‹ Un hiver en LaponieChapitre 84 sur 228 · B= PO · texte numérisé non relu

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également en gazon, contenait trois chambres; dans l'une, il y avait une grande quantité de mousse pour les rennes ; celle du centre était vide, et dans la troisième on avait logé trois vaches, un veau et cinq moutons; un énorme chaudron, dans lequel de la mousse détrempait pour les vaches, pendait sous une large ouverture du toit. Deux huttes en rondins, soutenues sur des piliers de bois, servaient de magasins et renfermaient la farine, le poisson salé, les peaux, les vêtements et les biens mondains de la famille. La mère et la fille péchaient dans la rivière , coupaient le foin , recueillaient la mousse d'hiver, allaient chercher le bois, et travaillaient aussi durement qu'un homme ; un chien fidèle leur tenait lieu de compagnon et de protecteur.

Il était tard quand nous atteignîmes Kautokeino, et, quoique nous fussions au 7 mai, le crépuscule était plus obscur qu'à Vardœ douze jours plus tôt. Je ne reconnus pas le Kautokeino de l'été dans ce hameau d'hiver. Je n'aurais pu venir dans un meilleur moment: une semaine plus tût ou plus tard, c'eût été inopportun pour mon but. Ici, le commencement de mai est la saison du mouvement pour les Lapons. Us quittent leurs terrains de pâture de l'hiver dans les pays bas, près des rivières et des bois, et se rendent dans les pays hauts et dans les pâturages d'été, auprès des Bords. Il est important pour eux de partir avant le dégel.

Beaucoup de rennes passèrent devant le hameau. La vue d'un grand nombre de ces animaux se mouvant sur les vastes collines encore revêtues de neige et sans routes, est fort belle, surtout quand plusieurs troupeaux se suivent. A distance, je les prenais souvent pour des taches noires produites par les sommets de bouleaux ensevelis dans la neige, et je n'étais détrompé qu'en voyant s'avancer ces masses noires. Les Lapons, hommes et filles, chaussés de patins à neige, pressaient la marche des troupeaux, pendant que les chiens ramenaient les traînards dans les rangs; la masse s'éloignait graduellement et n'apparaissait plus dans le crépuscule que comme un nuage noir à l'horizon.

Le hameau était en pleine activité. Chaque maison regorgeait de Lapons venus pour voir leurs parents et leurs amis, ou pour laisser ce qu'ils ne voulaient pas emporter et pour acheter de la farine, du

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