Louis XVIII, Robespierre. — Cf. plus haut, note
51. Un* y avait plus de noblesse, mais une aristocratie. — Cette distinction essentielle entre l'aristocratie (force permanente et nécessaire) et la noblesse (caste sociale qui peut disparaître), Balzac l'emprunte à Bonald qui publie précisément dans le Rénovateur (M, 1, p. 145 et suiv. et 2, p. 48 et suiv.) deux articles intitulés de V Aristocratie et de la noblesse où il donne les définitions suivantes :
« L'aristocratie n'est donc ni la naissance, ni la fortune, ni les titres, ni les cordons ou décorations ; elle est la participation héréditaire au pouvoir royal ou législatif... »
L'aristocratie est la participation héréditaire au pouvoir législatif. La noblesse est le service héréditaire du pouvoir exécutif...
« L'aristocratie partage le pouvoir, la noblesse le sert. »
Balzac est revenu volontiers sur cette Idée dfl œuvré*
postérieures :
« Il n'y fl plus de noblesse, il n'y B plus que de l'aristocratie», dit laduchesse de Maulrigneuse (Autre étude de femme, Ed. Conard, p. 163), et Savinien de Portenduôre : i II n'y a plus de noblesse aujourd'hui, il n'y a plus qu'une aristocratie », (Ursule Mirouet, éd. Conard, p. 135).
52. Lui faisait des ennemis partout. - Ici encore se marque le désir de concessions de Balzac ; l'abandon nécessaire des choses mortes. Cette critique d'une noblesse sans titres substantiels et désormais inutile aux progrès de l'État, il l'a reprise longuement, deux ans plus tard, dans la Duchesse de Langeais (le dernier épisode de l'Histoire des 13), roman qu'il écrivit d'ailleurs sous le coup de la cruelle déception infligée à sa vanité plébéienne par la marquise de Castries. C'est un point très important de son programme politique. Mais ce serait une erreur d'imaginer qu'il s'oppose par là au parti légitimiste tout entier. Nous trouvons en effet dans le Rénovateur (que Balzac lui-môme oppose au Conservateur) ces mêmes idées aussi clairement exprimées sur le rôle de la noblesse (III, 1, p. 145 et suiv.). Remarquons que Balzac, une fois de plus, rencontre ici des idées familières à A. de Vigny.