‹ Un homme libre (volume 2)Chapitre 20 sur 52 · LA LORRAINE SE DÉVELOPPE · texte numérisé non relu

LA LORRAINE SE DÉVELOPPE

Cette Ville- Vieille, ce musée lorrain, tout incomplets, éveillent à chaque pas des traits délicats de ma sensibilité ; ils me ravissent par la clarté qu'ils apportent dans mes émotions familières, et m'attristent parce qu'ils KL : me font toucher l’irremédiable insuffisance de l’âme que me fit cette race. |

Deux grandes causes d’échec pour la Le fé raine : le pays fut si tourmenté que les ar- . tistes, c’est-à-dire la partie la plus consciente dela tee, désertaient continuellement,

s'établissaient en us S'y Lors

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sentir son provincial, et prenant le bel air de France ou d'Italie.

Pourtant, le palais ducal, modifié dans le goût Renaissance et dont les quatre cinquièmes ont disparu, nous fait voir un côté de Pâme lorraine, Pesprit gouailleur : une gouaillerie nullement rabelaisienne, jamais lyrique, mais faite d'observation, plutôt matoise que verveuse. C’est de la caricature, sans grande joie. Le sec Callot, sec en dépit de l'abondance studieuse de ses compositions, appartient à la jeunesse de la race; le grouillement et l'émotion des guerres qu’il a vues lesoutiennent.Mais Grandville, simesquin et pénible, devait être le dernier mot de cette veine qui n’aboutit pas. On la sent pourtant bien personnelle, la malice de ce petit peuple ; si cette race eût été heureuse, il y avait

1à l’élément d’un art particulier. Les légen-

des, chansons, anecdotes, la finesse si par-

ticulière de ses grands hommes, et même

aujourd’hui le tour d'esprit des campagnards

établissent bien qu’un certain comique se préparait. Cette verve toujours un peu maigre, épuisée par les guerres et l'éloignement des artistes, alla se desséchant. Il ne resta plus de cette promesse qu’une tendance déplorable au précis, au voulu, un âcharnement à l'élégance méticuleuse. |

Au.xv° siecle, à côté de cette grèle malice, l’âme lorraine fait voir un sens humain de la vie très profond, une grande pitié. Ce petit peuple, qui s’agenouillait devant la Dame de Bon-Secours, et qui haïssait ls servitude, ne laissait pas de ressentir des frissons tragiques. Comme Michel-Ange. presque seul au milieu d'un peuple d'imagination riante, fut impressionné des horreurs de l'Italie guerrière, Ligier-Richierdraratisa parmi les Lorrains qui, sans trève foulés, gouaillaient. Quelle simplicité, quelle franchise! 1] est bien le frère des héros naïfs de cette race! Ah!

l’admirable voie que €’ ‘tait là! Ne discutons

pas laforce subür-e de l'Italien, mais à Saint-

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