‹ Un homme libre (volume 2)Chapitre 21 sur 52 · LT PENSE LE NN TR · texte numérisé non relu

LT PENSE LE NN TR

UN HOYNE ?IBRE — 433.

ne près dela Mise au tombear, à l’église

es Cordeliers, près du monument de Phine deGueldres.nous rèvons un art débar rassé de cetie rhétorique qu'à certains jours on croit toucher dans Michel-Ange : un art ayant toute la saveur tragique du langage populaire, où n’atteint jamais la plus noble élequence des poètes. Mais cette race mal consciente d'elle-même, qui venait d’enfanter obscurément le génie de Ligier-Richier, se mit toujours à l’école chez ses voisins. Elle ignora quel fils elle portait. Cette beauté impérieuse dont Ligier a vêtu la mort aujourd’hui encore est mal connue. Ure vague iégende, d’ailleurs insoutenable, voilà tout ce que savent les Lorrains : Michel-Ange rencontrant l'artiste lui aurait fait l'honneur de l'emmener avec lui. Eh! grand Dieul le sot éloge ! :

Manque de fatuité nationale, incomplète connaissance de son génie, c’est là qu'échouèreat, ces doux Lorraines : [a Lorraine

de l'ironie et celle de la grandeur sans morgue. Le même sentiment qui donnait à cette race une notion si fine du ridicule lui fit craindre de s’épancher. A chaque génération, elle

se rétrécit. Son art n’a jamais d'abandon ni

d’audace , tout est voulu : suppression des détails significatifs , imitation des écoles étrangères. Un siècle plus tard le merveilleux Claude Gelée porte dans l’école romaine ces. | instincts méthodiques ; il combine savam-

ment des effets copiés sur la nature, mais dont elle ne nous offre jamais les beautés réunies. La meilleure partie de la Lorraine, sa noblesse et ses artistes, toujours avaient | soupiré avec une admiration naïve vers 4 Pltalie ; à Claude il fut donné d'y vivre. Il | poignit ce ciel, cette terre et celte mer | harmonie si impossible qu’on peut dire vrai-

ment qu'en copiant c'était son rêve, le.

ancêtres, pour en fortifier l'Italie; il n’a pas accru la conscience de sa race.

Après lui, la Lorraine, qui l’ignora comme elle avait méconnu Ligier-Richier, dessèche de plus en plus sa veine. Et l’effort du dernier artiste sorti vraiment de l’âme populaire, le dernier travail ne devant rien à l’étranger, sera cette admirable grille du serrurier Jean Lamour : une dentelle en fer.

Qu'importe si la délicieuse statue de Bagard (1639-1709), garçonnière maligne et touchante qui porte un médaillon, nous ravit et nous retient longuement dans le rezde-chaussée du musée lorrain! Cest une grande dame infiniment raflinée; saspirituelle

afféterie mondaine ferait paraître un peu

grossière la simplicité, la gouaillerie de nos

meilleurs aïeux. Elle est bien du passé, l’âme

lorraine, Bagard n’y songe guère. — Et

’ nous-mêmes, Simon, il nous faut un effort

pour la retrouver sous nos âmes acquises.

Cette jeune femme, cette Française, c’est

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toute notre sensibilité à fleur de peau, une floraison toute neuve pour laquelle, comme Bagard, comme la Lorraine entière d’aujourd’hui, nous avons dédaigné de cultiver le “DCE simple jardin sentimental hérité de nos vieux |

parents.

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