‹ Un homme libre (volume 2)Chapitre 40 sur 52 · chapitre si bref sur l'amour charnel. Elle “à · texte numérisé non relu

chapitre si bref sur l'amour charnel. Elle “à

timents honnêtes; je cancanais un peu, el

j'étais fat à la promenade.

Les petits tableaux qui raniment le souvenir que je lui garde sont au reste fortrares. Elle ne m’a jamais rien dit de mémorable,

ni de touchant; c’est peut-être que je ne l’é-

ple-désir de me donner quelque amertume et de reprendre du ton, j’ai habillé selon ma convenance etavec un art merveilleux le premier objet à qui j'ai plu. Elle n’est qu'un instinct dansant que je voulus adorer, pour le plaisir d’humilier mes pensées.

Comme elle était venue me surprendre,un matin de naguère, dans ma chambre d'hôtel, elle me trouva appuyé sur une malle, qui

lisais l’Zmilation. Je la priai d’entendre le

m'assura que cela lui plaisait infiniment, et pour me le prouver elle riait. La société de Simon a perverti en moile sens delasocia-

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bilité. Il est évident que j'ai ennuyé au delà de tout Objet. Uniquement soucieux de me distraire, je ne songeais pas assez qu'elle est un objet vivant; ce jour où, sur ma malle de voyageur, je prétendis l’instruire de l’instabilité des passions sensuelles est l'instant

où je me crus le plus près d’être aimé et

d’aimer, mais comme il était midi un quart,

elle, avec une netteté d'analyse intime que je n’atteignis jamais, se rendait compte qu’elle éprouvait une grande faim.

Un autre souvenir qui m’émeut dans l'exil de Cannes, c’est ce fiacre, à neuf heures du soir, qui nous emportale long des boulevards immenses et tristes vers la Gare de Lyon, où l’on se bouscule confusément sous trop de lumières. Je m’absentais pour deux jours, mais afin de dramatiser la situation et de me faire un peu mal aux nerfs, je lui dis la quitter pour deux mois. Ses larmes chaudes tombaient sur mes mains dans l’obs-

eurité misérable. C’est ainsi qu'un peu après,

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seul dans mon wagon, je goûtai une petite mélancolie et une petite fierté, ce qui fait

une délicate sensualité.

À imaginer ce sentiment sincère de petite

fille qu’elle eut pour moi, tandis qu’elle sanglotait de mon faux départ, je me désole de mon mauvais cœur, etune vision, d'elle toute embellie etaffinée, s'impose à mon souvenir : figure si épurée, que je n’éprouve plus qu'un regret violent et attendri de la savoir malheureuse. Elle est de la même race que moi; si elle entrevoit ce qu’elle devrait être et ce qu’elle est, combien elle souffre de ne pas vivre à mes côtés, pensant tout haut et se fortifiant de mes pensées! C’est ma faute, ma faute irréparable, de ne pas lui être apparu tel que je suisréellement! Oh!maconstantehypocrisie!

mon impuissance à démêler ce qui est convenable parmi tant de charmantes façons d’être qui s'offrent à moi comme possible:

en toute occasion! Avec son joli corps, pâmé des hommes grossiers, que la voilà misérable, elle, charmante comme une sainte païenne!

Hélas ! pourquoi suis-je si vivement frappé du désordre qu’il y a dans les choses ?.… Ou pourquoi n'est-elle pas morte? la nuit, durant mes détestables lucidités, elle ne m’apparaîtrait plus comme un bonheur possible et que je ne sais acquérir. Elle serait un

cadavre doux et triste, une chose de paix.

Je lui écrivis. Dès lors je connus à chaque courrier l'angoisse, puis la secousse à briser mes genoux, quand le facteur si long-

temps guetté s’éloignait, sans une lettre pour

moi qui sifflottais d’indifférence affectée.

Je n’eus plus le courage de penser à rien . autre qu’à elle, qui peut-être en ce moment

riait,

« Fe ne m'a pas écrit, — me disais-je chaque malin avant de quitter mon lit, —

faut-il en conclure qu’elle ne me répondra

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