‹ Un humaniste toulousainChapitre 10 sur 20 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Une Révolte d'Université (1533-1534)

Lr Vœu du Roi. — François /''' à Toulouse, — Révolte des Sodalités. — Dolet imperator. — Utic Conférence publique. — Dolet et les Jeux floraux. — Révolte de VUniversité. — La Grève

des Régents. — Procès des ('api i oui s contre Boysson.

François 1er, pendant sa douloureuse captivité de Madrid, avait fait le vœu d'aller en pieux pèlerinage, à Notre-Dame du Puy et à Saint -Semi n de Toulouse, aussitôt qu'il aurait recouvré la liberté. Il ne put pas exécuter sa promesse dès son retour en France, parce que ses guerres incessantes avec Charles-Quint ne lui laissèrent pas le loisir de faire un aussi long voyage; mais il résolut, en 1533, d'accomplir ses engagements, avec toute la solennité possible. Il devait aller ensuite de Toulouse à Marseille, pour recevoir le pape Clément VII, avec quj des négociations étaient ouvertes, au sujet d'un projet de mariage entre Henri, duc d'Orléans, et Catherine de Médicis, nièce du souverain pontife.

Le roi, suivi de toute la cour royale, partit de Fontainebleau le 23 avril 1533, et se rendit à Lyon; le cortège était ainsi compose : François Ier et ses cinq entants : la reine Kleonore; le roi de Navarre, sans la reine Marguerite, qui attendait la naissance de son quatrième entant: le *\\\c de Vendôme; le comte de Saint-Pol; 1»' duc de Longueville el le duc de Nemours; Antoine de Pradt, archevêque de Sens et grand-chancelier; le cardinal de Lorraine; le maréchal de Montmorency, gouverneur du Languedoc; Galiol de Qenouilhac, grand-écuyer de France, el autres puissants seigneurs :

La duchesse de Vendôme; la comtesse de Nevers; la ma-

réchale de Châtillon; M"'* de Roye, etc.; lesquels princes et princesses, seigneurs et nobles dames, étaient accompagnés d'un grand nombre d'écuyers, d'évêques et de damoiselles (1).

François Ier aimait beaucoup à voyager, mais toujours en brillant apparat, « D'humeur très changeante, il va et vient « perpétuellement, demeurant quinze jours au plus en un « endroit, et repart au hasard, d'un côté ou d'un autre, et la « cour entière doit le suivre, immense attirail, exigeant un

« train considérable Or, la vie n'est pas plaisante au

« cours de ces pérégrinations extraordinaires. Si l'on arrive, « le soir, dans un pays où il n'y a que peu de maisons, force « est de camper, de dresser des tentes, des baraques en « toile ; cela ressemble quelque peu à des installations de « Bohémiens; chacun pâtit; seul, le roi ne paraît pas subir « les conséquences d'une vie aussi instable.

« Rien ne lui manque ; il a des tapissiers qui vont devant

« lui, installant son gîte pour le soir, dressant son lit Sa

« table ne manque de rien ; il est servi à souhait. Dans un « village, dans les forêts, en l'assemblée, écrit Brantôme, il « est traité comme s'il était dans Paris (2). »

Pour aller de Lyon à Toulouse, les hommes devaient voyager à cheval et les dames en chariots; mais le gouverneur de la province fit observer que les chemins conduisant 'lu Pu y vers Rodez n'étaient pas accessibles aux chars. Alors le roi décida que les dames passeraient par le Dauphiné et le Bas-Languedoc; lui-même devait passer, avec les princes et les seigneurs, par Le Puy, Rodez et Albi; la séparation se lit, à Lyon, le 26 juin; la rencontre eut lieu près de Toulouse, le 30 juillet. Le cortège royal, pendant cette partie du voyage, fit quatre à cinq lieues par jour; il en fera huit à dix en allant de Toulouse à Marseille.

François Ter entra dans la capitale du Languedoc le

Archives manuscrites de Béziers. Procès-verbal de l'entrée de François 1" à Béziers, en 1533. Nous avons emprunté à ce document authentique la majeure partie des renseignements relatifs à ce voyage.

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