‹ Un inédit de BalzacChapitre 20 sur 26 · Dans tout ce chapitre, et spécialement dans toutes · texte numérisé non relu

Dans tout ce chapitre, et spécialement dans toutes

ces distinctions tripartites (pouvoir, ministre, sujet ; : gicux, légitime, légal, etc.), nous retrouvons encore très sensible L'Influence de Bonald sur Balzac.

48. Religieuse, légitime, légale, Cf. de Bonald (Pensées, p. 170-171) :

L'état légitime est conforme à la volonté de la nature ou plutôt de son Auteur; et la première loi légitime et naturelle de l'état politique est la légitimité de la succession.

L'état simplement légal est établi par la seule volonté de l'homme ; ainsi l'indissolubilité du mariage est l'état légitime de la société domestique. Le mariage dissoluble par la loi est un état légal. L'unité de pouvoir est l'état légitime de la société politique ; la pluralité du pouvoir est l'état légal. Le progrès de la société et sa perfection consistent à rendre légal tout ce qui est légitime et légitime tout ce qui est légal.

49. Richesse des sujets. — Nous trouvons ici une critique de la Monarchie de Juillet et de la fameuse formule « enrichissez-vous » (Cf. Bonald, Pensées, p. 50) :

« La politique moderne a deux données qu'elle croit infaillibles pour juger de la prospérité d'un État ou de sa décadence : le registre des naissances et celui des importations et exportations ; j'aimerais mieux la liste des communions à Pâques et le registre des tribunaux criminels » (Cf. encore p. 295 où, à la formule « enrichissez-vous », Bonald oppose le principe évangélique « cherchez premièrement le royaume de Dieu »).

Balzac rejoint d'ailleurs ici tous les penseurs, tous les grands écrivains de son époque et en particulier l'auteur de Grandeur et servitude militaires. Le souvenir de la fameuse préface de ce livre le poursuit sans doute, car, à cette page de son manuscrit, il écrit en marge patriotisme et honneur. Contrairement à Vigny, Balzac ne croit pas que dans la débâcle universelle de tous les sentiments généreux, soutiens de l'ordre social, nous ayons sauvé l'honneur ni que

nous puissions le sauver (Cf. Curé de village, éd. C. L., in-12, p. 102) :

a En perdant la solidarité des familles, la société a perdu cette force fondamentale que Montesquieu avait découverte et nommée honneur ».

En revanche, il espère une reconstitution possible de Tordre social par le sentiment religieux.

50. On sait que Descartes, Mallebranche, Spinoza, Leibniz et Kant, qui représentent à des degrés divers la philosophie idéaliste, ont tous rattaché une « éthique » et par conséquent une « politique » à leur système de la connaissance ; de même Locke, Condillac et les partisans du réalisme et du sensualisme. Balzac a longtemps hésité lui-même entre l'idéalisme et le réalisme : il nous a laissé des œuvres de jeunesse (en particulier Falthurne) (1) qui sont toutes encombrées de ces discussions métaphysiques, et deux œuvres de la Comédie humaine : Louis Lambert et Séraphita leur font encore une large part. La pensée de Balzac, très hésitante, se dégage mal de ces textes et c'est une chose grave, car précisément il s'occupe à cette époque (1832-1834) de rattacher son système politique et social à son système métaphysique. Il semble qu'ici au contraire, dans ce texte écrit au plus tôt aux environs de 1840, Balzac renonce définitivement à lier un système social et politique à une théorie de la connaissance et se contente de prendre pour base ce à quoi le sens commun donne le nom de « faits » sociaux.

D'ailleurs quelques lignes plus loin, il donne de sa pensée un commentaire aussi clair que possible.

51. Pour le naturalisme balzacien, Cf. Introduction, pages 84 et suivantes.

52. Pour cette distinction entre égaux et semblables, Cf. Bonald, Essai analytique, page 230 (note) ;

(1) Cette œuvre de jeunesse encore inédite se trouve a. la Fondation Lovenjoul.

«Je recommande à l'attention du lecteur cette distinction mire les hommes égaux et les hommes semblables. Les lois des états païens tendaient à protéger les hommes égaux et les lois des états chrétiens à protéger les hommes semblables ou le prochain ; or, entre les êtres, il n'y a point d'égalités, il n'y a que des « similitudes ».

53. Pour Pesthétisme social de Balzac, Cf. plus haut, note 23.

54. Celui de Contint, Cf. De Bonald, Pensées diverses, page 86: « Une famille qui, par d'éclatants services, des emplois éminents, une faveur constante, une ancienneté historique et de grandes richesses, a acquis dans un État monarchique assez d'importance pour ne plus être déshonorée par la félonie, qui même, lorsqu'il s'élève des partis dans l'État, peut impunément se partager entre eux, pour trouver au besoin un appui dans celui qui triomphe, devrait être soumise à l'ostracisme ».

Pour la pensée de Balzac se reporter à Catherine de Médicis expliquée.

55. Il s'agit sans doute ici de Joseph Guadet, neveu du député girondin condamné à mort par Robespierre. Né en 1795, mort en 1881, il a écrit plusieurs ouvrages de philosophie et d'histoire que Balzac a pu utiliser, en particulier un Atlas géographique, historique, politique et administratif de la France aux principales époques de son histoire (Paris, veuve Desray, 1828).

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