‹ Un janséniste en exilChapitre 115 sur 146 · FA SR RES TT EUR · texte numérisé non relu

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semblant de le croire. Les jésuites de Paris se réjouissent du décret et du bref du ,pape!; ceux de Rome en pleurent, et ceux des Pays-Bas ne savent s'ils en doivent rire ou pleurer. S'il s'agissait d’une terre ou d’une somme d’argent, on aurait bientôt vu qui aurait gagné. Mais, comme il s’agit d'autre chose qui n’est pas si sensible, et que le décret n'est pas si clair qu'un arrêt du parlement, il semble que les juges romains ont si bien fait qu'ils ont contenté les deux parties, quoique, dans le fond, ïls n'aient contenté ni l’une ni l’autre entièrement. Cependant, si on veut tout de bon la paix à Rome, on n y doit pas laisser impunie la hardiesse des Jésuites, qui sont les premiers à insulter, quoique ce soit eux, apparemment, qu’on a voulu humilier. Mais, si on se contente de mettre cet imprimé à l'index, cela ne fera rien du tout.

Je vois, par ce qu'on nous mande, que les amis sont partagés, à Paris, sur les brefs. Les uns les croient pernicieux, comme M. Du Bois, de l'hôtel de Guise, traducteur de saint Augustin, qui vient de faire imprimer les sermons de ce docteur en deux volumes. M. Nicole les tient avantageux. M. Angran est de même sentiment. Voilà comme on s'expose à éterniser les contestations, quand on les termine par des sentences ambiguës et qui ne disent rien de net.

Je crois que M. Hennebel ne doit pas laisser passer le libelle de Paris sans s’en plaindre bien haut.

Quesnel à du Vaucel

1 mai 1694.

On dit que M. le Dauphin viendra en Flandre commander cette année et qu'il aura les trois maréchaux

1. Bref du pape, du 6 février, adressé aux évêques des Pays-Bas et à la faculté de Louvain, défendant de faire signer le formulaire avec des additions.

de Luxembourg, de Villeroy et de Joyeuse sous lui. Le

roi a déclaré qu ‘il ne ferait pas la campagne.

Pralard à imprimé séparément le texte du Nouveau Testament, tel qu'il est, avec les Réflexions. I en a fait deux éditions in-12: l’une, en français seul, en deux colonnes, l’autre en deux volumes latin-français, le tout avec privilège. Un théologien de ce pays s’est avisé de traduire ces Réflexions en latin, et on les imprime actuellement avec le texte, pour ceux qui ne

savent pas le français.

Je ne sais de quoi s’est aviséM. Roland de dire publiquement que le pape avait voulu faire M. Arnaula cardinal et le mettre même à la tête du Saint- Office, à condition qu'il écrirait pour l'infaillibilité

ou contre les quatre articles, mais que ce docteur l’a

refusé. Il l’a dit chez M?° de Maintenon ou bien à une

personne qui l’a dit à M"° de Maintenon, et cette dame

au roi, et cela s’est répandu à la cour et dans Paris.

- Peut-être a-t-il voulu dire qu’on aurait été disposé de

le faire, si on avait élé disposé à accepter la condition. On nous la mande de plusieurs endroits.

Quesnel à du Vaucel 14 mai 1694.

Le roi voulait envoyer M. le Dauphin en Allemagne;

mais il a témoigné n'y avoir pas d’inclination, n'y ayant

pas eu moyen d’y acquérir de la gloire. Il vient donc en Flandre, et il doit partir le 24, couchera à Cambrai, pour être, le 25, à Mons. Son armée sera, dit-on, de cent

bataillons et de deux cent soixante escadrons. Le roi

lui a offert de l'argent pour faire bâtir à sa maison de Choisy. Monseigneur lui a répondu qu'il valait mieux > donner cet argent aux pauvres et que l’on n'était pas D dans un on où l’on düt bâtir.

M. le Dauphin n'a fait ni pâques ni Jubilé. Le roi lui

Lé-n bent A,

a fait donner quelques avis par le P. de La Chaise et par le P. Bourdaloue. Ces Pères lui firent dire qu'il devait au public un bon exemple, etc. Monseigneur répondit qu'il devait l’obéissance au roi et qu'il lui obéirait en tout, qu'ildevait aussi le bon exemple au public, mais que, pour ce qui était de sa conscience, 1l ne Îa devait qu’à lui-même; qu'ayant une attache quil ne pouvait quitter, ilne croyait pas pouvoir communier ni approcher des sacrements en cet état, et qu'il aimait mieux qu'un pelit nombre de gens sût qu'il n'approchait pas des sacrements que de le faire en mauvais état. IL dit (ajoute la nouvelle) au P. de La Chaise qu'il n'était qu’un cafard, qu’il ne serait Jamais son confesseur et que, s'il voulait (lui Monseigneur) lui donner des avis, il en aurait beaucoup à lui donner. Je ne vous garantis pas cette nouvelle. Je vous la mande dans les mêmes termes qu'on me l’a mandée, et je m'en rapporte à ce qui en est.

Samedi dernier (me mande-t-on encore) devaient ètre reçus au parlement, pour les trois premiers ducs et pairs, MM. de Bourgogne, du Maine et de Vendôme.

Raynier Leers, libraire de Rotterdam, a reçu des passeports de France pour y aller et y envoyer vingt ballots de livres. I y va aussi pour y négocier le rétablissement du commerce pour la librairie. C’est un commencement qui peut avoir des suites. Un libraire de France va pareillement en Hollande négocier en livres. C’est ce que Leers a mandé ici à M. David "4 [Arnauld|,en Tut demandant une lettre de recommandation pour M. Damboise.

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