‹ Un hiver en LaponieChapitre 62 sur 228 · LA PÊCHE DU HARENG · texte numérisé non relu

LA PÊCHE DU HARENG

pris une autre course ou cherché une autre côte ; on admettra plutôt qu'en été il trouve sa nourriture plus au loin dans la mer, etrpie, vers la période de la ponte, il n'a pas eu le temps de venir vers le bord ; c'est pourquoi il est obligé de déposer ses œufs sur des rivages plus éloignés lorsqu'il n'apparaît pas sur la côte occidentale au moment usuel.

On prend le hareng avec des filets dont les mailles ont environ un pouce de diamètre. La longueur de ces filets est de 60 à 75 pieds et leur profondeur de 12 pieds ; on les tient au fond voulu par des pierres et des flotteurs généralement en liège. On les attache ensemble, on les jette la nuit et on les relève vers le matin. Une série de trois filets ramène 10, 12, et quelquefois 20 barils de harengs ; mais la moyenne des prises est d'environ 6 barils. Chaque bateau porte de cinq à huit séries, soit de quinze à vingt-quatre filets. L'équipage consiste en quatre ou cinq hommes et garçons.

On prend encore le hareng avec une seine d'environ 750 pieds de longueur et de 90 à 120 pieds de profondeur, dont on se sert pour enclore des bancs immenses. Plusieurs petits bateaux et un navire plus grand, dans lequel logent les hommes,— généralement de vingt-cinq à trente, — forment l'équipage d'une seine, On appelle seinc-ôoss le contre-maître chargé de l'opération et auquel appartient souvent la totalité ou une portion de l'équipement. Le complet armement de pêche coûte de 6,000 à 9,000 kronor. L'opération se fait de la manière suivante : quand le hareng vient près du bord , dans une baie ou un détroit, on dispose la seine autour de la masse du poisson et l'on forme ainsi ce qu'on appelle un sildelas (enceinte de harengs). L'approche du hareng est généralement signalée parles grands poissons ou oiseaux qui suivent les bancs, ou, dans la nuit, par une sonde ou une ligne au moyen de laquelle un pêcheur expérimenté sent s'il en est arrivé des quantités suffisantes. Le succès de la capture dépend, en grande partie de l'habileté àuseine-boss. Quand deux ou plusieurs équipages de seine opèrent pour faire la fermeture, la prise appartient à celui qui le premier a fait descendre ses seines. Quand le hareng est enfermé les hommes se hâtent de vider l'enceinte au moyen d'une seine plus petite que l'on descend vers le bord où le poisson est pris avec des filets à main et vidé dans des bateaux, qui, lorsqu'ils sont remplis, sont envoyés vers la terre pour être vendus aux propriétaires des vaisseaux marchands.

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Il n'est pas rare que plusieurs milliers de barils soient enclos dans les seines, et l'on a vu prendre en une seule fois de 20 à 30,000 barils, ce qui constitue une valeur considérable. Parfois cependant les seines sont mises en pièces quand le mauvais temps arrive avant qu'elles ne soient vidées.

Des pêches ont été dirigées depuis peu par des navires de 40 à 50 tonneaux, portant chacun des équipages pour quatre ou cinq bateaux qu'ils accompagnent, quelle que soit la direction que prend le poisson. On court souvent des dangers pendant la pêche du printemps, mais pas autant que pour celle de la morue ; elle est aussi plus incertaine que cette dernière. Maintes fois, les pêcheurs mettent en panne, consomment leurs provisions à attendre en vain le hareng, et finalement s'en retournent les mains vides ; tandis que, parfois, la pêche est si riche qu'elle procure de petites fortunes. Habituellement le poisson est immédiatement vendu aux marchands, qui, avec leurs vaisseaux, attendent toujours les pêcheurs. Aussitôt que ces petits navires, qui contiennent de 400 à 500 barils, sont pleins, ils partent pour les établissements de salaisons élevés soit dans les villes ou près des meilleures pêcheries. Là, on enlève au poisson ses branchies, ce qui se fait en coupant, avec un couteau bien affilé, la gorge du hareng ; par un mouvement rapide, on fait sortir la vésicule respiratoire et les entrailles, et un peu de sang s'échappe. Ce sont les femmes qui font habituellement celle opération. Le poisson est ensuite empilé, entre des lits de sel, dans des barils qui en contiennent environ 500 ; pour un baril de harengs, on emploie le quart d'un baril de sel. Deux ouvrières habiles peuvent nelloyer et remplir 30 barils dans un jour. Plus tard, on ressort les harengs et on les encaque de nouveau.

La pêche d'été, ou du hareng gras, commence aussilôl après la clôture de celle du printemps ; mais le meilleur hareng est celui qui apparaît en août et en septembre ; on prend le poisson en partie avec des filets et en partie avec des seines. On laisse celui qui est pris à la seine enfermé une couple de jours avant de l'enlever, pour lui permettre de rejeter la nourrilure qu'il a dans le corps. Les harengs d'été étant plus petits que les autres, les lilels el les seines ont aussi de plus petites mailles ; leur diamètre est généralement de trois quarts de pouce. Les lilels ont 90 pieds de long cl 24 fie profondeur; d'habitude, on attache

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