‹ Un janséniste en exilChapitre 11 sur 146 · L'évêché de Beauvais était comté et pairie de France · texte numérisé non relu

L'évêché de Beauvais était comté et pairie de France

3. Le Nouveau Testament de Mons parut en 1667. Le Dictionnaire des livres jansénistes le considère comme un ouvrage de «tout Port- Royal ». On a souvent attribué cette traduction à M. Arnauld, qui dit positivement (lettre CCCLV), qu’elle est de Le Maistre de Sacy. Une note de Jean Racine porte que M. de Sacy faisait le canevas, qu'Arnauld déterminait le sens et que M. Nicole retouchait, à l’aide de saint Chrysostome, qu'il avait toujours devant lui. Cet ouvrage fut proscrit par une ordonnance de M. de Péréfixe, archevêque de Paris, le 18 novembre 1667, puis par un arrèt du Conseil, le 22 novembre de la même: année, et enfin condamné à Rome, par Clément IX, le 20 avril 1668, comme « contenant des choses propres à scandaliser les simples ». Innocent XI, par un décret du 19 septembre 1679, a condamné de nouveau cette traduction, et plus tard nous verrons Clément XI déclarer qu'une des raisons qui l’obligent à interdire les Réflexions morales du P. Quesnel, c'est que le texte de son livre est conforme, en beaucoup d’endroits, à celui de Mons.

4, Le D' Mallet, (Voir la lettre du 12 octobre 1676:)

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permission d'y répondre. M. Arnauld prétendait que ce livre-là est tout plein de calomnies.

En une petite ville, à dix ou quinze lieues de Paris, il ya procès entre des Cordeliers et un chien. Les Cordeliers sont demandeurs, le chien défendeur. Le fait est qu'un marchand de cette ville-là allait souvent à la messe aux Cordeliers ; son chien l’y suivait. Au sortir de la messe, le maître et le chien passaient par le cloître; le maître n'y faisait rien, mais le chien ne manquait point dy faire ce que fe grands chiens font contre les murailles, et, après s'être délivré de ce fardeau. il se débarrassait aussitôt d’un autre. Cela dura plus de quinze jours, que ce chien payait fidèlement tous les matins ce petit tribut. Cependant le gardien gronda cinq ou six fois de ce qu’on n'avait pas le soin de tenir le cloître propre. Ceux qui furent grondés, se lassant de l'être et de balayer tous les jours à la même heure et le même endroit, convinrent contre l’auteur du désordre. Un matin, le portier fut à sa porte, la ferma vite, aussitôt que le marchand fut sorti et que le chien ne l'était pas, et six Cordeliers, armés de verges, vinrent fouetter la pauvre machine. Ils se la renvoyaient les uns aux autres, à grands coups de fouet, comme un sabot ou comme un volant. Quand il sautait par-dessus les croisées du cloitre, les moines s’élançaient et couraient après; c’est la plus ardente chasse qu’on ait Jamais vue. Les voûtes retentissaient des cris et des hurlements du chien et du bruit des coups. Enfin la porte s'ouvrit, et le chien s'enfuit; mais les sillons que les verges lui avaient faits sur le corps lui ont fait de si profondes traces dans le souvenir, que depuis il ne sort plus de Cordelier du couvent que le chien, dans le moment, ne soit après et crie, aboie et fasse un vacarme horrible. Il les suit partout, et. tout le monde dans la ville sait, par les abois du chien, qu'il sort des Cordeliers et où ils vont. Cela les embar-

rasse fort, car ils ne peuvent aller nulle part que l’on ne le sache par le cortège violent et continuel que leur fait le chien. Importunés de ces persécutions, ils ont présenté requête, ont fait informer, et sur l'information le présidial de cette ville-là a ordonné que le marchand tiendrait son chien enfermé. Le marchand, qui ne veut pas être gardien de son chien, et le chien qui ne croit pas mériter une prison perpétuelle, ont appelé, et par une requête incidente demandent à la cour réparation du fouet que les Cordeliers lui ont donné, et citent sur cela tout ce qui est dans la loi des Juifs et dans Les lois grecques sur le talion. Vautier, avocat, est chargé de la cause du chien contre les Cordeliers. On dit qu'il ira demander des mémoires au P. Maimbourg. Voilà toutes les nouvelles que je sais. Je vous supplie, mon cher oncle, de m'aimer toujours et de me faire au moins mander, par mon petit cousin, que vous recevez et agréez mes lettres.

L’étoffe que mon petit cousin me demande n’est pas encore prête.

Quesnel à Antoine Arnauld, à Bruxelles!

Je ne sais, Monsieur et très cher oncle, si vous aurez reçu une lettre que je me donnai l'honneur de vous écrire, il y à peut-être un peu plus d’un mois. En vérité, vous où mon petit cousin (M. Guelphe), devriez bien me mander un mot, quand ce ne serait que pour me donner courage. Car Je vous avoue qu'il est un peu triste de parler à des sourds el d'écrire à des gens qui ne font point de réponse. Cela ennuie fort, et surtout un neveu qui honore parfaitement son cher oncle, et qui se fait une joie sensible d'en recevoir des nouvelles. En voici de publiques, que je vous supplie d'agréer. Elles sont très nouvelles pour moi, car Je ne Fe sais

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