CÉRÉMONIE DES FIANÇAILLES
sauces. Dans les districts ruraux, le couple engagé va au-devant de l'ecclésiastique, qui, en présence des familles respectives, dit: « Devant Dieu l'Omniscient et ces témoins, je te demande si tu veux l'épouser?» Après leur réponse affirmative, les deux jeunes gens échangent leurs bagues qu'ils porteront désormais cà l'annulaire de la main gauche. La coutume d'aller au-devant du pasteur se perd. Dans les villes, parmi les classes bien élevées, lorsque les fiancés se sont engagés l'un envers l'autre, ils écrivent leurs noms sur une seule carte de visite qu'ils envoient à toutes leurs connaissances comme avis de fiançailles; on l'annonce aussi dans les journaux. Quand l'engagement est ainsi publié, la jeune personne peut sortir seule avec son fiancé et souvent on les voit ensemble, sans leurs familles, dans les bals ou autres lieux d'amusement. Cependant, même en Scandinavie, on rompt quelquefois un engagement. Jamais on ne donne qu'une bague en or tout unie, môme chez les plus riches. Le cadeau de noces est de semblable caractère. Quand une femme est de famille riche, elle porte trois bagues comme marques de distinction ; il en est qui s'en montrent très fières ; malgré cela, cette mode tombe en désuétude. Ce n'est qu'à la campagne que les noces sont intéressantes ; car, dans les villes, la cérémonie est la même que dans les autres pays.
Les après-midi du dimanche, dans tout hameau, des groupes de paysans, — rudes travailleurs pendant la semaine, — s'amusent tranquillement sur l'herbe sous les arbres; des violons jouent et ils dansent, revêtus de leurs plus beaux atours. Je ne crois pas avoir rencontré dans aucun pays une population plus contente et plus heureuse.
Un soir, après le coucher du soleil, la singulière condensation de vapeur que les paysans appellent elfdans — danse des elfes — brume légère n'ayant pas la lourdeur du brouillard, mais blanche et transparente, était suspendue au-dessus de la plaine, formant une sorte de voile à travers lequel les prairies, les champs et les bocages prenaient des contours fantastiques. C'était comme un nuage féerique, faisant de tout le paysage une scène parfaitement séduisante. Les gens qui travaillaient dans les champs m'apparaissaient comme des fantômes et, quoiqu'ils fussent près de moi, ils me semblaient très loin. Le voile blanc formait comme une strate de 10 cà 12 pieds de haut suspendue en l'air et s'épaississait graduellement vers le sol. Dans une nou-
velle phase du phénomène, il me sembla que des fées voulaient m'empêcher d'avancer; elles formaient des groupes de blondes jeunes filles en partie estompées par la brume ; je ne voyais que leurs têtes et leurs épaules vaporeuses ; leurs corps étaient complètement cachés par l'épaisseur de la couche inférieure. Je m'écriai : « Êles-vous les filles de
Jeune fille de Blrtinge rassemblant le foin.
Blekinge si renommées en Suède pour leur beauté, ou êles-vous leurs esprits? » Mon cheval s'arrêta et je repris : « Belles jeunes filles ! êtes-vous les valkyries Scandinaves qui voyagent à travers les airs, ou leurs esprits volant devant moi? » Mais nulle réponse ne m'arriva. Leurs têtes se rapprochaient de plus en plus, quand soudain, de l'autre côté de la roule, je vis s'avancer d'autres formes. Je me figurais être dans un monde idéal; j'aurais pu m'imaginer que je planais dans l'espace, entouré d'êtres incorporels.
On est sujet souvent à de semblables visions en été dans quelques
J.a danse dos elfes.
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