‹ Un humaniste toulousainChapitre 9 sur 20 · lettre h" \ de Jean Dafïis à J. de B · texte numérisé non relu

lettre h" \ de Jean Dafïis à J. de B

- avec La Barbarie et tant de Luttes acharnées contre les a régents hostiles à l'Humanisme (1 »

On voit, par c<>< quelques lignes, que L'union n'avait pas été rétablie dans Le monde des écoles : humanistes el scolastiques restaient, sans désarmer, en face les uns des autres : mais TEglise ne modifiait pas son attitude énergique; plus rigide que jamais envers les Luthériens, elle s'efforçait d'enfraver les menées orgueilleuses 'les réformateurs universitaires; quant au roi de France, il avait acquis enfin la certitude que le vrai moteur de La Réforme était un ardenl sentiment de révolte et il disait : « Si je croyais que ma « main droite fût gangrenée par l'hérésie, je n'hésiterais « pas à la couper avec ma main gauche. » Cependant il accordait toujours ses plus insignes faveurs au personnel de ses Universités, ne voulant pas que les maîtres ou Les étudiants fussent molestés.

Telle était la situation des esprits, quand Boysson connut l'entrée solennelle de François I"r à Toulouse et la splendide réception faite par la ville au cortège royal : peu de jours après, une autre grave nouvelle arriva jusqu'à lui : Jean d'Orléans, archevêque et cardinal, venait de rendre son âme à Dieu! Tous les obstacles qui pouvaient s'opposer au retour de L'humaniste toulousain dans sa chaire ancestrale venaient de disparaître l'un après l'autre ; il partit eu toute hâte pour Toulouse. Sa correspondance ne nous dit pas comment il fut accueilli par les régents et les élèves; nous devons croire qu'il arriva dans sa patrie hésitant et craintif, car il était

d'un naturel timide: nous trouvons d'ailleurs une preuve de ses hésitations dans une Lettre qu'il écrivit, vers la lin du mois de septembre 1533, à son ami Jacques du Paur, récemment appelé, comme vicaire-général, auprès du cardinal de Gramont, nommé archevêque de Toulouse : on affirmait dans la ville que le prélat avait obtenu du roi la création prochaine de quelques nouveaux sièges au parlement, »-i Jean de Boys son disait à Jacques du Faur :

(1) Lettre ir 1. Andréas Alciati a J. de !'••

« Les lettres de beaucoup cl la rumeur publique m'ont i appris que Jean d'Orléans est mort et que le cardinal de

Gramonl est nomme archevêque de Toulouse. Qu'aurait-on u pu m'annoncer qui me fût plus agréable?

u ,1e ne me réjouis certes pas de cette mort ; je la déplore ; a mais l'élévation si subite du nouvel archevêque m'a causé, « crois-le bien, une très grande joie; car je sais que, de a cette élévation, les lettres ne peuvent retirer qu'un grand u avantage

« ...J'ai ouï dire aussi que le roi créerait bientôt de nou- « veaux sièges de conseillers ; je veux te prier, en cette cir- « constance, de penser à moi; je ne puis pas douter que tu « veuilles bien le faire, après toutes les bonnes relations que « nous avons eues à Venise et à Bologne. Si je demande « cette faveur au cardinal, je lui ferai voir que je suis digne « de l'obtenir (1)... »

Le cardinal de Gramont venait de montrer sa bienveillance et son pouvoir en faisant annuler les lettres de bannissement de Michel de L'Hôpital, qui fut autorisé par François Ier à prendre une charge d'avocat au parlement de Paris; mais la requête de Boysson ne put recevoir aucun e lie t : les sièges annoncés ne furent pas créés et d'ailleurs le nouvel archevêque tomba gravement malade en arrivant ;ï Toulouse; il mourut peu de temps après, le 24 mars 1534, an château de Balma, puissant manoir situé près de la ville, dans la direction de Castres.

Quand eut lieu la réouverture des cours universitaires, h* 18 octobre 1533, Jehan de Boysson reprit sa chaire de droit civil, après avoir signé, avec le recteur Biaise Auriol, une conduite de trois ans. En contractant ce nouvel engagement, notre humaniste savait bien qu'il ne pourrait pas adopter la méthode historique, dont il avait été l'éloquent précurseur; il reviendra loyalement aux commentaires d'Accurse et de Bariole.

Lettre n* 54, de J. de 13. à Jacques du Faur

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