‹ Un hiver en LaponieChapitre 81 sur 228 · CAMPEMENTS LAPONS · texte numérisé non relu

CAMPEMENTS LAPONS

saient tout le charme et tout le confort en été. Je ne pus boire suffisamment de lait et de café, ni manger assez de viande de renne, de fromage ou de beurre, au gré de ce bon et généreux garçon. Les visiteurs Lapons eurent aussi un moment agréable ; car Nils avait rapporté de Karasiok quelques fioles de spiritueux, et, après un verre ou deux, ils paraissaient contents d'eux-mêmes et de tout le monde.

Cette ferme était le rendez-vous des Lapons montagnards qui aimaient à venir s'y reposer et h fumer pendant quelques jours ; ils apportaient leur nourriture avec eux et, la nuit, ils dormaient sur le plancher. Leurs femmes et leurs enfants venaient aussi et étaient sûrs d'être bien accueillis à la ferme. .le ne m'étonnai pas que Nils eût reçu une légion d'amis.

Le 4 mai je quittai Giusiavre avec Nils. Le jour était nuageux, le thermomètre se tenait à 1 5° au-dessus de zéro1 ; par conséquent, la journée se montrait excellente pour voyager. Les chiens nous suivirent en dépit des vociférations lancées pour les rappeler. Nous prîmes d'abord notre course sur la Vuodasioki où les rennes coururent à plein galop ; puis, quittant le cours d'eau, nous longeâmes le Lappojavre. La neige était perforée partout de trous profonds que les rennes avaient faits pour arriver à la mousse. La surface paraissait avoir été grossièrement labourée, les trous ayant été en partie remplis à nouveau par le vent. La chaleur du soleil avait commencé à faire son effet sur la végétation malgré la profondeur de la neige, qui, dans ce district, avait de 5 à 6 pieds, et les bouleaux étaient en pleine frondaison.

Nous avions atteint le sommet du plateau qui divise l'écoulement des eaux des rivières Alten et Tana. Les Lapons erraient avec leurs troupeaux, marchant sur des patins à, neige, les chiens maintenaient les rennes ensemble ; ils allaient vers de nouveaux pâturages où la neige était moins profonde et d'où le vent l'avait en partie enlevée.

Nous rencontrâmes une famille en marche, quelques femmes tenant leurs bébés sur le clos dans des berceaux avec leur bagage ; puis une famille composée d'un vieillard, trois femmes et plusieurs enfants, récemment arrivés et en train de dresser leur tente. Plus loin, je m'arrêtai à un autre campement. On avait déharnaché le renne qui avait

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