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LOIS POUR LES ÉCOLES

Un écolier paye un droit d'entrée de 6 kronor, et 12 kronor 50 ote par session ; en sorte que, pour la modeste somme de 25 kronor, ou environ six dollars par an, un jeune homme peut se préparer aux universités. Il est vrai cpi'il doit acheter ses livres. Sur la demande du comité de l'école, le surintendant peut exempter un écolier pauvre d'une partie des droits exigés. Pour devenir instituteur dans une école élémentaire, il est nécessaire d'avoir pris le degré de docteur en philosophie, d'avoir fait un stage d'enseignement d'une année et passé un examen rigoureux et contradictoire.

En Norvège, celui qui néglige d'envoyer son enfant à l'école à l'âge prescrit, ou qui ne lui fait pas donner l'instruction exigée par la loi, est frappé d'une amende, et, dans le cas où les parents y mettent de l'opposition, on peut leur retirer leur enfant, que l'on place à leurs frais dans une autre famille. En Suède, on n'impose point d'amende. Les chefs d'usine qui emploient des enfants règlent leur travail de manière à ne point apporter d'entraves à leur instruction.

Les écoles populaires sont entretenues par les districts et reçoivent aussi l'aide de l'État ; elles sont gouvernées par un comité scolaire choisi par le peuple ; ce comité a pour président le pasteur de la paroisse ou, dans les villes, un ministre choisi par l'évêque. A la campagne, si les fermes sont situées assez près l'une de l'autre pour permettre à trente élèves d'assister tous les jours à l'école, on bâtit ou on loue une maison pour cet objet. Quand les fermes sont trop éloignées, l'école est ambulante et les fermiers ont pour devoir de fournir des chambres pour les élèves et le maître, de même que la nourriture pour ce dernier pendant le temps que dure l'instruction, y compris les jours de fête qui peuvent tomber dans cette période.

En Suède, le comité se compose, outre le président, d'au moins quatre membres choisis pour quatre ans par les électeurs de la paroisse. L'évêque et le consistoire de l'évêché ont la surveillance générale des affaires scolaires ; ils sont obligés d'adresser, tous les trois ans, un rapport au département ecclésiastique, qui a le contrôle suprême des écoles. La surveillance des écoles populaires est exercée par un inspecteur nommé par le chef de ce département. Les inspecteurs sont institués pour cinq ans. En Norvège, il y en a un dans chaque évêché. L'État se charge de leurs appointements, qui sont proportionnés à

l'importance du district. On leur accorde aussi des frais de voyage el de déplacement.

Les écoles privées sont placées sous la surveillance générale du comité public, lequel, si l'instruction donnée n'atteint pas le niveau prescrit par la loi, peut ordonner que les enfants soient confiés à une autre institution.

La dépense des écoles est couverte comme suit: pour l'érection de maisons d'école, on s'en procure le montant de la même manière que pour une construction d'église, en taxant le domaine royal ; la paye des maîtres et autres dépenses nécessaires s'obtient par une taxe individuelle, qui ne peut excéder 18 ore pour chaque imposé ; si cela ne suffit pas et qu'il n'y ait pas d'autre moyen d'y pourvoir, on frappe de nouvelles contributions, de la même manière que pour les impositions communales. Quand le coût des écoles dépasse les limites des taxes, le gouvernement alloue, sous certaines conditions, une subvention qui est principalement accordée pour payer les instituteurs ; ceux-ci avancent par un système de promotion qui empêche le favoritisme. Ils obtiennent le salaire le plus élevé après vingt ans de bons services, et, tous les cinq ans, on augmente leur traitement.

Une fois par an, en Suède et en Norvège, tous les garçons des écoles gratuites sont réunis et assistent à une grande parade militaire. Chaque école a sa place ; quelques-unes ont leur bande de musique, et, dans les jours de manœuvre, ils montrent au public ce qu'ils ont appris. Ils sont acclamés par le peuple, qui leur prépare une fêle; car il porte un grand intérêt à ces évolutions.

Outre les écoles publiques, il y a encore dans les villes des écoles privées dont les gradués ont le droit d'être admis dans les universités. On voit aussi un grand nombre d'écoles professionnelles et commerciales, publiques et privées; dans quelques-unes, on paye l'instruction, et, dans les autres, elle est donnée gratuitement. On a, en sus, institué des séminaires pour l'éducation des instituteurs et institutrices ; généralement une école primaire y est attachée, et c'est là que l'instituteur futur a l'occasion d'apprendre son métier. Des écoles nationales sont encore ouvertes pour les filles, ainsi que des écoles industrielles privées ou publiques.

A la campagne, on a établi onze séminaires pour les instituteurs des

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SEMINAIRES D'INSTITUTEURS

écoles populaires, sept pour les hommes, et quatre pour les femmes. Ces séminaires ont trois classes et le cours de chacune d'elles dure un an ; l'année consiste en trente-six semaines divisées en deux termes, avec trente-six heures d'instruction par semaine. Les études comprennent la religion, la langue suédoise, l!arithmétique, la géométrie, la géographie, l'histoire, la philosophie naturelle, la science de renseignement, l'écriture, le dessin, la musique, le chant, la gymnastique, le maniement des armes, l'horticulture et l'arboriculture. Dans les nouveaux séminaires féminins, on a fondé des classes spéciales pour préparer des institutrices aux écoles primaires.

Le séminaire pour l'éducation des institutrices a été établi en 1861 el a dix-huit professeurs. En cet établissement, les élèves demeurent trois années sans avoir rien à payer. On les instruit en religion ; on leur enseigne l'histoire de l'Église, la langue suédoise, la mythologie du Nord, l'histoire universelle, la géographie, les sciences naturelles, l'hygiène, les mathématiques, le chant, le dessin et la gymnastique; et, si les élèves le demandent, on y ajoute la botanicpie, la zoologie, la chimie, la philosophie naturelle, la physiologie, la géométrie, l'algèbre, l'anglais, l'allemand, etc. À cet institut est attachée une école normale de tilles.

Dans les écoles industrielles, qui ne se trouvent que dans les principaux centres, on enseigne le commerce, et, dans celles mêmes des plus grandes villes, les filles apprennent à conduire un ménage, à cuisiner, laver, repasser, raccommoder, etc.

Il y a des écoles techniques élémentaires, où les jeunes gens qui ont l'intention d'apprendre le commerce reçoivent, sans frais, une éducation théorique et pratique. Le cours dure trois ans et comprend l'instruction en mathématiques, dessin linéaire et autre; en modelage, mécanique, technologie, philosophie naturelle, chimie, botanique, zoologie, langues modernes, tenue des livres, etc.

Quelques villes ont fondé des classes gratuites du soir et du dimanche où les élèves apprennent la mécanique, et deux écoles techniques supérieures ou l'on paye pour recevoir l'instruction. L'Institut polytechnique de Stockolm, fondé en 1798, a été établi pour donner une éducation scientifique aux jeunes gens qui veulent suivre certaines affaires techniques comme profession. On y étudie les mathématiques,

la géodésie et la topographie, la mécanique théorique et pratique, la géométrie descriptive, la physique, la chimie élémentaire, la technologie chimique et mécanique, la géologie, la construction des routes et canaux, le dessin, l'art du mineur, la métallurgie et la fonderie.

Le cours dure trois ans.

L'École polytechnique Chalmer à Gothenhurg (Gôteborg), fondée en 1811, a le même cours d'études, sauf ce qui se rapporte aux

mines.

Deux écoles élémentaires des mines sont établies à Falun et à Filipstad ; ce sont, à proprement parler, des entreprises privées entretenues soit par la société des mineurs, soit par l'association des maîtres

de forges.

Ainsi que je l'ai mentionné précédemment, il y a vingt-sept écoles d'agriculture et deux collèges agricoles. Quant aux derniers, l'un est situé à Ultuna, près d'Upsal, et l'autre à Alnarp, près Lund, dans la partie méridionale de la Suède. J'ai visité le premier. Dans ces collèges, les éludes roulent sur l'économie agricole et rurale, l'élève du bétail, l'anatomie et la physiologie, les maladies des animaux domestiques, la géologie, la chimie, la philosophie naturelle, l'art du forestier, le jardinage, les lois rurales, la tenue des livres, l'architecture fermière, la mécanique pratique, le dessin des machines, le lavis, l'arpentage, et le traitement de la laiterie. Les étudiants doivent aussi prendre part aux travaux actifs de la ferme. Le prix de la pension et de l'enseignement est de 600 kronor par an ; mais, dans chaque collège, il y a quatre bourses gratuites. Le cours dure deux ans. De grands espaces de terrain sont affectés à l'école d'Ultuna. De celte "institution sont sortis les meilleurs fermiers du pays. Des maîtres et des professeurs distingués font des conférences aux étudiants ; un vétérinaire leur apprend les maladies du bétail, et un musée, fourni de squelettes et autres spécimens, complète les enseignements de leurs lectures. La bibliothèque contient de nombreux ouvrages sur la chimie, l'agriculture, elc. ; il y a un beau laboratoire dans lequel on enseigne à fond la chimie agricole. On y a joint un jardin botanique où poussent les céréales de différentes contrées et où l'on fait des expériences sur les engrais, outre un jardin potager et d'agrément; mais les arbres fruitiers semblent négligés, à cause de la pauvreté du sol. On prend un

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