisé non relu

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nombre de batiments construits en Amérique, montés en partie par des Américains, et naviguant sous les couleurs américaines, sont aujourd’hui employés de la maniere la plus active à cet abominable trafic.

IV. Par la coopération des agents consulaires. La vente des bâtiments américains, qui se fait à la Havane, aux négriers de cette ville, soit qu’ils leur soient livrés au moment même de la vente, soit que la livraison n'ait lieu que sur la côte d'Afrique ; le transfert de ces mêmes bâtiments des capitaines aux seconds, et enfin l’expédition de tout bâtiment sous votre pavillon, de la Havane en Afrique, ce sont là autant d'actes qui ne peuvent manquer de passer par la juridiction officielle du consulat des États- Unis dans ce port. On nous a même dit que le dernier consul en avait eu une double connaissance, attendu que, sous une de leurs faces.

ces mêmes transactions avaient dû passer sous ses yeux, en sa capacité d'agent portugais. Mais la connaissance d’un délit n’est pas nécessairement une preuve de complicité; la véritable question serait de savoir si, en pareil cas, il a usé de ses pouvoirs et des facilités qu'ils lui donnent, pour mettre un terme à ces iniquités. La charité nous commande d'espérer qu'il en a été ainsi. Toutefois, je n'ai pu, sans un profond

CUBA. 337 chagrin, remarquer qu'un défenseur public de N. P. Trist, dans une brochure anonyme, récemment publiée à Boston, reconnait que Île dernier consul en est éncore à chercher « s7 la traite, considérée en elle-mémne ; ne serait pas un bienfait positif pour ses prétendües victimes. » Certes, voilà une disposition d'esprit bien dangereuse pour tout agent, anglais ou américain ; résidant à la Havane ; et je me permettrai d'observer, avec toute la déférence possible pour un avis différent, que peut-être il serait sage de ne jamais appeler à votre consulat dans cette colonie, des hommes qui ne fussent pas évidemment au-dessus des influences corruptrices en usage à Cuba ; non-seulement par les principes de la probité ordinaire, mais aussi par une horreur profonde, prononcée et inébranlable pour la traite en elle-même.

V. Par l'emploi des capitaux. Que des capitaux considérables soient employés à seconder le trafic des esclaves sous les différentes formes que nous venons de décrire , et surtout pour la construction des bâtiments, c’est un fait qu’on ne saurait contester. Mais ce qu’on dit encore assez communément, et non sans de bonnes raisons, je le crains , c’est que dans quelques-unes de vos villes de commerce, les capitaux américains sont appliqués directement au trafic même, c'est que

quelques citoyens de votre république, citoyens indignes assurément, prennent une part réelle et directe à cet abominable trafic, et à ses infàmes profits. Il paraît donc constant, premièrement, qu'une partie notable des bâtiments employés à la traite par les marchands de Cuba , sont construits dans les ports des États-Unis ; secondement, que les négriers espagnols empruntent, dans un grand nombre de cas, le pavillon américain; troisièmement, que des bâtiments de commerce américains transportent sur sur la côte d'Afrique les provisions et les ustensiles qu'exige la traite, et que ces bâtiments, ou autres des États-Unis, sont directement employés au trafic des esclaves; quatriéèmement, que la plupart des actes qui s'y rattachent arrivent à la connaissance et à l'intervention officielle de votre consulat à la Havane; et cinquièmement, qu'une masse considérable de capitaux américains est engagée indirectement , même directement peut-être , dans le trafic des esclaves.

Ici se termine l'exposé que je désirais te mettre sous les yeux, de l'état actuel des Antilles anglaises; c'est le résumé des observations que

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