Fortin de la Hoguette
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à deux personnes de mauvaise réputation : l’un, l'abbé Baruyn, sorti de Saint-Victor, et l’abbé de Villiers! sorti des jésuites pour scandale, et entrés tous deux dans l’ordre de Cluny. M. de Sens a refusé à tous deux de les laisser prècher dans son diocèse.
M. le premier président àa marié son fils à une riche héritière de Bretagne. Il les mena dernièrement au roi, qui les reçut fort bien et donnaà la nouvelle épouse deux poinçons de diamants, chacun de 10.000 livres. [Il a donné 50.000 écus au duc de La Rochefoucauld.
Quesnel à du Vaucel 27 février 1693.
C’est une terrible désolation que celle de Sicile. Les gazettes en parlent ; mais ils’en faut bien qu’elles fassent le mal si grand.
Je ne m'engage point à vous mander des nouvelles de la guerre. Cela ne nous convient guère, cela va à l'infini. Le temps est cher, et je ne sais si le jeu vaut la chandelle. Vous en auriez été pleinement informé si le paquet pour le cardinal eût toujours passé par vos mains.
Rien ne sied mieux à Hennebel que de se renfermer dans sa mission, et l’on le louera toujours quand on Île verra ne point faire l’homme d'Etat et se contenter d’être l’homme de l'Eglise belgique.
Le comte de Hornes s’est justifié devant les Etats ; mais le prince d'Orange n’est pas content. Il avait ordre du duc de Bavière de se rendre plutôt que de perdre sa garnison de trois ou quatre mille hommes. Il a cruque la
1. L'abbé Pierre de Villiers, dont les sermons eurent une certaine vogue. Il figure dans la Bibliographie clérico-galante comme auteur de quelques œuvres légères, entre autres les Moines, comédie satirique contre la gourmandise dans les couvents d'hommes.
ville n’était pas en état de soutenir et qu'il risquait d’être obligé de se rendre à discrétion, d'autant plus quil n'y avait pas de secours à attendre et que les alliés s'étaient fermé eux-mêmes le passage par l'inondation!. On y a perdu le marquis de Villacerf, qui est un Colbert d’une branche qui à peine voulait reconnaître le grand Colbert pour sien, quand il a commencé à se produire.
Je vous ai dit la mort de M. Pellisson. Vous apprendrez, par la lettre croquée ci-jointe, comment les huguenots l'ont fait mourir huguenot et quasi banqueroutier®. M. de Meaux a eu, par ordre du roi,ses papiers de théologie, et MM. Racine et Boileau, ceux d'histoire; car il était un des quatre évangélistes, avec ces deux et M. de Bussy-Rabutin. Il avait 15.000 livres de pension pour l’économat, 6.000 commehistorien, 12.000en bénéfices. Ilest mort endetté ; mais sa charge de maitre des requêtes et des sommes qui lui sont dues sur les biens de M. Fouquet, dont il a été secrétaire ou intendant, seront plus que suffisants, pour salisfaire ses créanciers. Il y a apparence que c’est en assistant les nouveaux convertis quil est demeuré en arrière. |
La proposition d'une bulle qui impose silence pour et contre Jansénius m'est suspecte, étant avancée par les adversaires. [faut qu'ils y trouvent de l'avantage. Si on s'en tient là, la bulle subsiste sans être expliquée, et, dans un pontificat favorable, on peut en remettre la signature en vigueur. Jamais peut-être on n'aura une conjoncture si favorable pour avoir une explication, qui est un avantage universel et qui peut donner la paix à toutes les Eglises. Ils appréhendent cela et, pour l’évi-
1. Prise de Furnes, ville forte des Pays-Bas, par M. de Boufflers, le 6 janvier 1693.
2. Une personne de considération, parlant sur son sujet, dit assez plaisamment qu’il était mort huguenot, à la bonne foi près, puisqu'il était partisans rendre ses comptes. (Gazette de Rotterdam, du 16 février 1693.)
ter, 1ls donnent le change. Ces sortes d'imposition de
silence ne se gardent jamais, comme l'expérience l'a
fait voir, et, dès qu'il viendra à se rompre, peut-être dans un an ou deux, on se trouvera peut-être sans protection, et au moins on se trouvera aussi avancé qu'aujourd'hui. Je suis tout à fait pour l'explication. Qu'on déclare une fois que la décision ne tombe que sur le droit, tout est sauvé. La signature ne sera plus une épée aux mains d'un furieux. Qu'on se taise après cela, si l’on veut!
Le prince de Danemark, qui devait demeurer à Paris quatre ou cinq mois, à été rappelé par le roi son père et mandé en grande diligence, et les politiques conjecturent de là qu'il pourrait bien y avoir déclaration de guerre de cette couronne contre la Hollande et l’Angleterre. On tient le duc de Savoie toujours fort mal.
Quesnel à du Vaucel 13 mars 1693.
C'est une misère quand un auteur n'a pas lui-même soin de son ouvrage. Vous trouverez un fort grand nombre de fautes d'impression qui changent tout le sens dans le Nouveau Testament et dans les Réflexions. J'ai eu peine quelquefois à m'entendre moi-même. Il y à aussi des fautes que l’auteur y a laissées de son propre fonds. On le réimprime à force à Paris, où on dit qu'il a eu plus de succès qu'on n'aurait pensé et qu'assurément on ne devait pas espérer. «Il brille à la cour », écrivait ces jours passés notre amie. Je ne sais par quel endroit; ce que je sais, c’est que ni la cour, ni le monde n'y sont pas trop flattés. Je l'ai retouché et corrigé de certaines facons de parler trop écourtées et imparfaites.
On ne meurt plus que de poison maintenant, et il ne
sera plus dorénavant permis d’être malade à l’ordinaire ni de mourir de sa belle mort! Vous donnez dans tous ces contes-là à pleines voiles, et vous recevez tout ce qu'on vous donne, pourvu qu'on puisse imputer aux Français ces belles actions, comme d’avoir empoisonné le duc de Savoie. Vous ne le dites pas pourtant, mais il ne s’en faut guère.
Toutes les gazettes étrangères ont parlé de ceux qui ont été exécutés pour crime d'intelligence avec les Français, mais pas une n'a dit que ce fussent des officiers du prince. C’étaient des habitants de Mondovi que L'on dit avoir conspiré pour faire tomber la ville entre les mains des Français.
C'est quelque chose de terrible que ce tremblement de terre. La justice de Dieu semble appesantir sa main sur les hommes, presque en tous pays, d’une manière ou d’une autre.
Quesnel à du Vaucel 10 avril 1693.
Vos Romains feront tout ce qu'il leur plaira sur le formulaire. [ls ne me surprendront point, qu'au cas qu'ils fassent quelque chose de bon; car je prends le parti de ne m'y attendre point. On voit bien qu'il ne faut plus espérer qu'en Dieu et que les Romains ne sont pas dignes de secourir ni la vérité, ni l'innocence opprimées, ni de procurer la paix à l'Eglise. On commence en ce pays à se repentir fort d'avoir donné les mains à la députation. C’est une dépense et beaucoup de peine perdue, et les affaires de l’Eglise en seront en beaucoup plus mauvais état qu'auparavant. Ce qui afflige encore est que l’on voit que l’on mollit trop el
uon recule, à mesure que les autres font plus les difficiles, ‘Car, par ce moyen, on leur donne des avan-