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séquent stérile, Le filtre de coke et
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alors incandescente
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la matière à brûler reposent alors sur le foyer ; le tout se met à brûler. Les gaz venant de la tinette passent dans le brûleur, où au contact des flammes, ils achèvent de se brûler pour s'échapper par la cheminée sans odeur n1 fumée. L'opération dure environ une heure et quart. On use par jour à Claude-Bernard en moyenne 2 hect. 74 de combustible, ce qui, à 1 fr. 75 l'hectolitre, représente une dépense minime de # fr. 75 par jour.
Les liquides au sortir des séparateurs tombent dans les fosses où on les traite par un désinfectant. Chaque cuve est munie d'un agitateur mécanique. Le désinfectant employé a d’abord été le permanganate de potasse. Mais le prix de revient a fait abandonner ce produit. Actuellement on se sert du mélange suivant :
Pour 28 mètres cubes d'eau à désinfecter, on ajoute 40 litres d’eau de javel et 29 litres d'acide chlorhydrique.
Enfin les eaux sont définitivement reprises par des pompes et envoyées par une canalisation en fonte au collecteur du Nord.
Un four spécial sert à brûler les ordures ménagères de l'hôpital.
4° Terrasse et Maçonnerie.
Après l'incendie des anciens baraquements, le terrain du glacis des fortifications fut nivelé et la pente réduite à 0 m. 02 par mètre. Les ouvriers employés à ces travaux avaient tous élé vaccinés ; de plus, ils avaient à leur disposition des solutions antiseptiques dont ils devaient faire le plus large usage. Des soins de propreté leur étaient spécialement recommandés. Il n'y eut qu'un cas de contaglon de variole : l’ouvrier qui en fut victime avait refusé d’être vacciné.
Les terres provenant des fouilles furent utilisées pour remblayer une partie du fossé des fortifications, ce qui permit d'installer un deuxième chemin sur toute la longueur des bâtiments.
Les murs du sous-sol, jusqu’à la hauteur des planchers, sont en meulière et hourdés en mortier de chaux hydraulique ; l'extérieur formant socle est enduit de ciment de Portland.
Des soupiraux sont aménagés dans la hauteur du soubassement. Ils sont fermés soit par des grilles, soit par des châssis vitrés, ce qui permet une bonne circulation d'air dans les sous-sols et un éclairage suffisant. Au-dessus des murs, on à appliqué par mesure de séeurilé contre l'humidité une chappe en ciment de Portland de 0 m. 03 d'épaisseur. Sur cette chappe reposent les planchers en béton armé.
En élévation, les murs sont construits en briques creuses rou-
ges de 10>x<20>%30. Les entourages des baies sont enduits d’un
a ———————— —“— "2eme. 0e: + rtf
produit spécial : la métalline, simulant des assises courtes et longues pour rompre la monotonie des façades complètement en briques. Au-dessus de chaque fenêtre, il y a une clé en terre cuite ornée des chiffres À. P.et R.F.
A l'intérieur des bâtiments se trouve une seconde assise de briques en terre cuile et entre ces deux assises de briques existe dans les salles de malades et les logements du personnel un remplissage de briques en liège, Dans les autres parties des bâtiments, ces briques de liege sont remplacées par des briques creuses en terre ordinaire ou des briques de Belleville.
Les voûtes des salles sont hourdées en carreaux de liège de 0 m. 04 à 0 m. 05 d'épaisseur avec enduit en plâtre au-dessous el chappe en plâtre au-dessus.
Les locaux habités sont done complètement entourés de briques de liège, ce qui constitue un excellent moyen de lutte contre la chaleur en été, contre le froid en hiver.
La première année de fonclionnement a permis de juger l'excellence de ce syslème de conslruction : une économie de 400 tonnes de charbon a élé réalisée sur la quantité nécessaire pour chauffer le même cube en maçonnerie ordinaire.
Les murs, les cloisons, les plafonds et les voûtes sont enduits en plâtre avec arrondis et gorges dans lous les angles. Les arêtes
et les angles saillants sont également arrondis.
2° Charpente.
La charpente des salles est composée de poteaux en fer reposant sur l’arase en meulière. La voûte est formée par des fers à simple
T espacés de Ü m. 45 d'axe en axe sur lesquels reposent des car-
reaux de liège. 4
Dans les autres parties du bâtiment, la charpente est en bois de
chêne et de sapin.
3° Couverture.
La couverture est en tuile à recouvrement ; les faîtages et aré-
liers en zinc avec bandes en plomb ; les chéneaux sont en fonte.
4° Menuiserie.
La menuiserie a été construite de façon à ne présenter aucune saillie pour éviter l'accumulation des poussières. Dans de nombreux services hospitaliers on s’est évertué à supprimer les angles des murs, du parquet et du plafond. Mais toutes les boiseries en saillie démentaient les efforts de cette lutte contre la poussière. On a employé à l'hôpital Claude Bernard des dispositifs supprimant ces saillies. Les portes donnant à l'extérieur sont en chêne ; celles de l'intérieur sont en bâtis chêne et panneaux en grisard. A l'extérieur elles sont à panneaux el chanfreins. A l'intérieur elles sont arasées sans saillies ni moulures.
Les croisées sont en chêne ; leurs parlies vitrées ainsi que celles des portes sont assemblées avec petits bois : les feuillures des verres sont poussées sur la rive intérieure de façon que la surface soit complètement plane du côté intérieur.
Au-dessus des portes et des croisées, il existe des impostes vitrées construites dans les mêmes conditions. Un châssis sur quatre est fermé par un appareil dit « Croize Marie », les autres par des loqueteaux d'école.
5° Sols.
Tous les sols sont en carreaux de grès cérame gris et blancs avec
gorges le long des murs.
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6° Revêtements, peinture.
Les salles de malades, les offices, réfectoires, lavabos, salles de bains, water-closets, entrées el sorties des malades, etc., sont revêtus sur une hauteur de { m. 40 à 1 m. 89 (cette dernière mesure pour les salles) d'un revêtement imitant la faïence constitué par une plaque de zinc appliquée sur le mur au moyen d’une compositon spéciale. Ce procédé ne donne d’ailleurs pas satisfaction com plète. Le haut des murs, les plafonds, les voûtes et tout ce qui ne possède pas de revêtement est peint au ripolin. Les enduits pré-
paratoires sont au blanc de zinc.
7° Eau. Canalisation.
L'hôpital est alimenté en eau de source et en eau de rivière.
Les branchements d'eau sont installés dans un égout spécialement construit pour l'établissement qui quitte l'égout public (collecteur du Nord) à l’angie du boulevard Mac Donald et de la rue d’Aubervilliers aboutissant au sous-sol du bâtiment d’administration.
La distribution se fait par des tuyaux de diamètres différents soit en fonte, soit en fer, soit en plomb, suivant la nature des appareils à alimenter.
Ces canalisations placées dans les sous-sols sont toujours appa-
rentes.
8° Cuisines.
Le fourneau de la cuisine placé au milieu de la pièce com-
prend x
4 marmites de 140 litres en cuivre rouge.
4 fours à rôür.
2 étuves chauffe-assiettes,
4 arcades pour charbon.
2 bouilleurs en cuivre rouge.
I est muni d'un foyer spécial pour brüler les fumées, dispositif permettant une économie de combustible.
Dans le comble de la cuisine se trouve un réservoir d’eau de 300 litres en tôle galvanisée avec bac à flotteur pour la distribulion de l’eau chaude.
- Un cylindre sert au lavage de la vaisselle, Il comprend deux plonges de 400 litres chacune chauffées par un foyer spécial. Ces deux plonges sont entourées par une enveloppe en fonte : le des-
sus en bois de hêtre est posé sur une paillasse en maçonnerie.
9° Tisanerie.
: On ytrouve un fourneau de même modèle que dans la cuisine, adossé au mur, comprenant : 2 marmites de 50 litres.
2 brüleurs à gaz.
2 étuves à sécher.
10° Offices des malades.
Les fourneaux sont du même modèle, comprenant deux récipients en tôle de 50 litres chacun pour l’eau chaude et deux étuves chauffe-assiettes pour tenir au chaud les plats apportés de la cuisine. Au besoin on peut préparer quelques aliments dans ces offices.
Les offices du personnel ont la même disposition.
Ac Salles de bains.
La question du chauffage de l’eau des salles de bains était assez difficile à résoudre à l'hôpital Claude-Bernard pour deux r'aISONS : Lo la très grande étendue de l'hôpital ; 2° il est très possible qu'à
2 un moment donné un pavillon se trouve fermé faule de malades. On a résolu le problème en installant des appareils de chauffage au gaz.
À cel effet une canalisation en fonte de 100 millimètres a été établie dans les sous-sols sur toute la longueur de l'établissement. Elle est alimentée à chaque extrémité par deux compteurs de 500 becs et forme par son diamètre une réserve permanente de gaz qui régularise la pression et supplée aux à-coups fréquents de la canalisation publique.
Des branchements avec robinets d'arrêt sontétablis dans chaque salle de bains. L'eau est chauffée par des appareils (système Grodet) en cuivre étamé à l'intérieur avec un dispositif spécial de production d’eau sous pression pour les douches.
Les appareils à douches sont des cols de cygne en cuivre rouge avec robinet d’eau chaude, d’eau froide et robinet hydro -mélangeur. Au-dessous de l'appareil a été construit un tub en maçonnerie surélevé de la hauteur des gouges en grès cérame avec revê+ tement en grès cérame et claies en hêtre.
Nous avons vu dans la description de l'hôpital comment les salles de bains avaient été réparties dans les services. À l'entrée et à la sortie des malades deux salles de bains. Pour le service intérieur des pavillons, nous avons :
Dans le quartier des douteux, # baignoires pour 24 malades et
une baignoire pour 6 serviteurs.
Dans le deuxième quartier, # baignoires pour les entrées et les sorties, 2 baignoires pour 29 lits, une pour 11 serviteurs.
Dans le troisième, # pour les entrées et les sorties, # pour 80lits, une pour 14 serviteurs.
Dans les services généraux, une baignoire pour 9 infirmières et une pour 16 garçons.
Dans le quatrième quartier, # pour les entrées et sorties, 6 pour 113 lits, une pour 13 serviteurs.
Dans le cinquième quartier, # pour les entrées et les sorties, 2 pour #4 lits, une pour 11 serviteurs.
En résumé, nous avons 18 baignoires pour 290 lits, soit une baïgnoire pour 16 malades, et si l'on compte les 16 baignoires des entrées et des sorties, une pour 8 malades. Les salles de bains semblent donc être largement suffisantes : d'autant que rien n'empéche d’avoir des baignoires mobiles pour les malades qu'il importe de baigner dans les salles.
Quant au personnel, il est également bien desservi sous ce rap-
port, puisque nous comptons une baignoire pour 11.
12° Lavabos, water-closets, vidoirs.
Les lavabos des malades sont en granit-porcelaine adossés au mur. Ceux du personnel sont dans les angles des pièces.
Les appareils des water-closets sont du type tout à l'égout dit «hospitalier ». Le sol des cabinets est en grès cérame facilement lavable. Les appareils sont munis d'un réservoir de chasse : entre ce réservoir et l'appareil se trouve intercalé un deuxième réservoir pourvu d’un tube niveau d'eau destiné à recevoir une solution antiseptique. On emploie du crésyl. La solution se trouve
précipilée au moment où on déclanche par la chaîne la chasse
d’eau supérieure. Les matières sont donc immédiatement mélangées à une solution désinfectante, ce qui n'est que le commencement des manipulations qu’elles subiront avant leur envoi à l'égout public et dont nous avons parlé ailleurs.
Les vidoirs en mêmes produits céramiques que les appareils comportent une intéressante innovation. Ils sont naturellement siphonés, possèdent une grille en cuivre, un bouchon de dégorgement, une chasse d'eau et un réservoir automatique projetant une solution antiseptique en même temps que la chasse d'eau ; mais dans l'intérêt du personnel, il importait de pouvoir pratiquer une désinfection sérieuse des bassins des malades, et de faire cette opération avec le moins de manipulations possible. Près de chaque vidoir où le bassin reçoit un premier nelloyage au moyen du robinet habituel qui se trouve dans tous ces appareils, 1l a été installé un bac en bois dont l’intérieur est garni en plomb avec des rainures sur les côtés. De cette façon il est facile de plonger verticalement le bassin dans une solution désinfectante ad hoc sans risquer de le briser et sans exiger aucune manipulation de la part du personnel. Le nombre de ces sortes de cases est proporlionnel au nombre des malades.
Dans la crèche, un compartiment supplémentaire est réservé aux vases des enfants.
Dans chaque salle et dans chaque chambre se trouve une bonde pour l'écoulement des eaux de lavage.
Toutes les eaux sont recueillies dans une canalisation spéciale
en sous-sol qui les mène à l'usine.
13° Ventilation.
La ventilation des salles est obtenue par des entrées d’air mu-
FT ALT ts PET L F an t * :
nies de registres et placées au niveau du sol, au-dessous de chaque croisée. La partie basse des croisées s'ouvre, à deux vantaux, au moyen d'une crémone à clef carrée; cette clef doit être gardée par la surveillante.
Le haut des croisées ou imposte ouvre également en deux parlies séparées et un vanlail sur quatre est muni de l'appareil dit « Groize-Marie ». Les autres vantaux sont fermés par des loque-
taux à pompe et sont manœuvrés par un bâton à anneau.
L'appareil appelé « Croize-Marie » permet d'ouvrir les impos-
Les dans la proportion que l'on désire. Il est donc facile de renouveler l’air des salles par l'ouverture des croisées ou de leur imposte pendant la saison chaude, par les Croize-Marie seulement
pendant la saison froide.
Un autre dispositif complète la ventilation. Ce système a déjà
élé installé avec succès à la Maternité de l'hôpital Saint-Antoine. I consiste à percer à chaque extrémité des salles, dans les pignons, au niveau du plafond, une ouverture de dimensions restreintes
0,20 >< 0,30. Chacune de ces ouvertures est pourvue de deux
grilles l'une sur le parement intérieur, l'autre sur le parement ex-
térieur. Sur la grille intérieure est fixé un rideau de soie à la parlie supérieure du châssis. Le courant d’air sortant soulève le rideau tandis que l’air extérieur ne peut pénétrer puisqu'il appuie le rideau sur la grille. I] est évident que la grille doit se démonter facilement pour le nettoyage el que cet appareil ne doit faire au-
cune saillie à l’intérieur de la salle, ce qui a été réalisé.
14 Chauffage. Ecläirage.
Le chauffage est à vapeur à basse pression. Il comporte neuf
batteries de deux chaudières chacune placées en sous-sol et ali-
MODÉS DE CONSTRUCTION 49
mentant des radiateurs silués au bas de chaque croisée. Chaque radiateur de type simple pour être facilement nettoyé est à dix centimètres du mur. Jl est alimenté par un tuyau de vapeur montant directement du sous-sol ; le retour de vapeur s'opère de façon identique, dispositif qui supprime le passage des tuyaux dans les salles de malades.
L'air frais est amené sous les radialeurs par les prises d'air décrites plus haut.
L'éclairage est électrique ; les cables sont posés dans les soussols où se trouvent des transformateurs car le courant fourni à l'hôpital y arrive à une tension de 5.000 volts.
Dans les chambres et les salles de malades, les fils électriques; pour éviler les saillies, sont placés dans des fourreaux en cuivre encaslrés dans la maçonnerie.
Dans les salles on trouve de nombreuses prises de courant pour lampes mobiles permettant l'examen des malades la nuit:
Il a été installé un téléphone spécial pour le service intérieur de l'hôpital, et une autre ligne qui relie directement les avertis: seurs d'incendie à la caserne des pompiers de la rue Chateau-Lan-
don et à celle de l'État: Major.
15° Mobilier.
Les lits sont en fer rond, les sommiers en lames d'acier ; les tables de nuit, les tables du milieu des salles, les chaises en fer
permettent un nettoyage aussi complet que possible.
16° Service d'incendie.
Une canalisation en fonte de 0 m.100"" est spécialement bran-
chée sur la conduite d'eau de source pour assurer le service d’in-
Renaud 4
cendie. On a été amené à uliliser l’eau de source: de préférence à l’eau de Seine en raison de la pression nécessaire.
Cette canalisation est posée parallèlement aux précédentes jusqu'au pavillon d'administration d'où elle est reportée sur le trot- Loir longeant le mur de clôture Nord.
Elle dessert 6 bouches d'incendie de O6 m. 19 du modèle du service lechnique des pompiers de Paris el placées sur le trottoir. Deux dévidoirs comprenant les accessoires réglementaires sont placés l’un dans le porche des premier et deuxième quartiers, l'autre dans celui des quatrième et cinquième.
En outre, trois postes secondaires ont été installés dans le bàâtiment des services généraux, un dans le couloir entre la cuisine et la pharmacie, les deux autres au pied des escaliers donnant accès au logement du personnel et à la lingerie.
Ces postes sont pourvus naturellement d’une longueur detuyaux
proporlionnelle à la surface que chacun d'eux doit protéger.
17° Clôtures, chemins.
Chaque quartier est complètement isolé par des murs en briques. Les chemins sont fermés par des grilles légères posées sur un soubassement en pierre.
Un mur en bélon armé, enduit de métalline simulant la brique, sépare l'hôpital des Lerrains voisins.
Le long des grilles et dans les cours quelques arbustes à feuilles persistantes ont été plantés.
Une voie ferrée sur le chemin infecté sert au transport des différents objets aux salles de désinfection. Des wagonnels spéciaux servent au transport des décédés.
En sous-sol, une seconde voie ferrée sert à la distribution du charbon dans les différents services. Le charbon y est monté par
des monte-charges spéciaux.
MODES DE CONSTRUCTION 5l DT PAS PA ET TE
Les chemins, les cours et le sol de la buanderie sont en asphalte.
18° Sous-sol.
I y a tout le long des bâtiments de longues galeries sans com-
Les canalisations.
Sous-sols :
Fic. 13.
munication avec les services. Toutes les canalisations y sont installées, eaux de source, eau de rivière, eaux vannes, gaz, électricité,
chauffage, etc.
On a cherché à réaliser l'isolement le plus parfait des services. Dans un hôpital de contagieux, chaque service affecté à une maladie désignée et toujours la même réalise en quelque sorte un hôpital secondaire. Mais il fallait trouver des dispositifs spéciaux, d’une part pour isoler le personnel de chaque service et les malades, d'autre part pour permettre les services généraux sans qu'il y ait contactentre le personnel intérieur et le personnel extérieur.
Chaque pavillon est complètement séparé des pavillons voisins par un mur et des chemins par une grille. Nous avons vu que tout le long de l'hôpital courent deux chemins. Les dispositions intérieures sont telles que le chemin Nord seul sert à l'entrée des malades, des médecins, à la sortie des cadavres et des objets souillés. C’est le chemin dit chemin infecté. L'autre chemin au Sud est au contraire réservé à la sorlie des malades guéris et à la manutention des objets non souillés (aliments, médicaments, linge propre, etc.). C’est le chemin non infecté.
Lorsqu'un malade arrive à l'hôpital, il est examiné par l'interne de garde dans la voiture d’ambulance, sous un abri spécialement construit pour cet usage.Si le diagnostic ne s'impose pas immédiatement le malade est conduit dans le premier pavillon ou pavillon des douteux pour y être mis en observation. Si au contraire la maladie est nettement déclarée, il est transporté dans le service spécial à l'affection en cause.
La voilure d'ambulance n’est pas désinfectée à l'hôpital ; elle
FONCTIONNEMENT b3 ADD D
relourne au dépôt où on doit lui faire subir une désinfection complète. De nombreux malades arrivent, paraît-il, en fiacre. Le fia-
cre est désinfecté par un employé du bureau ou par un brancar-
Pavillon de sortie des morts et du linge sale. :
É 4 5 | 24 Lo 3 GS) 1] Fe] S = so : = e) | ÿ Le — A dier au moyen d’un pulvérisateur à sublimé. Cette opération est | absolument insuffisante et fictive. Il serait à souhaiter, puisque le | service des ambulances fonctionne bien à Paris, qu'il soit absolu - ;
Fe = VV TT PHASE j US î
ment interdit à une voiture de place de conduire des malades à Claude-Bernard.Un simple règlement de police suffirait. Dans les cas de contravention, i& voilure serait retenue à l'hôpital pour èlre soigneusement désinfectée.
Le malade entre donc dans le service par le chemin infecté. Dans une première pièce,il est complètement deshabillé, puis dans une deuxième 1l est baigné et douché. Il est bien évident que dans certains cas,d'ailleurs rares,on sera forcé de s'abstenir de ce bain. Il appartient à l'interne de garde de signaler les malades qui doiventsubir cette exception.
Pendant ce temps, les vêtements de ville sont empaquetés et enfermés dans des caisses hermétiquement closes et envoyées à la désinfection. Le malade les retrouvera désinfeclés à sa sortie de l'hôpital. On revêt alors le malade du linge de l'hôpital et il est couché dans le lit qui lui a été assigné.
Lorsqu'il sera guéri, il subira les mêmes formalités : il quitiera dans une première pièce ses vêtements d'hôpital, il sera baigné et dans une seconde pièce il retrouvera ses effets de ville. Mais, il ne partira pas par le chemin par lequel il est arrivé : les salles de sortie ouvrent en effet sur le chemin Sud, dit non infecté, par lequel le malade s’en ira. Les précautions prises pour les malades deviendraient évidemment illusoires si le personnel médical et administralif ne les prenait à son tour.
Les médecins entrent dans une première pièce où ils déposent leurs vêtements de ville dans des armoires, puis ils revêtent la blouse d'hôpital dans une deuxième pièce. À leur sortie du pavillon, ils répètent la même opération. Ils ont naturellement à leur disposition les appareils nécessaires à un sérieux nettoyage
des mains.
Le personnel infirmier doit prendre les mêmes précaulions
FONGTIONNEMENT DS
lorsqu'il quitte le service. D'ailleurs,iln'en doit sortir qu'à ses jours el heures de congé : il est en effet logé dans le service même auquel il appartient.
Il reste encore une question à élucider : l'entrée des vivres, médicaments, etc., et le moyen réel d'empêcher le contact entre le personnel intérieur et le personnel extérieur au cours de ces manipulations. Cette question a été résolue ingénieusement par le système des portes el les tours que nous allons décrire.
Dans chaque service, 1l a été installé une salle spéciale de dépôt d'objets dont les deux portes l’une donnant à l'intérieur du service, l'autre permettant l'entrée du dehors, se condamnent mutuellement, empêchant la rencontre de deux personnes venant de services différents. Un mécanisme très simple réalise cette manœuvre. Est-on entré de l'intérieur ? Par le fait même que la porte intérieure a été ouverte, l'extérieure ne peut plus s'ouvrir. De même dans l’autre sens. Dans ces condilions la rencontre du personnel est impossible puisque l'infirmière du service ne peut entrer dans la pièce que lorsque l'infirmière du dehors est parte. C'est par ces salles de dépôt ainsi aménagées que s'opère le transport des matelas, objets de literie, etc.
Pour passer les aliments et les médicaments, 1l a été construit dans chaque service un tour, cylindre en tôle monté sur pivots, analogue au tour bien connu des anciens hospices d'enfants abandonnés. Il est aménagé dans un cadre ajusté à hauteur d'homme dans une pièce située entre le vestibule et l'office.
Le garçon apportant les aliments les dépose sur les tablettes du tour ; une légère impulsion fait tourner le cylindre ; les tablettes se présentent alors à l'intérieur tandis que du côté du garçon apparaît la surface cintrée du tour. Ce système très pratique et
rendant la séparation absolue demande à être Lenu rigoureuse
ment propre.
Les lettres des malades sont désinfectées au moyen d’une soufrière, armoire dont l'intérieur est revêtu de zinc et dans laquelle on fait brûler du soufre. Les lettres sont perforées au moyen d'un instrument spécial. Ce procédé est pratique, mais il faut percer les lettres pour que l'acide sulfureux puisse pénétrer le papier. On pourrait se servir de la formaline : On coupe le coin de l'enveloppe et on introduit dans la lettre trois ou quatre gouttes de formaline au moyen d’un compte-gouttes. L'extérieur de l'enveloppe est arrosé d’une petite quantité de formaline pour ne pas faire couler l'encre. C'est le procédé employé avec succès à la Havane pour de grandes quantités de lettres. Il est simple et ne demande aucun matériel spécial.
Toutes les précautions sont donc prises pour éviter la contagion intérieure. Le résultat a d'ailleurs été excellent depuis l'ouverture des services.
Voici, à titre documentaire, le nombre des malades lraités en 1907, 1908 et 1909 jusqu'à ce jour. Ces chiffres nous ont élé communiqués par M. Mora, directeur de l'hôpital, que nous remercions de son aimable complaisance.
En 1907, 885 douteux,111 rubéoleux,540 varioleux, 2.264 scarlatineux.
En 1908,703 douteux, 12 varioleux, 772 rubéoleux,1.656 scarlatineux.
En 1909 (de janvier à octobre), 584 douteux, 39 méningites cérébro-spinales, 608 rubéoleux et 1.248 scarlatineux.
D'après les renseignements que nous a fournis M. Mora, il ny a pas eu de cas de contagion intérieure,à part six cas de rougeole et six cas de scarlatine qui ont contracté la diphtérie pendant leur séjour à l'hôpital. Ces douze cas sont tous des enfants.
Par contre, le personnel a payé un assez lourd tribu à la conta-
ee
gion : il y a euen 1908, 20 cas de scarlatine, On remarquera que sur ces cas de contagion 19 ont atteint des serviteurs nouveaux dans l'administralion, le 20° -était une infirmière ancienne dans l'administration mais nouvelle venue à Claude-Bernard.
Nous ne parlerons que de la mortalité de la scarlatine. Cette maladie a été en effet prédominante pendant les années 1907 et 1908.II y eut 2. 73 0/0 de décès en 1907 et 3.82 0/0 en 1908. Le D" Martin donne comme statistique des décès scarlatineux à l'hôpital Pasteur 2 à 3 0/0.Il indique dans les autres hôpitaux une mortalité de 12 0/0. Nous voyons donc que le pourcentage de Claude-Bernard est à peu de chose près identique à celui de Pasteur. C’estun très beau résultat si l’on songe que 4.230 scarlatineux furent hospitalisés à Claude-Bernard, chiffre qui laisse certainement loin derrière lui le total des hospitalisations de l'hôpital Pasteur.
On peut s'étonner que pour un établissement de 300 lits il n’y at que vingt-quatre chambres de douteux. Le programme du D" Roux prévoit 490 lits et seulement 28 lits de douteux. La proportion est trop minime. On aurait en effet avantage à augmenter le nombre des lits de douteux ; tous les malades y feraient un stage avant leur réparlition dans les services spécialisés, sauf ceux pour lesquels le diagnostic serait très nettement établi dès leur entrée à l'hôpital.
Il y aurait lieu également de doter le pavillon de nombreuses baignoires (autant que de chambres) pour éviter ce qui se passe actuellement : un entrant scarlalineux est en effet baigné d ansle même appareil que le rubéoleux entré quelques instants avant.
Le plus grave défaut de l'hôpital Claude-Bernard, c'est que pour des raisons budgétaires l'administration n’a pas fait installer une canalisation d'eau chaude. Nous avons vu dans un pré-
cédent chapitre que l’eau chaude était fournie par les chauffe-
bains et les fourneaux des offices. Il serait à souhaiter que les lavabos des malades et du personnel reçussent de l'eau chaude ou froide à volonté. Pour cela il faudrait une chaufferie par quartier, la longueur de l'hôpital ne permettant pas l'emploi d’un chauffage central unique. L'inconvénient du système employé a d’ailleurs été reconnu et un projet d'installation d'eau chaude dans chaque service a élé demandé à M. F.Renaud, architecte et à M. Desbro-
chers des Loges, ingénieur.
PARALLÈLE ENTRE LES DIFFÉRENTS SYSTÈMES D'HOSPITALISATION DES CONTAGIEUX
Nous avons vu au début qu'actuellement les hygiénistes proposent trois solutions au problème de l'hospitalisation des contagieux :
1° Des pavillons séparés et distincts pour chaque maladie.
2° Des pavillons où tous les malades, de quelque affection qu'ils soient atteints, sont traités séparément dans des box.
3° Des pavillons interchangeables suivant l'épidémie régnante.
Ces trois systèmes ont reçu une applicalion dans trois hôpitaux types :
L'hôpital Claude-Bernard réalise le système des pavillons affeclésà une seule maladie,
L'hôpital Pasteur possède un pavillon de contagieux aménagé avec des box.
Le service des contagieux à l'hôpital de l'école d'application du service de santé militaire au Val-de-Grâce est composé de locaux interchangeables.
Nous avons étudié en détail le premier de ces établissements : nous allons maintenant examiner les principes de l'établissement
des deux autres systèmes hospitaliers.
Hôpital Pasteur, pavillon des contagieux.
L'isolement individuel des malades est réalisé par l'installation de box. Un service de convalescents et des annexes complètent
ce service. Le pavillon a un étage.
Service des isolés. — Il est composé de douze: box autonomes ayant deux portes l’une sur un couloir intérieur, l’autre sur un balcon extérieur. Le service se fait soit par le couloir intérieur, soit par le balcon, et on peut au besoin isoler deux box voisins dans certains cas urgents et particulièrement dangereux : dans l'un est le malade, dans l’autre l'infirmière spécialement attachée à ce malade.
“Ces box sont des petites pièces de 2 m. 75 de large sur 3 mètres 45 de long cubant 33 mètres environ. Le sol est en grès cérame, les parois sont revêtues de grès émaillé jusqu'à 1 m 10 de hauteur. Les angles sont arrondis. Les parties hautes des cloisons sont vitrées, une bonde de vidange est installée dansle sol. La chambre est entièrement lavable, y compris le mobilier. On y trouve de l'eau froide et chaude, un appareil à gaz pour la stérihsation des divers instruments nécessaires et l'obtention rapide d’eau bouillante, une lampe électrique et une prise de courant.Toutes les canalisations sont entièrement dissimulées dans le mur. Le balcon extérieur permet aux familles de voir leur malade et même de causer avec lui sans entrer dans sa chambre.
Service des convalescents. — Il comprend quatre chambres de trois lits installées dans les mêmes conditions, complètement lavables et désinfectables.
Les annexes comportent une lingerie, office, water-closets, vidoirs.
Une salle des entrants servant à déshabiller les malades qui doivent entrer dans les chambres de l'étage. S'il n'y a pas d'étage ce qui est préférable le malade est directement conduit dans sa chambre,