M. Guelphe, secrétaire et compagnon d'Arnauld
3. Gilbert-Antoine d'Albon, comte de Chazeul, chevalier d'honneur de la duchesse d'Orléans.
4. Madeleïine-Charlotte Le Tellier, fille du marquis de Louvois, ministre et secrétaire d'Etat, épousa, 1e 22 novembre 1679, François, duë de La Rochefoucauld de La Roche-Guyon, prince de Marsillac, grandmaitre de la garde-robe du roi.
Les CNRC NEC pu à NAS ce TEA RAR CORRESPONDANCE DE PASQUIER QUESNEL 15
Flamands, vous ne savez peut-être pas ce que c'est qu'une illumination. C'est une grande salle, ou une chambre, ou une galerie extrêmement éclairée. Chez M. de Louvois, c'était une galerie. On m’a dit que M. le Chancelier avait donné à la mariée 100.000 écus, M. de Louvois autant, le roi autant, et M. l’archevèque de Reims 100.000 livres. Ce même jour-là, M"° de Soubise prit l’habit à Malnou (Port-Royal) de Paris. M. l’abbé Colbert ! y prêcha, et y prècha bien. M. l’archevèque de Paris fit la cérémonie avec sa bonne grâce ordinaire, Mon Dieu! on dit de lui, par Paris, une histoire terrible. Un gentilhomme nommé Pierrepont, qui a été lieutenant des gardes du corps, avait une demoiselle, fille d’une chanteuse. [Il mettait cette fille?, tantôt dans un petit couvent, tantôt dans une chambre garnie, et tantôt chez lui. M. de Paris, dit-on, ayant oui parler de cette personne, l’a fait venir souvent à l’archevêché. On prétend qu'elle y allait à toutes Les heures. M. de Pierrepont a pris ces visites-là pour une infidélité, et, un soir fort tard, ou un matin d’assez bonne heure, ayant trouvé la demoiselle sortant de chez M. l’archevèque, il l’a battue. M. l’archevèque s’en est plaint à tout le monde. M. de Pierrepont, suspendant un peu sa colère, et faisant réflexion qu'il ne lui pouvait être utile d’avoir M. de Paris sur les bras, l’est allé trouver, l’a prié d’excuser l’emportement qu'il avait eu, dont il n'avait pu être le maître envers une infidèle dont il se croyait outragé; qu'il ne croyait pas qu'il y prit intérêt, mais que, connaissant mieux les choses, il ne verrait plus cette fille et la lui cédait. On ajoute qu'à cela l’archevèque le baisa de tout son cœur.
4. Jacques-Nicolas Colbert, fils du grand Colbert, sera coadjuteur et archevêque de Rouen.
2. Mie de La Varenne, qui devint plus tard M"° de Vieuxbourg, bellesœur d'une M*° de Vieuxbourg fort en vogue au xvinu° siècle dans le monde janséniste.
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Cependant on veut que ce M. de Pierrepont, n'étant
pas homme tout à fait à se contraindre, est allé trouver
une dame! qui demeure au bout de l’île; qu'ils ont fort pesté à communs frais; que la dame montre Îles lettres qu’elle a de M. de Paris; que Pierrepont conte cette histoire-là à quiconque lui veut faire le plaisir de la lui entendre dire. Je ne crois pas que ce soit vrai ; il faut que M. de Paris ait des ennemis. Ma raison de douter est que l’on a dédié un livre à M. de Paris, où l’on le compare à saint Basile. Or cette histoire serait fausse de saint Basile ; doncques, etc.
M. le prince de Guémenée ? a épousé M'° de Cochefilet, qu'il avait aimée avant que d’épouser M" de Luynes. Toute sa famille est mécontente. Elle est fille d’un cordon-bleu.
Un curé est mort dans le diocèse de Boulogne; il avait résigné sa cure à son vicaire. M. l’évèque de Boulogne avait destiné cette cure, dans son esprit, pour un autre. Quand le vicaire vint demander un visa, M. de Boulogne, qui voulait le trouver incapable, l’interrogea extrêmement et le renvoya comme ignorant. Le vicaire se pourvoit à Reims. On l'y interroge; il est trouvé assez docte; on lui donne là un visa; il vient prendre possession. L'évêque l’interdit de tous ses ordres; il appelle à Reims de la sentence d'interdiction. On y reçoit son appel et, à la requête du promoteur de Reims, on cite l’évêque de Boulogne. Je ne sais pas ce que cette affaire deviendra ou est devenue. Le curé des Saints-Innocents a prêché aux Jésuites de la rue Saint-Antoine, le jour de saint François-Xavier, et les a fort loués.
1. M"° de Bretonvilliers, chez laquelle M. de Harlay fréquentait assidüment, ce qui lui fit donner le sobriquet de « Visiteur de l'ile Notre- Dame ». ;
2. Le prince de Guémenée perdit sa première femme, Marie-Anne d'Albert-Luynes, âgée de dix-sept ans, le 21 août 1619, et épousa Charlotte-Elisabeth de Cochefilet, fille du comte de Vauvineux, quatre mois après. < |
M. de Pomponne! n'est plus secrétaire d'Etat. C'est en sa place M. Colbert, l’ambassadeur?, qui était, depuis peu, président à mortier. M. de Ménars, dit-on, aura sa charge de président. On dit que M. de Pomponne à reçu sa disgrâce avec fermeté. J'étais hier en voiture, où l’on disait qu'il était content devant le monde et dans son cabinet, mais que, quand il vient dans sa chambre et qu’il voit ses enfants, il s'attendrit. Quelques gens ont dit que le jansénisme avait eu quelque part à sa disgrâce; mais la reine a dit tout haut et publiquement que ce n’était point du tout cela.
Le curé de Saint-Paul a donné un souper à ses ecclésiastiques et quelques-uns de ses paroissiens. Il y avait soixante ou quatre-vingts personnes. Comme c'était un repas clérical, chacun avait sa portion. On apporta à chacun un poulet fricassé, une salade, des olives, un canard, une poularde, une perdrix, des cardes, deux pommes, deux biscuits, une assielte de confiture liquide, une assiette de confiture sèche, un poupelin et une tourte.
Le feu évêque de Gap est mort de l’ennui d’avoir ses bulles gratis. Il alla pour cela à Rome; il était ami de M. le cardinal de Bouillon, qui les lui fit avoir pour rien, et il eut d’une femme qu’on ne ma point nom- mée une incommodité pour de l'argent, de laquelle il est mort quelque temps après être revenu dans son diocèse.
Le maître de la Pomme de Pin, de Lyon, a dit à des gens qui en sont revenus depuis peu qu'il n'y avait pas
1. Le marquis de Pomponne, second fils d'Arnauld d’Andilly, était secrétaire d'Etat depuis 1671. Louis XIV, pour expliquer sa disgrâce, dit que «son emploiétait trop grand et trop étendu pour lui, qu'il avait souffert plusieurs années de son opiniâtreté et de sa faiblesse ». Il fut rappelé après douze ans et resta toujours un janséniste craintif et sans influence.
2. Charles Colbert, marquis de Croissy, frère du grand Colbert, fut l'un des ambassadeurs extraordinaires pour la paix de Nimègue.
longtemps que M. Arnauld y était passé. L'abbesse de Jouarre! y est retournée, tout aussi maîtresse qu'auparavant. Ses nièces sont sorties et sont au manoir des Champs. Seize ou vingt religieuses ont aussi voulu sortir; les parents de quelques-unes ont fait des pas pour cela et ont présenté des placets qui ont été inutiles. Le P. de la Chaise a dit en secret qu'il n’y avait pas moyen de n'être point pour les supérieurs.
M°° d’Effiat est gouvernante des enfants de Monsieur, en la place de M"° de Clérambaud. M. l'abbé d’'Effiat? la raccommodée avec le marquis d’Effiat et, depuis la réconciliation du mari et de la femme, on a fait cela pour elle.
M"° de Grancé a énormément plu et été régalée de pêches en Espagne. Le roi d'Espagne lui a donné une boîte de diamants de douze mille écus et une pension, sa vie durant, de douze mille écus sur Bruxelles. M. de Los Balbazès l’a priée de demander pour lui un don, pour je ne sais quelle affaire en Espagne, moyennant laquelle demande il lui a donné dix mille écus. À deux lieues au-delà de Burgos, le roi d'Espagne vint audevant de la reine”. Elle se mità genoux selon la coutume. Il s y mit aussi. Elle voulut lui baiser la main; il ne voulut point, et voulut lui baiser la sienne. Elle s’en défendit, mais d’une manière à être vaincue.
On disait, il y a quelques jours, que le mariage de M. le Dauphin était reculé. Ce bruit est passé, et l'on parle de ce mariage comme d'une chose assez proche.
1. Les persécutions contre le couvent de Port-Royal, un instant calmées, renaissent, pour ne plus finir, en 1679. L’abbesse de la maison de Paris, la Mère Dorothée, résiste à la réunion de son monastère avec le Port-Royal-des-Champs.
2. Frère du grand-écuyer Cinq-Mars, marquis d'Effiat, décapité sous Louis XIII, en 1642.
, 3. Marie-Louise, fille de Monsieur et d'Henriette d'Angleterre, épousa à Burgos, le 18 noveinbre 1679, le roi d'Espagne, Charles I]: ‘
M. le nouvel évêque de Beauvais! a eu le gratis de la moitié de ses bulles. Il devait aller à Beauvais à la Toussaint; on l'y attendait, et le souper même, la veille ou l'avant-veille, était prêt à Bresle. Il ne vint point: on dit que ce sera pour Noël. Il alla, il y a eu lundi huit jours, prendre sa place au parlement?. Plusieurs ducs, M. de Reims, M. de Noyon, M. de La Rochefoucauld et autres, l'y accompagnèrent. On prétend qu'il à dit à des gens quele cardinal Cibo, dans une lettre qu'il en a reçue, lui à mis en apostille une petiteexhortation à travailler insensiblement pour ôter du diocèse de Beauvais les nouveautés qui peuvent s’y être introduites. Cela vient de personnes qui disent le lui avoir oui dire. On dit qu'on a mis à Rome, dans l’Index, le Nouveau Testament de Mons?. Un homme du monde m'a montré, écrite à la main, une requête que M. Arnauld a voulu, il y a peut-être un an, présenter au roi, pour lui demander, ou la suppression d’un livre fait par un docteur de Normandie contre le Nouveau Testament de Mons, ou
1. Toussaint de Forbin, cardinal de Janson, évêque de Marseille depuis 1668, et ambassadeur extraordinaire en Pologne, où il réussit à élever au trône le fameux Jean Sobieski.