LETTRE IV
Flushing , L. I. le 24 du 6° mois (juin) 1840.
MoN CHER AMI,
Je n'ai pas besoin de vous dire qu’on ne saurait trouver aucune jouissance à naviguer contre le vent, presque sans changer de place, sur une mer houleuse, claquemuré dans létroite enceinte d’un petit bâtiment; mais ce sont là des inconvénients qui attendent ordinairement quiconque entreprend une tournée dans les Anüulles. Nous louvoyàmes pendant quelques heures le long de la côte de Tortola, avant d'atteindre la pleine mer, par le chenal de Round-rock; et
(ère SAINT-CHRISTOPHE.
aprés avoir été péniblement ballottés pendant toute une nuit, nous nous trouvämes le lendemain matin eu vue de Saba. On est vivement frappé, au premier aspect, des’ pics immenses decetteîle, que l'on prendrait pourune montagne qui vient de surgir tout à coup du sein de la mer. Saba appartient aux Hollandais, et l’on dit que les petits propriétaires qui l’habitent ont formé entre eux une communauté qui est pour eux un petit univers, n'ayant presque point ou que très-peu de rapports de dépendance avec aucun gouvernement éloigné, mais se soutenant par leur propre industrie, comme constructeurs de bateaux, pécheurs, etc., etc. Au peu de vent dont nous tàchions de profiter, succéda bientôt un calme plat, la plus désagréable, peut-être, de toutes les contrariétés auxquelles le marin soit exposé : le gouvernail est sans pouvoir, les voiles battent le mât, et malgré tous les efforts de l'équipage, le vaisseau s agite et roule sans avancer. On se sent comme enclatié sur les flots, sans qu’aucune assistance humaine puisse vous tirer de cette position.
Chemin faisant, nous avons jeté un appt qui fut saisi par un superbe dauphin, au dos d’un azur éclatant, tacheté de noir, au ventre d’un blanc argenté, et une des plus magnifiques créations que j'aie jamais vues. Nous pümes le con-
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sidérer à loisir, pendant que notre adroit et brave matelot, le nègre Sam, le tirait de la mer; mais tout à coup; par une secousse que le prisonnier se donna fort à propos, il parvint à s'échapper. Une autre fois, notre habile pêcheur amena un baracouta, très-beau poisson ressemmblant assez à un brochet, et qui, parvenu à sa grosseur, n'est ni moins dangereux, ni moins vorace qu'un requin. Du poisson frais est une sensualité que nous pouvions nous procurer de temps à autre; mais je payai cher, pour ma part, cette Jouissance gastronomique, cause trèsvraisemblable, en effet, d’une indisposition qui me dura trois semaines, et qu'aucun remède ne put arrêter. J’appris par la suite que la chair de ces poissons est souvent vénéneuse; circonstance qu'on attribue à ce qu’ils se nourrissent parmi des rochers cuivreux, situés au-dessous du rivage, et assez communs, dit-on, dans quelquesunes de ces îles.
Nous nous trouvämes dans ce voyage en vue de plusieurs îles en même temps: c'étaient Saba, dont j'ai déjà parlé; l’Anguille, petite île qui, je le présume, doit son nom à sa forme, assez semblable à celle d’un serpent ; c'étaient Saint- Marün, Saint-Barthélemy, Saint-Eustache, et dans le lointain Saint-Christophe. Nous apprîmes avec regret qu'il s’en faut de beaucoup que l'Anguille
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soit dans une situation aussi florissante que plusieurs des îles anglaises qui lavoisinent. Je n'ai rien pu savoir de la condition des travailleurs; maisil est probable que, attendu la pauvreté de cette île, un certain nombre se seront décidés à la quitter, dans l’espérance d'obtenir un plus fort salaire dans les autres colonies. Pour ce qui est des habitants blancs, on nous dit qu'ils avaient dépensé beaucoup trop légerement leurs indemnités, et s'étaient ainsi réduits, par leur faute, à la plus grande détresse. J'ai, d’ailleurs , quelque raison de croire que le gouvernement pense à faire de l’Anguille un établissement pénitentiaire. Saint-Martin, dont une partie appartient aux Français, et Saint-Barthélemy, colonie suédoise, très-fréquentée autrefois comme port franc, mais presque abandonnée au-
jourd’hui, offrent aux navigateurs qui passent, une vue des plus pittoresques. C’est ce qu'on peut dire, avec plus de raison encore, de Saint-Eustache qui s'élève à une grande hauteur, et a tous les caracteres d’un volcan éteint ; telle est, en effet, dit-on, son origine. La plaine, peu étendue, située au pied de la montagne, nous paraissait
dans le lointain toute couverte de cannes verdoyantes.
Rien de plus admirable que l'aspect de Saint- Christophe, quand on en approche par le N.-0.
La partie N. de Pile est montagneuse et couverte de forêts; à mesure que nous avancions vers la côte, nous ne pouvions nous lasser d'admirer le tableau que nous offraient les collines et les plaines qui s'étendent à leur pied, partout décorées de l’éclatante verdure des champs de cannes. Nous nous plaisions à contempler de loin les établissements des planteurs, où tout annonce l'aisance et la prospérité, quelques moulins à vent en activité, et dans l’éloignement, des bandes de nègres qui paraissaient occupés aux travaux de la campagne ; de jolies chapelles , et, dans le port de Basse-Terre , huit grands bâtiments, avec quelques autres petits, attendant vraisemblablement leur cargaison de sucre. J'ai rarement remarqué un lieu qui offrit, primé facie, autant de signes de prospérité, et nous avons eu lieu, dans la suite, de nous assurer que ces apparences n'étaient point trompeuses.
À notre arrivée à Basse-Terre, petite ville située dans un fond où la chaleur est étouffante, et l’air sans cesse obscurci par des nuages de poussière, ce ne fut pas pour nous un léger contre-temps que d'apprendre l'absence de mon jeune ami, Charles Thornton Cunningham, lieutenant-gouverneur, que nous avions tous le plus grand désir de voir. Il était parti pour Antigoa, les devoirs de sa place l’appelant auprès de sir Wil-
liam Colebroke, gouverneur général des Ilessous-le-Vent. N'ayant pu réussir à nous loger convenablement dans les auberges, nous profitâmes de lobligeante invitation du président du conseil, W. H. Crook, et de J.-J. Pedder, secrétaire du gouverneur, et nous nous établimes pour un séjour qui ne devait pas être long, dans lhôtel du Gouvernement, maison commode, bien aérée, et à peu de distance de la ville. Nous y trouvâämes tout ce qu'on peut désirer en commodités, en agréments et en attenüons; nous avions, en outre, l'avantage dy être loin de l'influence d’une fievre épidémique, occasionnée , selon toute apparence, par les exhalaisons d’un marais salin , situé au vent; cette fièvre faisait alors de grands ravages dans la ville, et emportait chaque jour un grand nombre de personnes.
Le lendemain de grand matin, je montai un des chevaux du gouverneur, et je jouis de tout ce que peut avoir d’agréable une promenade solitaire à travers champs. Quoiqu'on füt au septième jour de la semaine, que les noirs émancipés consacrent ordinairement à leurs affaires particulières, j'en vis un grand nombre sur les plantations, travaillant avec ardeur à couper les
cannes pour le moulin. Je remarquai en eux tout ce qui annonce la vigueur physique , le
contentement et le bien-être, et je ne pus qu’applaudir à la manière dont ils répondirent aux questions que je leur adressai en passant. Chemin faisant, je me hasardai à entrer dans une des habitations, qui se trouva être la résidence de Robert Claxton, solliciteur général de la colonie, homme aussi distingué par son esprit que par son caractère. Il eut la bonté de me fournir une foule de renseignements aussi utiles que satisfaisants, en général, pour un ami de la liberté. Je citerai, entre autres, un fait dont il me donna connaissance et qui est des plus encourageants pour les partisans de cette cause. En me parlant d’une petite propriété qui lui appartient dans cette ile : « Il y à six ans, me dit-il « (c'est-à-dire très-peu de temps avant l'acte d’é- « mancipation), cette habitation ne valait pas « plus de 2,000 I. st., y compris les esclaves em- « ployés à l'exploitation. Aujourd’hui, sans un « seul esclave, elle vaut trois fois autant, et j’hé- «siterais même à la donner pour 6,000 1. st. » Cette hausse remarquable dans la valeur d’une propriété ne doit nullement être regardée comme un cas isolé; et l’on m'a assuré que, comparaison faite de l’état actuel des choses avec les temps de découragement et d'inquiétude qui précédèrent l’acte d'émancipation, cette hausse est tout à la fois générale et très-considérable. Il m’arriva de
demander au président Brook, et à quelques autres personnes, s’il se trouvait dans l'ile un seul individu qui désirât le rétablissement de l'esclavage : « Pas un seul assurément, pas un « seul ; » telle fut sa réponse.
Après le déjeuner, je fus rejoint par mon excellent ami Archibald P. Burt, jurisconsulte distingué, qui voulut bien m'accompagner à cheval pendant plusieurs milles, à travers de hautes collines, jusqu’à un village appelé Cayon. La vue dont on jouit du haut de ces collines, d’ou l'on découvre les plaines cultivées qui s'étendent à leur base, la ville, le port, l'Océan, et à l'extrémité de l'horizon, l’île montagneuse de Nevis, réunit le grandiose à la magnificence. Les parties élevées de Saint-Christophe mériteraient évidemment d’être observées avec plus d'attention qu'il ne nous était possible de le faire; elles sont revêtues d’une forêt de bois dur et propre à toute sorte d'ouvrages. Je suis fondé à croire qu'un arbre dont les feuilles ressemblent à celles du laurier, avec de grandes fleurs en cloches, d’un rose tendre, et dont J'ai eu l’occasion d’observer plusieurs échantillons, en est l’essence dominante ; on le désigne dans l'ile par lenom de cèdre blanc. Les forêts sont peuplées de singes, qui ne laissent pas de faire beaucoup de dégât dans les champs de cannes, et qui ont toujours assez de
malice pour échapper à la main ou à la balle du chasseur. Leur tactique invariable est de poster en avant une sentinelle qui pousse un cri terrible à la première approche du danger. On appelle rnont de Misère le point le plus élevé de l’île; triste nom qui, nous a assuré le lieutenant gouverneur, doit être remplacé par celui de mont de Liberté. C'est un volcan éteint, de 3,700 pieds d'élévation. Au fond de son cratère, qui a 2,000 pieds de profondeur , se trouve, à ce qu’on dit, un plateau de 5o acres, dont 7 sont occupées par un lac, et le reste couvert de gazon et d’arbres. On voit encore jaillir par les fissures de la montagne des ruisseaux d’une eau chaude imprégnée de soufre.
On ne peut faire un pas à Saint-Christophe, non plus qu'à Tortola , sans rencontrer quelque belle fleur sauvage, ou quelque charmant arbuste, et surtout de longues haies d’aloës. Une des plus précieuses productions de l'ile est le Tous-lesmnots, ainsi appelé d'après l’opinion populaire qu'il fleurit tous les mois. C’est une plante magnifique, assez ressemblante à la Canna Indica, et dont la racine fournit une substance qui approche beaucoup, pour le goût et pour l’apparence, de l’arrow-root ; également nourrissante, elle a l'avantage d’être mieux appropriée à un estomac délicat, et forme un article d'exportation qui
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acquiert de jour en jour plus d'importance. Quant à la culture du sucre, l'ile nous a semblé à cet égard dans une situation prospère. On supposait que la récolte encore sur pied, laquelle nous a paru promettre autant pour la qualité que pour la quantité, donnerait au moins la moyenne ordinaire de sept mille barriques; et l’on n'appréhendait aucune des difficultés qui auraient pu affaiblir cette estimation. Nous accompagnàmes notre ami Burt à Ottley, sucrerie parfaitement exploitée, qu’il possède en commun avec le juge Wigley, de Tortola; nous y suivimes encore une fois tous les procédés de la fabrication, et nous eùmes de nouveau la satisfaction de voir les nègres en pleine activité, bien que ce füt le Jour qu'ils réservent ordinairement pour leurs petites affaires particulières. | Les salaires courants dans cette île sont de sept à neuf deniers sterling par jour, outre les petits avantages ordinaires; mais un nègre peut facilement gagner de deux à trois schellings par jour, en travaillant à la tâche. Un des résultats de ce dernier système, et qui n’est pas le moins remarquable, c’est que les nègres font, dans un temps donné, une somme d'ouvrage beaucoup plus forte que celle qu’on pouvait obtenir d'eux sous l'empire de l'esclavage. Dans la visite que nous rendimes à notre excellent ami, R.Cleghorn, ma-
gistrat dont le zele égale l'intelligence, il nous fit le rapport le plus favorable sur les travailleurs de Saint-Christophe, et le résuma par ce peu de mots : « Au moyen d’un juste salaire, vous ob- « tiendrez de ces hommes des travaux #nfinis. »
Une notable augmentation de bien-être devait être pour les noirs émancipés la conséquence nécessaire de cet état de choses. Notre ami Cadman, ministre méthodiste, qui était sur cette station en 1826, sous le régime de l'esclavage, y est revenu sous le règne de la liberté. « Le change- « ment qui s’est opéré en mieux, nous a-t-il dit, « dans l’habillement, dans tes manières et dans « le bien-être du peuple, est véritablement pro- « digieux. » Les importations se sont aussi considérablement accrues. Les droits qui en résultaient surpassaient de 1,000 I. st. le chiffre de 1837; et en 1839, 1ls se sont élevés, à 150 L. st. près, au double de ceux de 1838. Cette étonnante augmentation a pour cause le nouveau besoin d'articles importés, qui se fait sentir aujourd’hui parmi les travailleurs libres, et il est à remarquer que leurs demandes s'appliquent surtout à des objets de toilette. La bourgeoisie établie dans la ville n’a jamais eu plus de peine à se procurer de la volaille, des œufs, et autres denrées qui leur sont ordinairement fournies par les nègres ; et la raison en est aussi simple
qu'évidente; c’est que les travailleurs en gardent la plus grande partie pour leur propre consommation. Le mariage est aujourd’hui devenu fréquent parmi eux, et lon ne saurait se faire une idée de la profusion d'œufs qui ne manque jamais d’avoir lieu, comme une des principales friandises de leur repas de noces. Le temps ap-
proche, sans doute, où ils apprendront à substituer une sage économie à cette extravagante prodigalité, et aimeront mieux faire servir leur superflu à augmenter graduellement leur petite fortune.
Nous avons eu un plaisir infini à visiter l’établissement morave de Cayon, dirigé par le frère Munzer, à l'administration duquel nous ne saurions donner trop d’éloges, et qui réunit trois cents enfants dans son école. Un autre établissement morave, celui de Basse-Terre, est dans une situation également florissante. Dans une visite que nous avons faite à l’école, et où nous avons examiné les enfants, nous avons été enchantés de la vivacité et de la justesse de leurs réponses. Le nombre des crimes et des simples délits a considérablement baissé depuis l'époque de la liberté entière et définitive; l'enseignement des connaissances utiles et l'instruction religieuse font de rapides progrès. L'ile contient neuf églises de la religion anglicane, six cha-
pelles méthodistes et trois institutions moraves. Les Moraves réunissent. 3,000 membres, de naissance ou autrement ; 2,099 personnes composent la congrégation de l’église méthodiste, indépendamment de ceux qui assistent à leur service. Ces nombres réunis embrassent une grande partie de la population, estimée en totalité à 20,000 àmes.
A ces détails déjà si encourageants, fruit de de nos observations personnelles, j'ajouterai un témoignage imposant, celui du lieutenant gouverneur, magistrat aussi habile que populaire. Voici ce qu'il nous écrit dans une lettre que nous recevons de lui, à une date postérieure de trois mois à celle de notre visite à Saint-Christophe : « Je viens de recevoir des rapports de «nos magistrats sur la situation générale de leurs « districts respectifs. Grâce à Dieu, je puis dire « que tous, sans exception, sont aussi satisfai- « sants, aussi consolants qu'on pouvait le dési- «rer. Les rapports vont être transmis au gou- «vernement, et sil en arrive de semblables de « nos autres colonies, il y a là de quoi exciter « lorgueil et la reconnaissance de tous les amis « de la race nègre. Je ne prétends pas dire que « quelques individus isolés, parmi les proprié- «taires et les travailleurs, n’élèvent pas de temps «en temps les uns contre les autres des plaintes
« plus ou moins fondées; mais ce qu’il y a de sür, « c’est que la masse des propriétaires de cette ile se « montre aussi disposée que possible à adopter des «mesures conciliantes, et à accorder aux nègres «un salaire juste et équitable; et de leur côté, «les nègres ne demandent qu’à travailler, pourvu « qu'on les paye convenablement. » Dans une autre partie de sa lettre: « Il y a quelques jours, «dit-il, on a donné ici un diner public où l’on «a vu (révolution véritablement merveilleuse) « des blancs et des hommes de couleur assis pêle- « mêle, et se traitant les uns les autres de pair à « compagnon; la plus franche gaité et la frater- « nité la plus cordiale ont présidé à ce banquet. »
Notre séjour à Saint-Kitt, comme celui que nous avons fait à Tortola, finissant le premier jour de la semaine, nous avons tenu plusieurs réunions religieuses dans les chapelles méthodiste et morave. Nous y avons vu arriver en foule des personnes de toute couleur, de toute condition, mais principalement des noirs. L’affluence était si grande dans la soirée, malgré le danger de la fièvre, qu’il fut impossible d’admettre tous les assistants dans la salle de réunion; ce qui ne nuisit pourtant ni au recueillement le plus profond, ni au bon ordre; et l'on se sépara au milieu des épanchements d’une mutuelle bienveillance.
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Lu 1 se à Ex 4 à REF RETTS $ SAINT-CHRISTOPHE. 73 Je regretterais, en terminant ma lettre, de ne
pas remarquer un trait de cette Providence sans l’ordre de laquelle un passereau même ne tombe pointà terre. Quelque pénible qu’il nous fütde ne point trouver dans l’île le lieutenant gouverneur, ce fut cette circonstance même qui nous détermina à n’y passer que trois jours, et les médecins nous ont assuré depuis que, si nous ÿ avions resté plus longtemps, si notre séjour avait duré seulement une semaine, il était peu probable que nous eussions échappé à la contagion. Quoi qu'il en soit, nous quittâmes Saint-Christophe sains et saufs , et fort contents de ce que nous
avions vu.
Je suis, avec respect, etc.
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