LE FERMIER HANS
un excellent éoreflfeJ — Qui êtes-vous? » demandai-je ; mais ces demoiselles, craignant d'être reconnues, se sauvèrent et se mêlèrent à la foule. L'hôte ouvrit une trappe conduisant à la cave, y descendit et remonta bientôt, rapportant de grands bols en bois remplis d'ale ; quand on les eut vidés les danses recommencèrent, et lorsque les masques furent prêts à partir, une femme me prit le bras et je la suivis sans me faire prier, car je voulais voir jusqu'où irait la plaisanterie. La bande masquée se rendit ainsi de ferme en ferme, chantant et dansant jusqu'à ce que la fatigue eût pris le dessus. Deux filles et leurs frères qui venaient d'arriver se démasquèrent et me dirent: « Paul, venez dormira
Ancienne corne à boire (hauteur : 18 pouces).
notre ferme. » J'acceptai, et je fus cordialement accueilli. Nous étions accablés de lassitude ; plusieurs personnes dormirent dans la même chambre du mieux qu'elles purent, pêle-mêle, l'une à côté de l'autre, de la manière qui se pratique encore dans le pays de Galles et chez les Hollandais de Long-Island et de New-Jersey, on en Pensylvanie et au Cape-Cod, dans quelques parties de l'Europe, et même en France, dans certains villages des Ardennes.
Le 6 janvier, le dernier des treize jours de Yule, me trouva dans la ferme de Hans Bredevangen, excellent garçon, qui, outre sa ferme, tenait une boutique et une station de relais. Hans aurait été un bon parti , mais aucune fille ne l'avait encore captivé. De l'autre côté de la rivière
Logea, un peu plus haut dans la vallée, était située la ferme de Selsiord, appartenant à Jacob, beau-frère de Hans, chez lequel nous devions passer le treizième jour de Yule. Le temps n'aurait pu être plus beau, les jours s'allongeaient sensiblement et, dans bien des fermes, les gens allaient tous les jours sur la montagne épier le soleil, les enfants accueillant avec joie sa descente quotidienne de plus en plus marquée vers la vallée et comptant les jours où sa clarté atteindra la ferme et les champs; les fermiers regardaient le printemps s'avancer et les femmes pensaient aux saeters.
Canette en buis.
Cruche montée en ai^nt.
On serait dans l'erreur si l'on croyait qu'il n'y a point d'étiquette parmi les bouder. La sœur de Hans et son beau-frère nous invitèrent à monter dans la chambre des conviés, où je fus surpris de rencontrer toute une volée de jeunes filles au teint rosé, aux cheveux blonds et de bel aspect. 11 y en avait de très jolies. Je soupçonnai que cette réunion était un piège tendu à Hans; évidemment sa sœur désirait le marier. Ces demoiselles portaient leurs plus beaux atours : robes en étoffe tissée à la maison et montant jusqu'au col, avec de petits cols blancs fermés par des broches en or ou en argent; elles avaient aussi leurs souliers neufs et leurs bas aux couleurs tranchantes; leur chevelure se cachait