‹ Un hiver en LaponieChapitre 154 sur 228 · CLOTURE DES ÉCOLES GRATUITES · texte numérisé non relu

CLOTURE DES ÉCOLES GRATUITES

scientifiques et des livres instructifs. Les littératures française, anglaise et allemande y sont bien représentées par les œuvres de Thackeray el de Dickens, par Y Histoire de la guerre péninsulaire de Napier, par le Consulat et F Empire de Thiers, par les œuvres de Sainte-Beuve. Lamartine, Balzac, Jules Janin, même de Voltaire, et la Biographie universelle. L'école a encore un bon laboratoire de chimie et des classes de dessin. Les professeurs et surveillants sont au nombre de vingt à vingt-qualre. Le gymnase se trouve à quelque distance du bâtiment principal.

Plusieurs écoles gratuites existent aussi; elles sont bien installées et prouvent L'intelligence du peuple, aussi bien que l'intérêt qu'il porte à l'éducation. Il y a, de plus, deux ou trois écoles privées.

Je fus reçu très obligeamment par Herr E..., directeur d'une des banques de la ville, pour lequel j'avais une lettre d'introduction. « Vous êtes arrivé à point nommé, me dit-il, pour assistera la clôture des écoles gratuites; voulez-vous y venir avec moi? » J'y consentis, et nous nous y rendîmes. Les enfants étaient réunis dans un vaste hall, au nombre de 1,500, fdles et garçons appartenant à la classe ouvrière. Tous étaient habillés de leur mieux, et, si je n'avais pas su que je me trouvais en Suède, je me serais cru dans une des grandes salles d'école d'une ville d'Amérique.

Herr E... était un homme aux vues larges et profondément libérales. Il pensait qu'un grand avantage devait résulter de l'éducation en commun des garçons et des filles et qu'il fallait augmenter le nombre des institutrices ; que les femmes doivent être payées comme les hommes pour le même ouvrage et que l'école gratuite doit être ouverte aux jeunes femmes aussi bien qu'à leurs frères. On me présenta au surintendant, qui était sur l'estrade avec deux ecclésiastiques, membres du comité d'éducation et plusieurs clames ; les enfants entonnèrent des hymnes et des chants suédois ; puis on donna aux meilleurs élèves des différentes classes quelques prix consistant en livres. Un ecclésiastique prononça ensuite une allocution et adressa spécialement ses recommandations aux filles qui avaient fini le cours d'études prescrit par la loi et qui ne reviendraient pas l'année suivante. Il les exhorta à demeurer pures, à aimer et à craindre Dieu, et à cultiver la vertu. Le

surintendant m'invita à prendre part à une petite collation qu'il offrait aux professeurs. Elle eut lieu dans un des Folkskolor, et trente dames et huit gentlemen y assistèrent. La plupart de ces dames étaient jeunes, toutes fort attrayantes, modestes et plusieurs très jolies. Les hommes

Intérieur de l'église de Risinge.

présents étaient mariés, et, comme eux, leurs femmes servaient de professeurs ; excellente mesure qui devrait être imitée partout à l'avantage de la tenue de la maison. Je ne pus d'abord obtenir du surintendant qu'il s'exprimât en langue étrangère ; afin de l'y contraindre je lui dis : « Je trouve que les étudiants d'Upsal parlent mieux les lan-

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