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Lorsque la ligne fut tirée deux pêcheurs dirigèrent le filet dans le ba-
teau, ce qui est le travail le plus difficile; deux autres, placés derrière,
le mettaient en ordre; à côté des tireurs, un homme détachait les
morues des hameçons et les jetait dans le bateau. Environ vingt filets
étaient attachés ensemble, ayant chacun vingt brasses de longueur et deux ou trois de profondeur. Il fallait huit minutes pour lever un rang
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jusqu'à la surface et cinquante pour hisser le tout. La longueur du temps employé à tirer les filets dépend naturellement du nombre de
poissons pris et de la température. Bien que l'on eût capturé beaucoup
de morues, leur nombre n'était pas très fort, une migration partielle
vers un autre endroit ayant eu lieu. Nous n'en prîmes guère plus de
trois cents ; quelquefois on arrive au double et les bateaux en sont lour-
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dement chargés.
On tint une consultation pour savoir où l'on jetterait de nouveau les
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filets, et comme nous vîmes d'autres pêcheurs se diriger vers un point
septentrional, notre équipage se résolut à suivre la même route et à y
laisser les filets pendant la nuit. On ne peut que conjecturer la direc-
tion dans laquelle le poisson émigrera et le succès de la saison dépend
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entièrement de la chance que l'on aura de toucher au bon endroit. Nous
avions le vent en tête et notre destination était distante de dix milles;
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nous dûmes ramer avec force pendant cinq heures pour atteindre notre
point. Les bateaux étaient évidemment trop lourds pour que l'équipage
pût constamment ramer; aussi prenaient-ils avantage du vent. Pendant ce temps les hommes inspectaient leurs filets, dont quatre furent rem-
placés par des nouveaux. Ensuite nous commençâmes à sonder : le pre-
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mier essai ne nous apporta point de fond à cent vingt brasses, longueur de la ligne de sonde ; le second, tenté un peu plus loin, nous donna