LES ECOLES
l'esprit. 11 remarquera aussi que les règlements prescrivent que les plus jeunes enfants sortent toutes les heures pour prendre l'air et jouer dans la cour pendant dix minutes. Chaque école a une bibliothèque alimentée par un fonds et, à chaque session scolaire, on y fait une addition de livres. J'en ai vu qui possèdent plus de 30,000 volumes. Beaucoup ont, en outre, un musée contenant des collections zoologiques, géologiques et botaniques. Les moindres élèves apprennent à lire la musique sur le tableau. Les enfants des pauvres sont proprement velus; car les parents rougiraient de les envoyer à l'école dans une tenue malpropre.
Dans mes voyages en Europe, j'ai toujours éprouvé de la tristesse lorsque je me trouvais dans des villes où la grande masse du peuple n'avait aucun souci pour l'éducation, préférant voir leurs gouvernants dépenser en salles de spectacle des sommes énormes, qui auraient suffi à créer des milliers de maisons d'école, au milieu d'une vaste population qui ne sait ni lire ni écrire. Cette situation, heureusement, tend à changer. Certes, je ne suis pas l'ennemi des théâtres; j'ai du plaisir à les fréquenter ; je ne m'insurge pas contre les amusements, ils sont nécessaires à la santé du corps, aussi bien qu'au repos de l'esprit ; je voudrais seulement que l'école passât en première ligne et j'aimerais mieux vivre dans la plus pauvre ville qui en aurait une, et où les enfants seraient bien élevés, que dans la plus belle cité qui en manquerait. Un pays n'a de véritable amour pour l'instruction que quand le peuple respecte ceux qui instruisent la jeunesse ; j'ai été particulièrement heureux de remarquer combien, en Scandinavie, on estime les instituteurs ; leur profession y est considérée comme une fonction des plus nobles ; on y apprécie justement l'éducateur de la génération future.
Ceci est dû, en partie, à ce que les maîtres d'école sont très instruits, la plupart étant gradués des universités. Dans les districts où Ja population est éparse, le maître d'école de village, paysan lui-môme, non gradué, trop peu instruit pour être en état d'enseigner les études exigées par la loi, est néanmoins tenu en haute estime par les fermiers et toujours bien accueilli dans le cercle de la famille. J'étais surtout charmé de voir la considération témoignée par les parents aux gouvernantes de leurs enfants. Elles ont généralement reçu une brillante
éducation ; on les regarde comme faisant partie de la famille, et, à l'égal les précepteurs, chacun les traite avec grand respect.
Depuis longtemps, l'instruction est obligatoire en Scandinavie. En 1842, la diète suédoise a voté une loi par laquelle chaque enfant est tenu de fréquenter une école ou de recevoir l'instruction chez lui, depuis sa neuvième année jusqu'au moment de sa confirmation. La Norvège a fait de même en 1848, et a rendu l'instruction obligatoire de huit à quinze ans.
Le système éducationnel de la Suède et de la Norvège est digne d'éloges. Les écoles gratuites renferment des écoles primaires où les enfants apprennent les principes de la religion, la lecture, l'écriture, le calcul mental et le chant. Les écoles du peuple sont de deux sortes : les stationnaires et les ambulantes. Ces dernières sont confiées à des instituteurs qui vont d'endroit en endroit à des périodes déterminées.
L'instruction donnée dans les écoles du peuple comprend la lecture, la religion, l'histoire de la Bible, le chant des hymnes, les prières choisies, l'histoire naturelle, les éléments des sciences naturelles el l'histoire du pays; en outre, le chant, l'écriture, la lecture, l'arithmétique, et, si les circonstances le permettent, la gymnastique et les exercices militaires. Le comité des écoles peut, s'il le croit bon, ajouter à ce currkuhtm la grammaire, la géographie, l'histoire, les sciences naturelles, le dessin, l'arpentage; et, pour les filles, les ouvrages à l'aiguille, et, dans les districts agricoles, l'horticulture et le jardinage. Ces écoles sont généralement ouvertes pendant huit mois dans le sud du pays, et pendant neuf ou dix mois ailleurs. Presque partout, on donne l'instruction tous les jours ouvrables ; il est des endroits où on ne la donne que cinq jours de la semaine; dans les écoles ambulantes, les élèves sont examinés le sixième jour. La période journalière d'application est de cinq à six heures.
Les hautes écoles du peuple n'ont vu le jour que récemment ; elles ont pour but d'instruire les jeunes gens et les jeunes femmes des classes ouvrières qui ont déjà dépassé l'âge exigé par la loi pour suivre l'école. Les études que l'on y poursuit comprennent un cours plus étendu de sujets que dans les écoles gratuites, outre les éléments des sciences utiles et leur application. Il y en a quatorze. Pour recevoir cette instruction, on paye une petite redevance, les écoles tirant leurs rêve-