PRINCIPALE OCCUPATION DES NORDLANDAIS
côte ; celle-ci, vue à distance, semble appartenir à une terre de désolation absolument inhabitée. Sur la frontière entre Tromsœ et Finmarken, apparaît le glacier Jœkel, le seul, en Scandinavie, qui, comme ceux du Greenland, laisse tomber des morceaux. La Tana est la plus grande rivière ; elle est navigable pour les bateaux jusqu'à Ulvefos. Les rivières Allen et Pasvig roulent des eaux considérables ; la dernière sort du lac Enare. Les lacs au nord des monts Gaiser se déversent dans le tîord Porsanger par la rivière Laxe.
Cette province glaciale renferme à peu près 24,000 habitants, dont 6,700 pécheurs et 2,800 fermiers. On n'y récolte pas beaucoup de grain, mais énormément de pommes de terre. Dans ces deuxprovinces, les plus septentrionales, 28 pour 100 delà population sont de purs Lapons et des Finnois.
La pêche constitue l'occupation principale des habitants ; maintes fermes appartiennent à des pêcheurs. Partout où il y a un bon havre on est sûr de voir des maisons ou un village de pêcheurs, consistant en plusieurs familles qui s'y sont établies. Chaque marchand possède plusieurs habitations pour les pêcheurs, et elles ressemblent à celles des Lofoden; tout homme paye un dollar pour la saison, et, lorsque quatre ou cinq marchands sont établis ensemble, c'est un village. Quelquefois deux ou trois familles demeurent dans un endroit pendant toute l'année; ils ont quelques vaches, chèvres ou moutons, qui se nourrissent surtout de lètes de poissons que l'on fait cuire pour eux. Ailleurs , l'établissement se compose d'une seule famille avec ses domestiques' et ses servantes ; le magasin est bâti sur des piliers, près de la mer, et le tout fait l'effet d'un petit hameau. De grands steamers stoppent devant lous ces endroits pendant la saison de la pêche ; les plus petits et d'un moindre tirant d'eau parcourent les fîords et s'arrêtent aux divers établissements.
Les pêcheries de morue sont de la plus haute importance en Norvège ; c'est par elles que le peuple vit et s'enrichit. On connaît trois variétés de l'espèce commune, savoir: la morue de mer (Gwlits morrhua), la morue des fîords (Gadus oirens) et le Ling [Mohamdyaris), qui est aussi de la famille des morues; ces deux dernières variélés sont souvent très grandes et atteignent fréquemment une longueur de six pieds. En Tromsœ, la moyenne des prises monte à 5,000,000,
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et en Finmarken à 1 2,000,000 ; y compris les Lofoden, cette moyenne s'élève à 38 ou à 40 millons ; sur toute la côte norvégienne, à 50 millions ; ces chiffres sont ceux d'une saison. On fabrique en grande quantité l'huile de foie de morue brune.
Les pêcheries de harengs ont une importance presque égale à celles de la morue. Le hareng [clupea harengus) est abondant le long de la côte norvégienne, mais il n'est l'objet d'une pêche considérable qu'entre Lindesnas et les Lofoden. Aussi loin que l'on puisse remonter dans l'histoire, c'est-à-dire depuis le ixe siècle environ, ces pêcheries ont été de grande valeur; toutefois, elles se sont vues sujettes à de plus grandes variations que celles de la morue, et ce n'est qu'à une période comparativement récente que le hareng est devenu un véritable article de commerce. En 1416, un Hollandais, Beuckel, imagina l'art de sécher le hareng, et, lorsque peu après, la connaissance en arriva en Norvège, cette industrie atteignit aussitôt une grande valeur. On divise la pêche en deux classes principales : les pêches de printemps ou du grand hareng, qui ont lieu au commencement de l'année, quand le hareng, en bancs immenses, va le long du bord pour déposer son frai, et les pêches d'été et d'automne, où le poisson est plus petit et nage près de la terre pour se nourrir des énormes masses de Copepodœ (très petites écrevisses), d'annalides et de mollusques qui fourmillent à ce moment de l'année sur certains points de la côte.
Au printemps, le hareng ne va pas souvent à l'est de Lindesnas, et rarement au nord de Stadt. L'époque et les lieux de son arrivée sont très irréguliers ; sa saison est habituellement de janvier jusqu'à mars. Au même moment aussi se fait la pêche du grand hareng, mais en général seulement sur la côte du Nordland et aux Lofoden. La pêche du hareng d'été est encore plus incertaine et arrive à différentes dates, le long de la côte, depuis les Lofoden jusqu'au sud; elle dépend beaucoup des endroits recherchés par le poisson. En cette saison, le hareng n'a ni œufs ni laitance ; il est gras et plus petit que celui du printemps.
L'irrégularité dans l'époque d'arrivée du hareng, et sa disparition périodique des longs espaces de la côte, ne sont pas causées par une diminution dans la masse des bancs ; car le nombre qu'en prennent les hommes est insignifiant en comparaison de celui qui est dévoré par les autres ennemis de ce poisson. Il y a très peu de probabilité qu'il ait
Accident à la pèche du hareng.
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