LA RIVIÈRE ALTEN
d'intelligence, réussissent dans les affaires, et les Norvégiens les respectent.
Arrivé aux collines escarpées qui conduisent à la rivière, Nils s'arrêta pour attacher ensemble nos deux kerres, derrière lesquels il mit deux rennes qui durent agir comme freins. Il me donna un bâton court dont j'enfoncerais le bout dans la neige pour guider mon kerres. Quant tout eut été disposé comme il l'entendait, Nils sauta dans son traîneau, avec les jambes en dehors, et nous partîmes à toute vitesse. Il aurait été impossible de descendre directement, car la neige étant tendre et encroûtée, les kerres auraient couru sur les jambes des rennes; nous
Berceau lapon.
allâmes donc en zigzag, m'attendant, pour mon compte, à être jeté dehors à chaque tournant un peu brusque.
Nous fîmes halte à une ferme appelée Rirki, sur la rive gauche de la rivière, après avoir parcouru depuis Giusiavre à peu près quatrevingt-quatorze milles anglais. Celte ferme se composait de quatre corps de logis. Celui servant d'habitation était bas et construit en bois, avec le toit couvert d'une épaisse couche de terre. La chambre avait neuf ou dix pieds de long sur sept ou huit de large; la cheminée se trouvait dans un coin; un lit et un coffre en bois, sur lequel on s'asseyait, formaient tout le mobilier. L'annexe était construite en gazon, et dans l'entrée on avait empilé du bois, des peaux et des fdets, tandis que l'autre chambre était complètement vide. Une autre maison,
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