Cf. Bonald, Essai analytique, page
« Or, aussi haut que l'on remonte à l'aide de l'histoire dans les temps passés, ou aussi loin que conduisent les voyages chez les peuples modernes, on retrouve un culte domestique dans la famille et un culte extérieur dans l'État. « Jamais État ne fut fondé que la religion ne lui servît de « base », dit J.-J. Rousseau. »
Pour tout ce développement sur les idées de chute, de punition, de réparation, qui sont le fonds commun de toutes les religions, Cf. Ballanche, Prolégomènes de la palingénésie, 2e partie, chapitre IV, dont Balzac s'inspire sans doute ici.
Balzac fait développer ses idées par le curé de Montégnac devant Véronique Graslin (éd. Conard, p. 143) : « Depuis le fétichisme informe des sauvages jusqu'aux gracieuses inventions de la Grèce, jusqu'aux profondes et ingénieuses doctrines de l'Egypte et des Indes, traduites par des cultes riants ou terribles, il est une conviction dans l'homme, celle de sa chute, de son péché, d'où vient partout l'idée des sacrifices et du rachat ».
44. Pour le commentaire de tout ce passage, Cf. Séraphita, chapitre IV : Les nuées du sanctuaire, et particulièrement pages 116, 117 et suivantes, où Balzac fait exposer par Séraphita son système métaphysique sur les rapports deDieu et du monde. Ce qui est remarquable ici, c'est l'importance extrême accordée à l'aspect social de la croyance religieuse.
45. Pour cet aspect social de la religion, base de Y obéissance. Cf. du Gouvernement moderne, Introduction, pages 33-35.
46. « Les schismes et les hérésies, parce qu'ils ont rompu l'état d'unité qui, dans la philosophie de Joseph de Maistre se confond avec le bien, sont, à ses yeux, « la honte de l'Europe et de l'esprit humain ». « A quoi nous sert, écrit-il, de posséder une religion divine, puisque nous avons déchiré la « robe sans couture » et que les adorateurs du Christ, divisés par l'interprétation de la loi sainte, se sont portés à des excès qui feraient rougir l'Asie » (Dermenghem, Joseph de Maistre mystique, p. 71-72). Cette préoccupation de l'unité européenne et ce sentiment que la seule unité possible est une unité religieuse opérée par le catholicisme, Balzac la trouvait aussi chez Bonald, qui, dans son Essai analytique publié en 1800, prévoyait et espérait une espèce de Sainte-Alliance (Cf. en particulier p. 36-40).