MOSQUÉE DU SULTAN HASSAN, AU (.AIR
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belle époque (1356) o( , hicii (|n ;i demi l'uinoe. incrilf niio attention piiiliciilicro. Ses minarets sont les plus élevés el les |)liis élégants du (lairc : sa coupole est d'une gi'andc hardiesse, (loinnic (riial)itiid(' , les murs, à rexlcrieui-, soiil pciiil^ de bandes allcriiatiNemciil roiities et blanches; ime large corniche les suniioiilc
La mosquée s'ouvre, sur iiiic rue hilcralc, par un |)(»rlail eu ogi\e, décoré de pendenlils ou grec(|ucs : ce portail est un admirable morceau darchileclurc , orne a\ec goùl , uoble cl gracieux ;i la lois. Ou tra\ei'se un beau |)(Mi<l\le, cl par lu) |)assagc obscur ou se licuncnl les gardiens on entre dans une \asle coui- carrée, pavée en marbre, entourée de trois cotés de chapelles et de bâtiments on logent les ulémas; les murailles qui en forment l'enceinte sont couronnées d(^ trèfles sculptés; au luilicu de la coui-, une fontaine avec luie colonnade octogone, et i'ecou\(Mle d'une jolie coupole, \erse l'eau des ablulious. Au fond est le saucliiaire. r]o\r seulem(>nl d'iui degré au-dessus de la cour, et dont le pa\c (>>t entièrement ivxètu de nattes. Les murs portent
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des inscriptions à demi etiacées, des incrustations de marbre, de nacre on d'émail.
Derrière le sanctuaire est une grande salle, dite salle du tombeau , carrée , surmontée d'un dôme , et qui n'offre plus que le spectacle de la ruine et de l'abandon le plus affligeants. A peine peut-on distinguer encore sur les murs les caractères gigantesques qui y retraçaient les versets du koran ; la coupole effondrée laisse passer le jour en plus d'un endroit, et sert d'asile aux corbeaux et aux chauves -souris. Dans les angles, des pendentifs en bois merveilleusement sculptés, vermoulus et disjoints, s'affaissent et menacent ruine: demain peut-être ils tomberont en poussière sur la tète des croyants, qui ne mettraient pas un clou pour les soutenir.
Au milieu de cette salle délabrée s'élève, entouré de sa balustrade en fer, le tombeau du sultan Hassan, aussi poudreux et aussi dégradé que lont ce qui l'entoure. Le cercueil est tourné vers la Mekke. Aux pieds du sultan est placé un livre à fermoirs d'argent : c'est un koran que Hassan copia tout entier de sa main.
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En dépit de YMni de dégradation où IcsTinrs ont laissé tomber ces magnifujnes monuments, on ne peut se lasser d'en admiici- l'élégance hardie, la fantaisie pleine de gi-Ace, la richesse pleine de bon goût. On imagine aisément qnel devait en être l'éclat, (piand s'ajoutaient à l'eflel de cette architecture tant de détails aujourd'lmi ternis ou disparus, vitraux coloriés, boiseries découpées à jour, plafonds peints et doH's, lambris de niiii'bi'es précieux, pavés de marqueterie, lampes innombrables se balançant dn haut des coupoles. De tout cela, il ne reste guère (pie des débi'is : les monuments des Arabes, \ieu\ de cinq à si\ cents ans, semblent à peine plus l'ijargnés par le temps que les temples des Pharaons.
Après la mosquée du sultan Hassan, les plus intéressantes du Caire son! voWo du sultan Talonn et celle d'Kl-Azhar, on inos(juée des flmrs. Tontes deux conq)tent |)aiini les modèles de rarchitectnre arabe, .le n'en donnerai pas la tlescri()tion , tous ces monuments étant a peu près, et sauf (pielques détails, construits snr le même plan. Au reste.
la mosquée de Taloun est aujourd'hui défigurée : Ibrahim -Pacha en a lait un hôpital militaire. On a démoli la fontaine, construit des murs entre les colonnes, dans les galeries. Il y avait en Egypte, an Caire même, dix palais inhabités, abandonnés, qui eussent pu servir au même emploi : on a mieux aimé déshonorer un admirable monument. El-Azhar est à la fois une mosquée, une université où se donnent divers enseignements scientifiques et religieux, et une sorte de caravansérail 011 trouvent asile les pèlerins de toute nation qui font le voyage de la Mekke. On raconte que ce fut là que logea Sole\ man-el-Halegy , l'assassin de Kléber, en arrivant de Syrie. 11 \ enflamma son fanatisme aux |)rédications des docteurs de la loi; fanatisme qui n'était point, au surplus, celui d une Ame basse ni d'une nature Milgaire. Il eût été capable d'héroïsme comme il fut capable de iiiuie, riiomme (|iu. pendant qu'on lui brûlait le poignet, impassible et fier, n'ouvrit la bouche (jue pour se plaindre (juun charbon ardent fût tombé sur son bras, c cela, disait-il, n'étant pas dans la sentence. »
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lue iiiosquée, dans les idôes des iiiiisidiii;iris, n'est point un (cmplc on Is.ildlc Dieu : cCst toni simplement nne nuiison de pricic, un lien de recueillement et de conlcmphilion on les lionnncs se réunissent pour adorer le Dieu iiMi(|U(' cl ('Icrnel. Iamii' religion, en cll'cl, n a d "au Ire doiiinc (pic celui de l'unité (\r Dieu; point de culte, ni de symboles : à l'oi'i^ine inènie elle n a\ait |)as de prêtres, on du moins tout lidéle pou\ail en rem- |)lir les (onctions, lue pensée (''lc\(''e et |)ieuse fit bientôt |)la("er auprès de ces monuments destinés à la prière des établissements utiles, des coiii'iîes, des l)il)liol!ie(pies, des asiles pour les pauvres, les inlirmes et les pelei-ins. Sons ce rapport Kl- Azliar fut de tout temps un des plus riches et i\v> plus iuipoi'tants établissements de rislaniisuic. Ses écoles réunissaient autrelois jnscpià \inL;l mille cIcNcs de tons pays. Aujoni'd liui encore les coni's de sou uiu\ersile son! sui\is par lou> ceux (pii se destineul aux |)roressious cixiles et religieuses. L'instrnclion \ est i:raluile. Dans les dépendances, se IroUNc un lios|)ice appelé la ilhnpelle des aveufj/es: trois cents a\cnglcs de tout
Age y sont entretenus aux frais de la mosquée. Cette mosquée était autrefois propriétaire de grands biens : elle en a été , comme toutes les autres, violemment dépouillée par ce fameux décret de confiscation qui fit j^asser entre les mains de Méhémet-Ali le sdl idiil entier de l'Egypte. Le pacha , en senq^arant des immeubles qui appartenaient aux établissements religieux et charitables, s'était l)ipn engagé à leur servir des revenus suffisants poiii- leur entretien; mais cet engagement ne paraît pas avoir été tenu toujours bien fidèlement , et l'importance de ces grandes fondations ;i ])i\v suite considérablement diminué.