‹ Un homme d'autrefois;Chapitre 15 sur 56 · L^INVASION DE LA SAVOIE · texte numérisé non relu

L^INVASION DE LA SAVOIE

d'Aoste. Comte , le domestique du marquis Henry, et après lui le meilleur ami d'Eugène, suivait le petit blessé, rafraîchissant à chaque instant ses mains et son visage avec de la neige. Après mille fatigues, on le débarqua enfin dans un couvent de capucins. L^infirmier, un certain Père Anthelme, qui avait à dix lieues à la ronde la réputation d^étre un médecin habile, entreprit la guérison de Tenfant. Comte allait tous les jours en porter des nouvelles au marquis, jusqu'à ce qu'enfin le colonel de Bellegarde, qui commandait, touché de tant de courage et d'abnégation, eut permis à Henry de rejoindre son fils.

a Je viens enfin de retrouver Penfant, mais dans quel état ! sa figure n'est qu'une plaie ; grâce à Dieu , cependant , les yeux n'ont pas souffert.

» Il capucine dans le couvent dont il est vraiment Tenfant gâté. Le Roi , qui vient d'arriver, s^est informé d'Eugène et m'a fait savoir qu'il me verrait avec plaisir ; je ne sais si je me déciderai à aller lui présenter un visage triste et des doléances auxquelles il ne peut rien. Il sait que je lui ai tout sacrifié, je Pennuierais en le lui rappelant. »

Hélas I on sert parfois les meilleures causes avec les illusions d'un athée qui irait au martyre I

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